‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 138 sur 180 · SIMON, JANOT, SUZON · texte numérisé non relu

SIMON, JANOT, SUZON

SIMON (à Sinon dans la maison.)

Eh ben ! chienne de bavarde, avec qui que t’es donc là à causer ?

SUZON (bas.)

Avec personne, mon père.

JANOT (d’en bas de la rue.)

Hein ! qu’est-ce que vous dites, mamselle Suzon ?

LES BATTUS PAIENT l’aMENDE.

SIMON (à la fenêtre.)

Ah ! c’est encore ce petit gueux de Janot !

JANOT ( d'en bas.)

Janot... oui, c’est moi. . jettez donc.

SIMON (déguisant sa voix).

Oui, je jette ?

JANOT

Oui, la clef dans mon bonnet, me v’ là.

SIMON (déguisant sa voix.)

Tout-à-l'heure. Attends, attends

(il va chercher un pot.) Y es-tU ?

JANOT

(S’approchant sous la fenêtre et tendant son bonnet.)

Oui, jette.

SIMON

(lui jettant sur le corps.)

Tiens, attrape.

(qui a tout reçu.)

A h ! sarpedié !

qu’est-ce que c’est que ça ?... Vous ne pouvez pas prendre garde à ce que vous faites. On crie : gare l'eau du moins, avant que de jetter... Mais comme ça sent donc!... Est-ce que caserait... (il flaire.) Ah ! jarnigai, c’en est. V’ià ma veste toute perdue, y n’y a pas à dire non; c'en est ben! Fi, mamselle Suzon, c’est indigne à vous. C’est un fait exprès! Vous

LES BATTUS PAIENT l’aMENDE

m’avez fait éteindre ma lanterne î mais jarni ! gny a pas besoin des yeux

pour ça! avec le nez, on voit ben!... V’ià une belle

chienne d’attrape!... Vous avez beau rire; allez, je ne

sommes pas vot’ dupe, je voyons ben à présent, de

quoi y retourne!... Eh! sarpedié ! comment que j’allons

donc faire? Faut aller montrer ca tout chaud à not’

maîtresse (il se retourne vivement pour s’en aller et se cogne contre Dodinet).

Page 1