‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 156 sur 180 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

GERTRUDE ( elle est en scène à gauche).

ROSE ( vêtue comme précédemment, elle entre par la droite.)

ROSE

Je vous cherchais, Gertrude, pour vous souhaiter le bonjour et savoir comment vous avez passé la nuit.

GERTRUDE

Bien, ma bonne demoiselle, et je vous remercie. Mais vous-même, vous trouvez-vous un peu mieux ce matin ?

ROSE

Le repos que je viens de prendre a suspendu pour un moment le cours de ma douleur; mais, hélas! au réveil le souvenir trop lidèle de mon infortune a bientôt rouvert toutes les plaies de mon cœur.

GERTRUDE

Ah! ma chère demoiselle, ne vous chagrinez pas ainsi. Mettez votre confiance en Dieu, il saura vous rendre le bonheur quand il en sera temps. — Avez-vous, en vous levant, pris quelque nourriture? Je vous avais préparé sur le buffet une tasse de lait frais et quelques fruits mûrs que j’ai cueillis ce matin.

ROSE

J’ai remarqué cette attention dont je vous remercie. Mais, où est votre mari ?

ROSE DE TANEBOURG.

2e TABLEAU.

GERTRUDE

Il doit arriver tout à l’heure, car il n’a pris aucun repos depuis votre arrivée. Tandis que vous dormiez, je le voyais cherchant ce qu’il ne pouvait trouver, je veux dire le moyen de remédier à votre malheur : Il se grattait l’oreille; tirait son bonnet tantôt à droite, tantôt à gauche; puis en avant, ensuite en arrière. Si bien que ne pouvant plus le supporter sur sa tête échauffée, il finit par l’ôter tout à fait. Joignant alors les mains, il se mit à prier, et peu après il partit pour le château de Fichtemberg, afin d’avoir quelques nouvelles de votre père.

ROSE

Que je suis touchée de tant de dévouement!... Dieu veuille qu’il réussisse ... Mais, le voici venir, il va nous faire connaître le résultat de ses démarches.

GERTRUDE

Je vous laisse un instant pour m'occuper du déjeuner : Burkar sera bien aise, sans doute, de prendre quelque nourriture. Il nous contera tout cela à table (elle sort par la droite).

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