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DES CRISES COMMERCIALES

a pour objet une somme importante, il affecte en hausse les conditions du marché. On a vu, en Angleterre, en 1810, un exemple vraiment classique d'une crise amenée par dea exportations excessives et faites à la hâte, sans prévoyance ni jugement.

Les crises dont la cause est politique ont des effets plus prompts encore : elles peuvent résulter soit d'un changement considérable dans les institutions d'un pays, soit même d'une panique de l'opinion; il suffit, pour que la crise éclate, que la confiance, à tort ou à raison, soit diminuée.

Car une diminution de confiance produit une diminution réelle dans la somme des capitaux disponibles. Celui qui Youlait prêter naguère a changé d'intention, il ne juge plus ses capitaux en sûreté s'il ne les tient en sa possession, s'il ne les voit, s'il ne les touche. En outre, il s'exagère à luimême ses besoins possibles ; il lui faut à tout instant sous la main une somme toute prête pour telle ou telle éventualité, etc. Que fait-il donc? Il rappelle ses capitaux, les soustrait au travail pour un temps et réduit ses dépenses, ce qui ferme les débouchés. On voit alors se produire un vide, tout comme si ces capitaux avaient été enfouis ou détruits, les mêmes liquidations désastreuses, les mêmes ruines, parce qu'en effet la diminution des disponibles a été immodérée et soudaine, comme la peur et la colère.

Ces développements, un peu longs peut-être, mais qui rappelleront, à tout homme d'affaires qui observe, des souvenirs et des exemples personnels, montreront, mieux que des démonstrations en forme, quelle espèce de solidarité lie entre eux les capitaux disponibles, mobiliers et immobiliers, et jusqu'à quel point les affaires, dans leur ensemble comme dans leurs détails, dépendent des appréciations et des opi- ©ions humaines.

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