‹ Les oiseaux de proie drame en cinq actes de Adolphe Dennery par mm. Labiche et Arthur de BauplanChapitre 92 sur 103 · POULARDE AC · texte numérisé non relu

POULARDE AC

Nous ne le retenons pas.

POMPONNE

Je m’en y vas, monsieur I

POCLARDEAU.

Tu nous réveilleras demain.

ADÈLE

Oh t de bonne heure.

POCLARDEAU.

Ah I mais...

ADÈLE

Chez maman, je me levais tous les malins à six heures pour étudier mon piano... je veux faire comme chez maman.

POCLARDEAU.

C’est ça... nous ferons comme chez maman. (A part.) Estelle gentille avec sa maman! [Haut.) Pomponne!

POMPONNE

Monsieur...

POCLARDEAU, b OS.

Je crois que je serai heureux en ménage.

pomponne, ha t A r outardeau.

Dites donc... je viendrai à midi.

POULARDEAU, la pOUSSant.

Qu’elle est bêlo, cel’.o Pomponne 1 viens à doux hcure3 1

ENSEMBLE

Atr 4c la Vivandière, V*-1-«b blt« vliv, Irôae-MM ; J'ai d'avaat»

l.'eapJcaace

• De fairv parmi Ira Jpaqa

Baaacwfi de jalon t.

POMPONNE. S

Oui, »c hofikrur Mt a»*€ *ota, , p

Bonne rhaiwe FA non* lance,

Vooi trrti panai les *p©i«

Beaucoup Je jalon*.

ADÈLE, à Pomponne.

Paru* total vile, Utaes-noue ;

J’ai d'avance l.’DféstM

Dr fjwr lois de mon époaa IM moment* tien doti.

(Pomponne sort par la droite.)

scÈOTm.

ADÈLE, POCLARDEAU.

POCLARDEAU.

Enfin! nous voilà seuls! tout seuls!... (Prenant U* main* d'Adele. ) Ma chère petite femme I ma bonne petite femme ! f .S’arrêtant ) Ahl pan! on ! [Il se dirige vers la fenêtre et ferme les rideaux.) Je CfRins les ombres chinoises ! f/tciwnont à Adèle et recommençant son discours.) Enfin nous voilà seuls I adÈLF., à part.

Ah I mon Dieu, est-ce qu’il va rester là ?

rOULARDEAU.

C’est si bon do se trouver en tête à této !... et... n’est-eo pas?

ADÈLE, timide.

Oui, monsieur.

POULARDEAU.

Vous n’avez pas froid ?

adèle, timide.

Non, monsieur.

POULARDF.au, à part.

Oui. monsieur, non, monsieur... elle ne sort pas de là. (Haut avec tendresse.) Adèle !

ADÈLE

Monsieur?

POULARDEAU.

Vous ne vous repentez pas de m’avoir épousé, n’est-ce pas ? adèlr. baissant les yeux.

Non, monsieur. (Etourdiment.) Oh 1 d’abord, je n’aurais jamais voulu épouser un brun.

POULARDEAC.

Pourquoi ça ?

ADÈLE

Parce que papa est blond... moi, je ne connais rien de mieux que papa. (Eue va déposer son bouquet sur la cheminée à gauche.

POULARDEAU.

Ah I sans doute... monsieur votre père... (Au publie.) S’il est possible I... je voudrais vous le montrer son papa! une araignée... avec un liez garance... un nez phrygien F voilà son père. (Haut , atvc tendresse.) Adèle !

ADÈLE

Monsieur...

POCLARDEAU.

II est tard... est-ce que vous ne songez pas à vous reposer ?

ADÈLE

Si, monsieur... (A part.) il va s’en aller...

POCLARDEAU.

C'est que moi de mon côté.

ADÈLE

Oh I ne vous gênez pas pour moi...

POULARDEAC.

Pnisqne vous le permettez... ( fl tire sa montreet Us remonte* Je commence toujours par là.

