‹ Les ombres chinoises de mon pèreChapitre 172 sur 180 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ROSE ( en demoiselle), EDELBERT.

EDELBERT (il se retourne).

0 ma fille! tu viens de remporter une admirable victoire; tu as fait plus que la force des armes qui pouvaient soumettre Cunéric, mais non changer sa haine contre moi en amitié.

ROSE

Tant d’honneur ne m’appartient pas, mon père. Dieu n’a-t-il pas tout fait, et le petit oiseau qui vola vers le puits n'a-t-il pas eu autant de part que moi à cet événement heureux ?

EDELBERT.

J'approuve ta modestie. Mais, tu ne connais pas encore, ma fille, toutes les conséquences de ton acte de dévouement : Édouard, le fils de Cunéric, a remarqué tes excellentes qualités, tes vertus, ta beauté; il a chargé son père de me faire la demande de ta main.

ROSE

Je ne m’attendais pas à cette distinction honorable. Depuis que je suis dans ce château, je n’ai pas été sans apprécier, aussi, les bonnes qualités

ROSE DE TANEBOURG. — 7e TABLEAU. 303

d’Édouard; c'est vous dire assez, mon père, combien je suis sensible à l’aveu de ses sentiments pour moi.

EDELBERT.

Et moi, je suis enchanté, ma fille, que cette alliance te soit agréable; car elle ne pourra, je pense, qu’ajouter à ton bonheur. Cunéric attend ta réponse avec impatience, je vais de suite la lui porter {il se retourne et sort).

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