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La circulation de ces banques, qui tendait plutôt à diminuer de 1880 à 1890, s'est relevée ensuite pour atteindre 265 millions de dollars en 1900. Cette circulation des banques nationales ne représente qu'une petite partie de la circulation fiduciaire des Etats-Unis. Les billets d'État, les certificats d'argent, etc., que nous avons énumérés plus haut, offraient, en 1900, un chiffre environ quatre fois plus fort que celui de la circulation des banques nationales. Ces banques ne jouent donc qu'un rôle limité au point de vue de l'émission. Elles ne peuvent rendre aucun service appréciable dans les crises ; celle qui a éclaté en 1908 aux Etats-Unis et continué en 1907 a été la démonstration de cette défectueuse organisation, démonstration déjà faite dans les critiques élevées par des économistes et financiers contre ce déplorable système. On peut constater une tendance des banques nationales à accroître leur émission à partir de 1893 ; mais cet accroissement, et pour cause, a été lent. En 1904, les banques nationales, au nombre de 5.331, avaient une circulation de 400 millions de dollars en chiffres ronds ; leur encaisse touchait à 520 millions de dollars. Leur capital avait augmenté dans d'assez fortes proportions ; de 621 millions 1/2 de dollars, il était arrivé au chiffre de 767 millions de dollars ; en cette même année 1904,
en juin, leur portefeuille d'escomptes et d'avances dépassait — sans que Ton ait pu faire le départ entre les effets de commerce et les avances — 3 milliards 1/2 de dollars.
La crise qui éprouva les Etats-Unis en 1907 eut pour cause principale la spéculation, un lancement d'affaires considérables peu en rapport avec les disponibilités réelles, avec les capitaux nécessaires à de si vastes entreprises. Une telle exagération devait avoir des conséquences funestes ; elles se firent sentir avec une certaine violence et se répercutèrent sur les principaux marchés européens. Dans les crises de cette sorte, les liquidations des affaires engagées exigent une grande quantité de monnaie. C est le moment où les banques d'émission sont précisément appelées à suppléer à la rareté du numéraire, très demandé alors, par une émission plus élevée de billets, qui ne sont, bien entendu, émis que pour faire l'escompte du papier de commerce acceptable. Mais on sait comment étaient ligotées, par la loi, les banques américaines : elles ne faisaient que monnayer la dette publique, puisqu'il leur fallait, en contre-partie de leur émission, acquérir des fonds d'État.
Au milieu de la crise, les banques de tous ordres s'efforcèrent de limiter leurs paiements au comptant ; elles firent (lèche de tout bois et employèrent des succédanés pour résister autant qu'elles le pouvaient. Les gouverneurs de certains Etats, dans l'Ouest de l'Union, ont été jusqu'à créer des fêtes légales pour permettre, ces jourslà aux banquiers, aux commerçants et aux particuliers, de refuser les paiements réclamés en trop grande quantité. Ce sont là en somme des suspensions de payement, temporaires, il est vrai, mais couvertes d'un prétexte. Toutefois, à côté de ces procédés dictatoriaux, les banques employèrent, comme nous le disions plus haut, des succédanés de monnaie ou de billets de banque. Dans un très grand nombre de villes, 71 au moins, les banques ont eu recours aux certificats d'avances du clearinghouse, aux chèques de caisse payables seulement par
l'intermédiaire du clearing. En général, les certificats étaient gagés par des garanties déposées au siège de comité du clearing-house ; de plus toutes les banques associées leur donnaient une garantie effective en convenant de les accepter au pair pour la somme qu'ils représentaient nominalement. Dans la plupart des petites villes, les banques ont suspendu leurs paiements ; dans d'autres, on arriva à faire diminuer les retraits de capitaux ou les demandes de paiements.
Voici, d'après M. A. Piatt Andrew, le distingué professeur de Harvard University, le tableau des succédanés émis à l'occasion de la crise de 1907 et leur montant, en millions de dollars.
Certificats de Clearing-house (grosses coupures de 500 à