SEN TENDU
MALESOERBES, magistrat, dcfenscnr de Louis XYI. — Prononcez : Malzï;rbe. MAL-
HEIISE, poète du iG* siècle. 7{e confondez pas CCS deux noms célèbres.
MALGRE QUE, expression vicieuse. — Dites:
QuOIf^UE.
MArVES. — JVe dites pas : Les mânes pl.utc- TivES de nos aïeux, mais : Les mânes plaintifs.
MAXIAQLTE:, lunatique.— L'homme MAMAQVE est possédé dc manie \ le lunatique de caprices bizaries qui se renouTeHcnt à certains temps.
MARÉE. — Marée K?c carême signifie a proros. Le peuple a corrompu cette expression , et dit , à tort : Mars ek carême , qui signifie ce qui se fait toujours en certains temps.
ÎÎÏARIER. —Ne dites pas : Ceite demoiselle s'est mariée ivec ce jeune homme , mais : A ce jeune homme. Atbc s'emploie en pr<5se peur les choses : L'envie fat toujours marine avec l'arlifice. Les poètes ne suivent pas toujours ce principe.
af AR3I0X-\ER. -- Fresque tout le monde dit MARRONNER. C'est uuc dcs fautcs les plus grossières que nous connaissions. Marronker est un terme de coiffeur qui signifie friser, ou un terme d'imprimeur qui se dit de l'action d'imprimer furtivement ; mais jamais il n'a signifié murmurer. C'est marmo?>ker qu'il faut dire.
MASSACRArVTE. — Il est d'une humeur MASSACRANTE , c'cst-ù-dirc il est très maussade. Quelques grammairiens condamnent cette expression, mais elle est approuvée par l'Académie {voyez le supplément à sou Dictionnaire) ; et par Boiste , Noël , Chapsal et Wailly.
MATINAL, SïATlîVEUX, MATIIVIER. —
^Iatiîs'Al signifie qui se lève matin sans eu aToir l'habitude. — Matineux signifie qui se lève matin par habitude. — Matijnier signifie qui appartient au matin. Dites donc : Moi qui ne suis pas ma- TiNEux, j'ai été ce malin très matinal pour admirer l'étoile MATINIÈRE.
MÉDICAL , MÉDÏCIIVAL. —Ne confondez pas ces deu?c mots. Le premier signifie qui appartient à la médecine : Un instrument médical ; le second qui sert de remède : Plante médicinale.
MÉFIAIVCE, DÉFIANCE. — La méfiance.
est une crainte habituelle d'être trompé; la défiance est un doute sur les bonnes qualités des hommes ou des choses.
La méfiance enfante souvent la calomnie. On est aussi sou\ent dupe par la défiance que par la confiance.
MEGARDE. — Dites : Je me suis blessé par MÉGARDE, et non : par mégard.
MEMBRE, MEMBRU. - On confond sou-
venrcesdeux mots. Le premier est un terme do tlason , et le second se dit d'une personne qui a les membres gros et forts. Dites donc : Cet enfant est bien membru , et non : Membre.
]UE]AIE. — Tout de même pour aussi, également, est incorrect. Ne dites donc pas : J'entreprendrai TOUT DE MÊME Ce loug et pénible travail ; mais : J'entreprendrai aussi , également, etc.
De MEME QUE , AINSI QUE, COMME. 3 e dîtCS
pas : Cette dame de même que , ainsi que, comme ses filles sont allées au spectacle, dites : Est allée au spectacle.
3»IES. {roxez L^s.)
MESAJVGE , petit oiseau. — Dites : Toilà une I jolie mésange, et non : Un joli mésange.
MESSIRE JEAN. — Dites : Poires de mes- IsiRE JEAN, et non : de missirjean , ni de mis- Iserjan.
MÉTAIL, 3ÎÉTAL. — Mltail est une com- Iposition de métaux ; métal indique un pur miterai. L'or est un métal, le similor est un métail.
MÉTIER, PROFESSION, ART. —Métier lésigne la condition que Ton remplit^ la pro-
Jfession', la destination que l'on suit; art, le talent qu'on cultive. Le métier feit l'homme de
Htravail; la profession, l'homme d'un tel ordre;
II'art fait l'artiste.
METTRE. — Dites: Il ne faudrait pas qu'il se MIT en colère.
EïIBî, BÎÎIVUIT. ~ i^Iicli ont sonné , à midi soN'NAKTEs. Dïtcs : Midi est sonné, à midi sokisANT. Vers LES midi , sur les midi sont également deux expressions \icieuses. Dites : Vef.s midi, sur le midi. Ces remarques s'appliquent aussi à MINUIT.
MIEUX. — lYe dites pas : Il parle des mieux ; mais il parle trï.s bien.
MISSÏPIPI. —Dites : Misstssipi, et non : Missipipi ; c'est un fleure de l'Amérique.
