ACTE Ier
Chacun chantait la louange De ce mariag’nouveau,
Carabo,
D’admirer ce p’tit ange,
On ne se lassait pas,
Carabas,
Fillettes, ceci Prouve, Carabi,
Qu’pour avoir du bonheur, Faut avoir un {ter) bon cœur.
Eh ben! un bonheur comm’ça n’m’arriv’rait pas à moi; c’que c’est que d’èt’la cadette!... Quand je vois mes sœurs s’amuser du matin au soir, tandis qu’on me laisse là dans le coin d’là cheminée comme un je ne sais qui... ça m’fait queuque fois écumer d’colère!... Si mes sœurs croyent qu’ça dur’ra encore longtemps comm’ça?... Qui dirait à me voir ainsi que je suis la fille de M. de la Ganardière? Est-ce ma faute à moi.
( On appelle à la cantonnade.)
Cendrillon ! Cendrillon ! notre déjeuner est-il bientôt prêt !
CENDRILLON
Tout à l’heure, mesdemoiselles... du café à la crème, du chocolat pour elles, et pour moi un morceau de pain (la chatte vient en miaulant).
Viens, Minette, viens, moumoutte (la chatte saute sur Cendrillon). Comme elle se laisse faire! Qui croirait pourtant que cette petite bète-là entend tout ce que je lui dis? et puis, c'est qu'elle me regarde quelquefois d'un œil... qu’on dirait qu’elle va parler... vrai, faut qu’elle ait quelque chose d'extraordinaire.
(Le chat s'en va. Elle se lève.)
— ACTE Ier.