CHAPITRE XIII VARIATIONS DU PRIX DES CAPITAUX
Les peuples, et, en général, toutes les agglomérations d'hommes, s'appauvrissent ou s'enrichissent parles mêmes causes que les simples particuliers, selon que la consommation totale excède la production totale, ou que, par l'action d'un travail intelligent et soutenu, la production marche d'un pas plus rapide que la consommation.
Lorsqu'une nation s'enrichit, ce sont les habitudes sociales et les lois relatives à la distribution des richesses qui règlent la répartition de l'excédent acquis entre les citoyens ; ce sont elles qui déterminent l'emploi des capitaux ajoutés à la masse, et, par conséquent, le genre de produits ou de services sur lesquels porte plus particulièrement l'augmentation de prix. Une nation peut être exactement comparée, sous ce rapport, à un particulier, à un commerçant, par exemple, dont les bénéfices nets ont augmenté la fortune, soit de 10.000 fr. Ce commerçant peut employer le nouveau capital dont il dispose à la reproduction et le joindre à son fonds de commerce, comme il peut le sacrifier à la satisfaction de désirs intellectuels, ou de sensualité, de vanité, etc. ; un acte de sa volonté décidera, en tous cas, quelle classe de producteurs, quel genre de service acquerra, par l'emploi de ces 10.000 fr., un nouveau débouché. De même, une nation peut faire un usage sensé ou insensé de ses nouvelles richesses, suivant l'état de ses lumières et de ses mœurs. Mais, si la plus grande partie du capital acquis est appliquée à la reproduction, comme il arrive presque toujours lorsque les richesses ne sont pas enlevées à celui qui les a produites, on voit les disponibles augmenter en quantité et baisser de prix relativement au travail ; on voit en même temps s'élever le prix relatif des fonds de terres, rentes perpétuelles, actions industrielles, etc.
Renversons la supposition, et voyons ce qui se passe chez
une nation qui consomme plus qu'elle ne produit, chez laquelle la somme des capitaux diminue, qui s'appauvrit en un mot. Ce sont encore les habitudes sociales et les lois de distribution qui règlent la répartition des pertes éprouvées ; ce sont elles qui choisissent l'espèce de service et de capitaux sur lesquels doit porter de préférence la consommation qui excède, et quelle classe de consommation il faut réduire pour se rapprocher de l'équilibre : car les deux décisions marchent presque toujours parallèlement et de front. En pareil cas, un particulier voue, à la consommation qui excède, ceux de ses capitaux qu'il peut réaliser promptement et avec facilité ; puis, il réduit ses dépenses en commençant par celles qui correspondent à ses désira les moins pressants. Une nation procède exactement de la même manière.
Mais un particulier est un, tandis qu'une nation, bien qu'à beaucoup d'égards elle forme un corps, est cependant composée de plusieurs membres qui souffrent très inégalement de la réduction du capital et du retranchement, presque toujours forcé, de certains débouchés. Bien que les capitaux faciles à réaliser aient d'abord été consommés, la réduction ayant porté sur la somme entière des capitaux, cette somme entière en est affectée, et la puissance productive de la nation se trouve réduite. L'offre de capitaux étant moindre, leur valeur comparée à celle du travail, l'intérêt, en d'autres termes, augmente. Les capitaux les plus réalisables, qui ont subi presque seuls l'excès de consommation, sont ceux dont le prix s'élève le plus haut, soit relativement au travail, soit relativement aux capitaux moins faciles à réaliser. Aussi le phénomène de l'appauvrissement se manifeste toujours à la longue par la dépréciation des immeubles, rentes, actions, fonds de commerce et autres valeurs d'une aptitude spéciale, et qui ne sont pas propres à être consommées en nature. En même temps, les entrepreneurs d'industrie, dont la puissance etles débouchés sont réduits à la fois, éprouvent des pertes et se ruinent, entraînant le crédit dans leur chute; ceux des travailleurs sur lesquels porte directement le poids de la
dépréciation du travail, et devant lesquels les débouchés se ferment, souffrent, et souvent disparaissent par la mort ou par l'émigration, lorsque le mouvement rétrograde de la richesse vient à se prolonger.