MITOUCHE. ( F'oyez Nitouche.) MOI. — IVe dites pas : Donncz-Moi-LE , donnez-Moi-LA. , etc. ; mais : Donnez-LE-Moi , donnez-LA-Moi. TVe dites pas non plus : Menez-moiz-y. Dites: î>îencz-v-moi.
MOINS. — Au MOINS signifie pour le moins, DU MOINS exprime une correction, une restriction. Comment tous n'êtes pas au moins général ! vous êtes DU MOINS colonel ?
MONTICULE. — Dites : Un monticule , et non : Une monticule.
MO]\TRE. — Dites : Une montre en chrysocALQUE , et non : En cmiysocALE.
BfOUGUE, lieu où Ton expose les corps morts. Dites : La mougue, et non : La morne.
MORIGÉNEil.— I?.'7e5 : MoRiGErcER, et n.nii :
MORIGINKR.
MORT-ïYRE se dit d'un homme; mais, en
parlant d'une femme, il faut dire : Iyre-morti: ; cardans, un homme mort-ivre, une femme MORTE-IVRE, OU prononcc également MOR-TivRE , et la différence des genres ne se trouve pas indiquée par la pronoacialion.
MOUCiîER. — {f'oj-ez PROME^-ER.)
MOUDRE. — Dites : !Sous moclos , je moudrai , il fallait que je moulusse.
MOURIR. — Il a été fait mocrir, expression TJcieuse. Dites : Il a été exécuté, mis a mort ; ou : On l'a fait mourir.
MOUSSU , MOUSSEUX. — Moussu se dit de ce qui est ccuvert de mousse ; mousseux de ce qui mousse :
Il a jeté une bouteille de Champagne mousseux sur ce rocher moussc.
MOYE?^.VA!\'T QUE. — Mauvaise expression. Dites : Pou a vu qce.
MULATRESSE n'est pas français. 77 faut dire : Une mulâtre.
51UTUEL, RÉCIPROQUE. —Mutuel dcsiguj rechange , Taction de donner et de recevoir; rlciproque le retour, Taction de rendre selon que Ton reçoit. Nous nous donnons des
secours mutuels ; nous nous devons des secours RÉCIPROQUES. On dit bien l'enseignement mutuel, mais on ne dit pas un enseignement réciproque.
NACRE. — Dites : De la nacre , et non : De nacre.
rjIVAGEMEA^T. — Ce mot nouveau est utile. C'est donc à tort que quelques grammairiens le repoussent. ÎSe craignez pas de dire avec Mercier et Laveaux^: Le vol deTaigle et le nagemejst de la baleine.
IV AIN. — Dites d'une femme: C'est une naine, et non : Une nine.
NAITRE. — Dites : Il naîtra un grand homme ; il fallait qu'il naquit.
NÈGRE , NOIR. — Le nègre est proprement l'homme noir de tel pays, le noir l'homme de j telle couleur. Yous opposez les noirs aux blancs, | et vous traitez les nègres comme une sorte de bétail.
NÉOLOGIE. — Invention, emploi de mots nouveaux. INéologisme , abus de la néologie. Distinguez donc et dites : J'aime la néologie pleine de goût , dont Racine nous a laissé tant d'exemples ; mais je désapprouve le néologisme des poètes romantiques.
iVEUF. — Remettre un tableau a. neuf , refaire un bâtiment a >:elf, c'est réparer le tableau et le bâtiment j mais habiller quelqu'un de >"euf, c'est lui donner des habits entièrement neufs,
ISÎTOVCHE. — Prono?7cez : Sainte-Kixou- CHE, et non : Sainte-MiToucHE.
IVOEL. — A lA Koël, mauvaise expression. Dites : A ]\oël , aux fêtes de Noël.
NUE, XUÉE , XUAGE. — Le nuage est un amas de \apcurs resserrées ( condensées ) ; la NUÉE désigne une grande quantité de \apeurs étendues dans Vair et annonçant l'orage. Nue marque le's vapeurs les plus élevées. C'est pour cela qu'on dit : Tomber des xues , une kube d'oiseaux, avoir un kuage devant les yeux.
OBELISQUE. — Dites : Un obélisque.
OBSERVER. — Ce mot signifie considérer , REMARQUER ; donc On ne peut pas dire : Je vous observe que vous êtes dans l'erreur ; car on ne dirait pas : Je vous remarque, je vous considère que vous êtes dans l'erreur. Voici l'unique manière de s'exprimer correctement : Je vous FAIS observer , remarquer , considérer que vous êtes dans l'erreur.
OEIL. — Dites : Les oeils du pain, du fromage.
de la soupe, du lait, les OEiLsde bœuf (lucarne), et non : Les ykdx du pain , etc. Ne dites pas .* Entre QUATRE-s-YEDX, mais entre quatre yeux.
OFFICE. — Lieu où l'on conserye les mets. Dites : Celte office est craisde , et nofi : Grand. Mais\ous direz : Vous me rendrez un bon office ; Tenez à l'office, le prêtre m'assure qu'il sera