ARGENT
TOTAL
En
millions de marks
30 Juin 1914 . . . .
31 Décembre 1914
! 30 Juin 1915 .
31 Décembre 1915
30 Juin 1916 . .
31 Décembre 1916
30 Juin 1917 . .
31 Décembre 1917
30 Juin 1918 . .
' 31 Décembre 1918
j 30 Juin 1919 . .
j 23 Août 1919 . .
L'encaisse s'est accrue, dans la première année de la guerre surtout, à la suite du drainage de l'or détenu par les particuliers. De 1.300 millions de marks en juin 1914, les réserves d'or ont été portées progressivement à un peu plus de 2 milliards et demi. Quelques sorties effectuées pour soutenir le change, principalement en Suisse et en Hollande, les ont ramenées aux environs de 2.300 millions au moment où est intervenu l'armistice. De plus fortes exportations ont eu lieu depuis, notamment pour acquitter les approvisionnements alimentaires livrés par l'Amérique. Des montants importants ont été déposés dans les banques d'émission de Hollande et de Belgique au compte des banques de Réserve fédérale des Etats- Unis. D'autres expéditions ont été faites ailleurs, entre antres en Suisse pour assurer le remboursement de crédits ouverts pendant les hostilités.
Les opérations exceptionnelles de guerre de la Reichsbank ont accru ses bénéfices dans des proportions tout à fait anormales. Des lois de circonstance sont intervenues chaque année pour fixer la redevance forfaitaire à verser à l'Empire en vue de compenser l'exonération d'impôt établie en 1914 sur la circulation découverte au delà du contingent. Des changements ont été apportés aussi dans les conditions du partage des profits annuels entre l'Empire et les actionnaires. Ces mêmes lois ont fixé la constitution et l'emploi de certaines réserves extraordinaires destinées à faire face aux risques exceptionnels de guerre, ainsi que les conditions éventuelles de répartition du solde non employé.
Depuis la conclusion de l'armistice la Reichsbank aété mise à contribution par l'Etat dans des proportions tout aussi fortes, peut-être même plus fortes que pendant la guerre. Les troubles politiques ont rendu difficile les appels à l'épargne pour assurer la couverture des besoins du Trésor; aucun emprunt n'a été émis jusqu'à présent et la trésorerie a surtout été alimentée par des prélèvements à la Reichsbank, qui ont entraîné de gros emprunts de rétablissement d'émission à la circulation. Au milieu de novembre 1918, le portefeuille de la Reichsbank se tenait encore aux environs de 20 milliards et la circulation, entre 17 et 18 milliards. Au 30 juin, le Portefeuille dépassait 33 milliards et la circulation était légèrement inférieure à 30 milliards. C'est le niveau le plus élevé atteint depuis 1914. Par la suite une amélioration s'est produite : mais au 23 août 1919 le portefeuille était encore à 28 milliards et demi et la circulation à 28.250 millions.
L'énorme mouvement de crédit qu'a entraîné la guerre ne s'est pas répercuté sur la situation des autres banques d'émission d'Allemagne, dans les mêmes proportions que sur celle de la Reichsbank. Leur bilan, à la fin de 1918, ne présente pas d'aussi fortes différences, toutes choses égales, comparativement aux bilans d'avant-guerre. Nous avons donné plus haut les chiffres fin 1913 ; nous les donnons ci-après fin 1918, pour permettre la comparaison :
Encaisse . . . , .
Circulation ....
Portefeuille commercial Portefeuille litres .
BAYERISCHE NOTENBANK
BADISCHE BANK »
SACHSISCHE BANK
WURTEN- BERGISCBE NOTENBANK
en milliers de marks
Au contraire, le bilan des grandes sociétés de crédit de Berlin a subi de profondes modifications. Le chiffre de leurs dépôts s'est accru dans de très fortes proportions, notamment en ce qui concerne les quatre D. (Deutsche bank, Discontogesellschaft, Dresdner bank, Darmstaedter bank appelée plus généralement aujourd'hui Bank fur Handelund Industrie). Le même phénomène se manifeste en France, en Angleterre et dans la plupart des pays où «'est produite l'augmentation des disponibilités par l'inflation de circulation ou de crédit. Le Portefeuille d'escompte s'est également beaucoup accru, mais principalement par l'admission des bons du Trésor de l'Empire que la Reichsbank est conduite à négocier sur le marché afin d'alléger sa propre situation.
Au 31 décembre 1918, la situation des principales banques ou sociétés de crédit de Berlin était la suivante :
Disconto- Gesellschaft
Deutsche Bank . .
Dresdner Banli . .
Darmstaedter Bank
Berliner Handelges
National Bank . .
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