C'est ainsi que, par la fiscalité de son administration, par son faste, par son grand état militaire, par le brigandage, par son mépris pour le travail, l'empire romain est tombé d'inanition en quelque sorte. Ii avait consommé d'abord les capitaux faciles à réaliser, ensuite les outils, puis les bestiaux, puis les maisons, et, enfin, les fonds de terre, réduisant incessamment ses instruments de travail et le nombre de ses travailleurs, mangeant, on peut le dire, les villes et les provinces, fonds et habitants.
Il n'est pas nécessaire d'aller prendre dans l'histoire d'illustres exemples, de parler de peuples et de nations. Ce qui est vrai d'une grande agglomération d'hommes est vrai aussi d'une moyenne et d'une petite, d'une profession, d'une classe, d'une contrée, d'un canton. Les mêmes lois économiques régissent les empires et les villages, et il ne manque pas, hélas ! de localités en France où l'on a pu observer les symptômes si remarquables de l'appauvrissement.
Lorsque nous avons parlé du marché idéal du crédit où les capitaux s'offrent, comme des ouvriers en chômage quand ils n'ont pas d'emploi, et duquel ils se retirent après en avoir trouvé; lorsque nous avons parlé des marchés spéciaux à chaque marchandise, des crises commerciales, etc., nous avons indiqué des phénomènes que l'ont peut observer dans les plus petites localités comme dans les plus grandes, et qui, pour y être parfois moins sensibles, n'y sont pas moins réels. Bien que les circonscriptions commerciales qui constituent un marché n'aient pas de limites matérielles, comme les circonscriptions administratives ou politiques; bien qu'un marché, si petit qu'il soit, ait toujours ses quartiers et se trouve toujours englobé dans un marché plus grand, il n'en a pas moins ses mouvements particuliers régis par les lois que l'économie politique a constatées.
S'il est une de ces lois qui mérite la qualification de générale, c'est celle qui proportionne directement le prix des
fonds de terre, rentes, actions, fonds de commerce, etc., à la somme de capitaux mobiliers qui se trouvent sur le marché. Les marchandises destinées à être consommées en nature ne subissent pas les mêmes variations : i* parce qu'on n'est pas libre de consommer ou de ne pas consommer des comestibles, des vêtements, etc., tandis qu'on est libre de placer ou de ne pas placer des capitaux, soit à intérêt, soit en fonds de terre, etc., et que l'on court à l'essentiel avant de songer à l'épargne ; 2° parce qu'il est facile de réduire la quantité des approvisionnements en marchandises qui se consomment en nature et à mesure des besoins, tandis que les fonds de terre, canaux, chemins de fer, etc., ne sont pas réductibles en quantité, mais seulement en valeur.
Il résulte de cette loi qu'une diminution minime de la somme des capitaux mobiliers ou l'apparence de diminution que produit une panique ont pour effet immédiat une diminution proportionnelle sur le prix de tous les capitaux appropriés à la reproduction. Une augmentation de la somme des capitaux mobiliers ou seulement de la confiance a des effets opposés, de telle sorte que la valeur vénale de tout le capital actif d'une nation est affectée par les variations que subit la somme de ses capitaux mobiliers, ou même la confiance qui porte et maintient ces capitaux sur le marché.
C'est à la suite d'une variation de ce genre qu'un publiciste affirmait, en 1848, que la France, en deux mois, s'était appauvrie de plus de vingt milliards. En réalité, la consommation n'avait pas augmenté, et la somme des richesses effectives, la somme des utilités que possédait le pays, n'avait pas considérablement changé ; mais l'opinion était sous l'empire d'une panique, les capitaux mobiliers s'étaient retirés du marché, et les particuliers qui voulaient réaliser des immeubles, des rentes, etc., ou qui y étaient forcés pour remplir leurs engagements, éprouvaient une perte aussi grande que si la société avait tout à coup été appauvrie de vingt milliards. Plus tard, on a dit que la France s'était enrichie subitement, parce que, la panique ayant disparu et fait place à une confiance robuste, le prix
de toutes les marchandises qui avaient subi une dépréciation a suivi un mouvement ascendant. Tout ce déplacement de valeurs vénales était l'effet d'un changement d'opinion.
