‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 21 sur 103 · THÉRÈSE, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, HÉLÈNE

(Thérèse brode, Hélène touche du piano. Un instant après, Hélène cesse de touclier ; en même temps Thérèse laisse tomber sa broderie turtes genoux. Elle* semblent absorbé*-». Un coup de sonnette retentit au dehors; Hélène M Thérèse poussent en même tempa un petit cri qui les rappelle à dles-rnêmes.)

HÉLÈNE

Il y a plus d’un quart d’heure que vous ne me parlez plus... à quoi pensez-vous donc, mademoiselle Thérèse?

THERESE

Moi?... je... vous paraissez si préoccupée, que j'ai craint...

ÉWB.

Oui, je songeais au danger que vous avez couru hier...

THÉRÈSE

C’est aussi à cela que je pensais!

BÉLENE.

Vous seriez peut-être morte sans lui!

THÉRÈSE

Sans lui?

HÉLÈNE, «a pra ratbtrrawrâ.

Sans monsieur Henri... encore quelques pas, et vous rouliez, avec la voiture, au fond de l’abime!

THÉRÈSE

Oh! je me croyais bien perdue’.... C’est étrange! dans un pareil moment, lorsqu’on se sent tout près de la mort, avec q e.le merveilleuse promptitude les idées, les souvenirs se pressent «n foule «Ions voire esprit. Eu moins d’une minute, j'ai vu se dérouler devant mes yeux, toute ma vie passée, celte vie «le douleurs, de privations et de larmes, (a paît.) telle vie déshéritée «le la tendresse d’une mère! Et Li prière que munnui aient mes levics était uiic action de grâce au Seigneur qui nie rappel.iil près d’elle!... En moins d’une minute aussi, je me suis souvenue de tous mes lèves... ccs beaux rêves de fiancée, d’épouse! Je me voyais peu c lue sur un berceau, le cœur inondé de bonheur et d'amour, prodiguant a l’enfant que le ciel m'aurait envoyé cette tendresse... que je n'avais pu tendae à ma mère’... et la prière que murmuraient mes lèvres demandait au Seigneur de me laisser vivre!

HELENE

Pauvre Thérèse!

THÉRÈSE

Mais ma terreur n’a pas été de longue durée... Dès que j'ai aperçu monsieur Henri oui s'élauçait au-devant de moi avec fant d 'énergie et de sang-froid... dès que mes yeux «Mirent rencontré les siens qui semblaient me dire : Rassiiro-toi ! mon effroi se dissipa tout àcoup, et un instant plus tard, qtiand il m'enlevait de la voiture, qiand je me trouvais auprès de lui, appuy«>c sur son bras, j'étais sans émotion,$ans surprise... je savais qu'il me sauverait!

HÉLÈNE

Et moi!... comme mon cœur battait!.. . comme je tremblais pour vous, Thérèse!... Il y avait là des hommes, et pas un qui osât se jeter au-devant du danger! Non, non! il ne s'est trouvé que lui!... lui seul!... Ah! c'est qu'il est si brave! c'est qu'il est si bon, lui!...

THÉRÈSE, A part.

Lui! encore! Elle l’aime!... (But n ouvrant n.-i-n».] Ah! c’est qu'il y a peu d’hommes comme celui-là !... Comme il porte llèiv me ni la tête! et cependant comme sa voix est douce! que son visage est noble et que son regard est tendre!

HÉLÈNE

Je vous aime, Thérèse, quand vous parlez comme cela...

(Elle lai prend la mua.)

THÉRÈSE, k lot «errant.

Vous aurez tous les bonheurs, mademoiselle , tous, .eu* n ««

fond.)

HÉLÈNE

Vous me quittez?

THÉRÈSE

Ma mère doit m'attendre !

HÉLÈNE

Au revoir! (Apercerai Hcarî.) Non, ne vous en allez pas! (ki:« uî moatre Hmr..B*«.) Je serais forcée de rentrer.

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