ADÈLE, naïvement.

Tiens ( c’est comme papa.

POCLARDEAU.

Ah! ah ! le gaillard ! (A part.) Est-elle bécasse avec son pa; ! (Il va pour Oter sa cravate.)

Adèle, qui se regarde dans la glace, apercevant le mouvement Je Poulardeau.

Qu’esl-ce qu’il fait donc? (Haut.) Mais monsieur...

VS H- U 1>£ U1K.M1.NLH.

poulardeau.

Plalt-il?

ADELE.

Où est donc votre chambre ?

POULARDEAU, stupéfait.

Comment ma... (Avec passion) Adèle, en outrant ici, votre cœur ne vous a-t-i! pas crié...

bi-ai' voisin, en dehors .

Au secours I au secours I

POULARDEAU

Hein?

ADÈLE

Ah! mon Dieu!... Qn’eit-ct donc?

(Poulardeau ouvre la porte du fond, Beau voisin tombe dans ses bras.

■CÈMX IV.

Us Mêmes, BBAUVOIS1N.

ADÈLE

Monsieur ne Beauvoisin.

Fût! I.A R DF. AV.

Mon propriétaire I

beauvoisin, effaré.

Le feu o>l chez moi... dans mon corps do cheminée... audessus... Poulardeau, mon ami, courez vite chercher les pompiers 1

rocLARDEAD, hésitant.

C'est qu'un jour de noce...

bk ac voisin, tombant sur un fauteuil à droite .

Ah ! je suis mort I

ADÈLE

Il se trouve mal I

FOVLARDKKO.

Vile , dans co cabinet... un flacon ! moi, je cours chercher tes pompiers 1

(Adèle entre à gauche, Poulardeau sort par le fond.)

soins v.

BEAUVOISIN, qui est resté immobile.

Personne ! (Il se. lève tout-à-coup.) Enfoncé le mari ! c’est donc hé te de mettre le feu à sa clic mi née? c’est donc bêle d’envoyer le mari chercher les pompiers un jour de noce?... c’est donc bêle de prendre sa place? J'ai juré que je jetterais des bAtons dans les roues do ce mariage... et j’en jette!... D’abord, j’aime la mariée... j’en suis fou, al si je ne suis pas devenu son mari, c’est par des circonstances indépendantes de ma volonté... Elle n’avait pas de dot... mais puisque Poulardeau l’a épousée, ça revient absolument au môme... Il est bête, il C.sl mon locataire... d me doit trois termes, son affaire est claire. ( Apercevant te bouquet de fleurs d'oranger .) Ah ! diable I

Air 4 a Cntpift.

Rtfn qu’i voir cas fli-ur» t;r.bolW|«ss,

Il n’roiissf des per>M*k UiaWiqurs,

El |A romairncA fc (Atrirr, euirMeu !

Qao c'««l m.l seul >|ai sais en fe* !

Ob MiMini u«« rntvr 4kaug«

Ab sujet de la Scur «loraage :

On JH que (t cal**, et peiirlunt,

Moi, j’ trou»' Rit# e’m an eirila*it 1

ï.a petite ! révanouissement! Couic f (Il se jette durit le fauteuil de gauche.)

SCXKTX VI.

BEAUVOISIN, ADÈLE, puis L’ÉCUREUIL.

Adèle, un flacon à la main, allant au fauteuil de droite.

Rii bien ? où est-il donc ?

beacvoisin, à part.

Sapristi ! je me suis trompé de fauteuil I ( Poussant un gémissent.) Heu !

ADÈLE

lions! voua avez changé déplace?...

RF. av voisin.

Oui, c'est nerveux I la douleur! beu!

ADÈLE

Ne-pire* ce flacon, cela vous calmera

BF.AUVOlatN.

Oh! j’en ai besoin... bien besoin... I (fl lui baise le* mains.)

ADÈLE

Mais, que faites-vous donc ?

ni: al voisin.

