SIMON, JANOT, SUZON
SIMON (à Sinon dans la maison.)
Eh ben ! chienne de bavarde, avec qui que t’es donc là à causer ?
SUZON (bas.)
Avec personne, mon père.
JANOT (d’en bas de la rue.)
Hein ! qu’est-ce que vous dites, mamselle Suzon ?
LES BATTUS PAIENT l’aMENDE.
SIMON (à la fenêtre.)
Ah ! c’est encore ce petit gueux de Janot !
JANOT ( d'en bas.)
Janot... oui, c’est moi. . jettez donc.
SIMON (déguisant sa voix).
Oui, je jette ?
JANOT
Oui, la clef dans mon bonnet, me v’ là.
SIMON (déguisant sa voix.)
Tout-à-l'heure. Attends, attends
(il va chercher un pot.) Y es-tU ?
JANOT
(S’approchant sous la fenêtre et tendant son bonnet.)
Oui, jette.
SIMON
(lui jettant sur le corps.)
Tiens, attrape.
(qui a tout reçu.)
A h ! sarpedié !
qu’est-ce que c’est que ça ?... Vous ne pouvez pas prendre garde à ce que vous faites. On crie : gare l'eau du moins, avant que de jetter... Mais comme ça sent donc!... Est-ce que caserait... (il flaire.) Ah ! jarnigai, c’en est. V’ià ma veste toute perdue, y n’y a pas à dire non; c'en est ben! Fi, mamselle Suzon, c’est indigne à vous. C’est un fait exprès! Vous
LES BATTUS PAIENT l’aMENDE
m’avez fait éteindre ma lanterne î mais jarni ! gny a pas besoin des yeux
pour ça! avec le nez, on voit ben!... V’ià une belle
chienne d’attrape!... Vous avez beau rire; allez, je ne
sommes pas vot’ dupe, je voyons ben à présent, de
quoi y retourne!... Eh! sarpedié ! comment que j’allons
donc faire? Faut aller montrer ca tout chaud à not’
maîtresse (il se retourne vivement pour s’en aller et se cogne contre Dodinet).