SCÈNE IX
D’ARMESONVILLE, CHATEAURAYNARD, LA DUCHESSE.
LA DUCHESSE
C’est vous, messieurs, qui désirez avoir avec moi un moment d’entretien?
CflATEALBATNAIlD.
Nous-mêmes, madame la duchesse... et ce que j’ai à vous dire touche à désintérêts si graves, si délicats en même temps, que je me sens fort embarrassé; je ne sais comment vous expliquer... Tenez, madame la duchesse, permettez-moi d’abanaonnei tout préambule, d’aller droit au fait, et de vous parler avec la française d’un honnête homme.
LA DUCHESSE
J’écoule, monsieur.
CHATEAURAYNARD.
Madame la duchesse, mademoiselle Hélène a lait un choix, mademoiselle Hélène aime quelqu’un.
D’aRMENonVILLS, a paru
Que dit-il donc ?
LA DUOIESSE, RMC force.
Ma fille! c’est impossible, monsieur!
CHA1EACRAYNARD.
Celui qu’elle aime est un tort galant homme, qui veut tenir de vous la main de votre charmante enfant; et c’est moi, son meilleur ami, qu’il a prié de vous le présenter, (dm.) Saluez. d'armenonmlle.
Madame la duchesse , daignez me permettre. ..
LA DUCHESSE
Quoi! ce serait monsieur... Oh ! non, non; mais, tout ce que vous me dites là est si étrange, qu’en vérité, je crois rêver.
CHATEAURAYNARD , à p»rt.
Parbleu ! (îum.) J ajoute , madame , que si cc mariage ne s'accomplit pas, c’est le désespoir, la mort peut-être pour l’infortunée lleiène!
ik
LA HUCUBSS.
Li mort!... Allons donc, je vous le répète, c'est impossible!
aUTTACIUYNAn!», «‘«Rimai.
Impossible!... Ab ! le voilà encore ce mot de tous les parents au cœur égoïste, entétë ! Impossible !
LA DCCHESSE.
Monsieur!...
d’aHUENON VILLE, toi.
Prenez garde !
CIlATEAL'nAYVARD. . „
Impossible! Ma tille aimerait sans mon aveu! nia Hile aurait choisi sans mon ordre! Impossible! CMttOWdinltlUlli, il 11 vingt-cinq ans, un père orgueilleux et cruel ! le père de mademoiselle Henriette de Si v r y, voire père, madame.
LA DI.'CHE'SE , n« Imwr.
Oh! mon Dieu! mon Dieu!...
CHATEAUfUYNARD.
Et, comme l’impossible était bien réel, comme l'orgueilleuse ambition du vieillard élevait une barrière entre la pauvre Henriette et Paul de Clainarins...
LA DUCHESSE
Monsieur, monsieur, je vous en conjure...
CHATEAU RATNARD.
Sans égard pour le» lat ines de la pauvre ûllc ! sans se soucier de l'enfant qu on arrachait à scs caresses, ou la jeta éplorée aux bras de monsieur le duc de Guérande.
LA DUCHESSE
Mai», vous voiilct donc que je meure à vos pieds de douleur et de honte?
CHATKAURAYNAAD.
Non, madame, non; mais je tic veux pas, pour mademoiselle Hfi ne, )a même lu»ute i t la même douleur, ut, dussé-je vous paraître cruel, barbare, je m’armerai, s'il le faut, de ce terrible merci, pour assurer le bonheur de mon ami, le bonheur de celle qu'il aime.
LA DUCHESSE
Taisez-vous, mousieur, vous nailez à la duchesse de Guénmde; le bonheur de ma fille dictera seul nia détermination.
d’ahhenonville.
Ce bonheur, madame, est aussi mon vœu le plus cher.
LA DtCHESSE.
S’il est vrai que ma fille, sans me consulter. Ait tait < hoix d’un mari, c’est à sa prière, c'est à ses larmes seules que je céderai. Mais, si vous me trompez, monsieur, si son cœm est demeuré libre, je ne pâlirai pas devant la menace, je ne sacrifierai pas l'enfant que le ciel m’a Iaiss*?e !