C’est nerveux... heu! ( Langu issamment.) Oh ! n’est -ce pas que vous n’aimez pas monsieur votre mari?

Voilà uno question...

beacvoisin, se levant convulsivement.

Répondez!... j’ai besoin de le savoir.

ADÈLE

Mais vous oubliez que le feu est à votre maison!

BEACVOISIN.

Eh ! que m’importe le feu! rôtir à vos pied* , voilà le bonheur ! (Il fait des gestes passionnés.)

abéle, reculant.

OU I mais...

BEAUVOISIN

C’est nerveux !

ADÈLE, à part.

Quelle drôle de maladie I

BBAÜVOISlN.

Voyez si je vous aime ! mon immeuble flambe et je suis là tranquille, je soupire, je marivaude, je vous fais l'œil ! Ksl-ce de l’amouf , ça ? en est ce ?

ADÈLE

De l’amour?

BEAUVOISIN

Vous ne le saviez pas?

ADÈLE

Non.

bbacvomin.

Alors, je vous l’apprends... Mais, depuis six mois je passe ma vie à vous demander en mariage à voir® vieux farceur de père qui a le nez rouge.

ADÈLE

Comment?

REA t VOISIN.

Comme un coq... Vous no vous en étiez pas aperçu?

ADÈIJ.

Ce n’ost pas cela. .

BEAUVOISIN

Croyant vous obtenir, j'avais déjà commandé la corbeille. .. une corl>eille superbe I des diamunts I des cachemires, des... Tandis que Poulardeau... Voyons, qu’est-ce qu’il vous adonné, votre Poulardeau?

ADÈLE

Douze paires do draps, six douzaines de serviettes... BEAUVOISIN.

Ah ! cette corbeille ! à vous qui lui apportez une si belle dot! ADÈLE.

Ah I bah I

BEAU VOISIN

Parbleu ! cent cinquante mille francs. (A part.) Elle n'a pas le sou, mais jo coule le Poulardeau.

IDÈI.E.

Est-il possible ! et ce soir, en dansant, il me pariait de faire des économies.

BF Al VOISIN-

Des économies... ah ! le chaudronnier! Je vois son plan, il vous prépare une existence parfumée de soupe aux choux... d * lard fume et de vin à 6; et quel mobilier I... Ah! le vilain petit mobilier! Aimez-vous le palissandre ?

ADÈLE-

Certainement... il y en a dans la chambre à papa.

BEAUVOISIN

Eh bien! je vous en aurais donné, moi I.. avec une voiture, une loge à l’opéra, et deux femmes do chambre I...

ADÈLE

Pourquoi fait® ?

BEAUVOISIN

La première pour voua babiller...

ADÈLE

Et ta seconde ?

beacvoisin.

Pour babiller la première.

UN FEU UE CHEMINÉE

ADÈLE

Ali ! quel dommage J mais pourquoi papa vous a-t-il refusé ma main ?

beauvoisin.

Esl-cc qu'on sait jamais.,, avec un homme qui a lo nez si rouge «... Mais, si vous vouliez!...

ADÈLE

Quoi donc?

beauvoisin, lui prenant la taille- Ah ! si vous \ ouliez !...

ADÈI.E, se débattant.

F.h bien 1 finissez, monsieur I

BnAi voisiK, de même.

Nous voulons donc faire de la peine a notre petit ptopri claire?

ADÈLE, demtur.

Je vais appeler... finissez!

ni: au voisin, continuant.

Tarn pis! je suis comme ma maison .. je brûle ! au feu ! au feu ! (L Ecureuil parait debout sur lu fenêtre ; il est en costume de pomphr ; il tient un tw/au a la main.)

l'écureuil, lançant un jet d'eau sur Seauvoisin.

Deux sous île coco ! Servez, monsieur I (Adele s'échappe par la ijauche en poussant un cri.)

scirez vu.

Page 1