SCÈNE I
EDELBERT, CUNÉRIC.
(Ils sont en scène, le premier à droite )
EDELBERT.
En me rendant la liberté et mes biens, vous venez, Cunéric, d’agir en digne chevalier, et de ce jour vous avez toute mon estime.
CUNÉRIC.
Je m'étais très mal conduit envers vous, mon cher Edelbert, votre généreuse demoiselle m’a tiré de l’erreur où j’étais à votre égard. Oui, c'est elle qui a décidé notre réconciliation, et c’est encore par elle que notre amitié peut devenir durable. Je vais vous expliquer ma pensée : Je viens de découvrir qu’Édouard, mon fils aîné, n'a pu être insensible à battrait des vertus et à l’éclat des charmes de votre fille.
Cette heureuse découverte me fait espérer de voir sans tarder, si vous y consentez, les armes de Fichtemberg réunies à celles de Tanebourg.
EDELBERT.
Je suis, seigneur Cunéric, touché de vos nobles procédés, et je m’estimerais heureux, sans doute, de resserrer ainsi nos
ROSE DE TANEBOURG.
liens d'amitié ; mais je ne saurais adhérer aux vœux de votre fils et aux vôtres avant de connaître les sentiments de ma fille.
CUNÉRIC.
Eh bien, mon cher Edelbert, veuillez vous en assurer. Je vois venir mademoiselle Rose fort à propos. Je vais alors me retirer; vous pourrez librement vous entretenir de cette affaire (// se retourne et sort du côté gauche tandis que Rose entre par le côté droit).