On remarquera sans doute que, lorsqu'une société s'enrichit, c'est surtout au profit du travail, de tous les capitaux actifs en état d'emploi et des entrepreneurs d'industrie. Les mouvements rétrogrades de la richesse , au contraire, ruinent les entrepreneurs, abaissent le prix du travail et de tous les capitaux actifs en état d'emploi, au profit des capitaux oisifs non engagés. Ceux-ci gagnent une partie de ce que perd la société tout entière, et s'enrichissent de la ruine d'autrui.
Si l'on prend une société quelconque dans un moment donné, avec des habitudes déterminées, on trouve qu'elle a besoin pour ses échanges d'une certaine quantité de monnaie qui varie peu et d'une autre quantité de monnaie, également peu variable, pour la thésaurisation ou pour les réserves. Gomme la monnaie métallique ne produit rien par ellemême, on pourra dire que la société est d'autant plus habile en affaires qu'elle fait plus d'échanges avec moins de monnaie effective.
La monnaie obéit, d'ailleurs, comme toutes les marchandises, à la loi générale de l'offre et de la demande. Son prix suit celui des métaux précieux avec lesquels elle est faite, et sa quantité se proportionne aux besoins d'autant plus facilement que le prix des métaux monnayés se rapproche davantage de celui des lingots. En supposant la fixité des habitudes commerciales d'une société, on peut dire qu'elle possède exactement la quantité de monnaie qui lui est nécessaire pour faire ses échanges.
La demande de monnaie peut augmenter soit par l'accroissement des échanges, soit par un changement dans les usages, tel que la substitution des ventes au comptant
aux ventes à terme ; elle diminue par l'action des causes contraires.
On peut donc dire à la rigueur, comme J.-B. Say, qu'en temps d'habitudes moyennes la quantité de monnaie en circulation n'a aucune influence sur le taux de l'intérêt, parce que la monnaie, restant en quantité toujours égale et étant toujours employée, n'est jamais disponible. Mais, comme la disponibilité est un fait qui résulte surtout de la distribution des richesses, un rapport de particulier à particulier, et que la monnaie, ayant une valeur exprimée, reconnue par l'usage, est toujours facile à échanger, il en résulte que les capitaux sous forme de monnaie sont toujours disponibles pour le particulier qui les possède et qui n'est tenu de les réserver à aucun payement^ et que tous les capitaux qui deviennent disponibles se convertissent en monnaie ; il en résulte aussi qu'à toutes les crises, comme nous l'avons déjà observé, les capitaux sous forme de monnaie étant évalués, faciles à transporter et à transformer, sont aussitôt les plus demandés, comme l'atteste la baisse du prix de toutes choses que l'on remarque en ces temps. Du reste, toute crise ayant pour effet de restreindre le crédit augmente par cela même le besoin de monnaie, soit en en employant une plus grande quantité pour effectuer la même quantité d'échanges, soit en précipitant les échanges par la nécessité des remboursements, ou, comme on dit, des réalisations; la demande de monnaie est surtout intense lorsque les remboursements sont réclamés pour thésauriser, comme on le voit dans les crises politiques.
Lorsqu'une société s'enrichit, le mouvement est lent, et le crédit s'étend toujours, de manière à ôter toute action à la monnaie sur le taux de l'intérêt. Ce sont des capitaux effectifs et actifs que l'on demande alors et non de la monnaie qui, par elle-même, ne produit point.
Lorsqu'une société s'appauvrit, au contraire, même lentement, on se prend aux capitaux anciens, tout évalués, et, comme le prix de toutes choses tend à baisser, on éprouve ie besoin d'évaluer souvent, de transformer même violemment, de convertir en monnaie. Celle-ci reste constamment
m hausse, parce que, le crédit se restreignant, il faut une plus grande quantité d'espèces pour effectuer les mêmes payements.
La hausse, ou la baisse, des monnaies se manifeste nécessairement par une baisse, ou une hausse, en sens contraire dans le prix de toutes les marchandises, puisque, par la vente, toutes les marchandises viennent se mesurer, s'équilibrer en quelque sorte avec la monnaie. Leur prix nominal ou le rapport de leur valeur avec celle de la monnaie est changé, mais leur prix relatif reste le même. Si la monnaie éprouve une baisse de 10 p. 0/0 par exemple, le prix de toutes les marchandises s'élève dans une proportion inverse, qui n'est pas 1/10 p. 0/0 (comme on pourrait le croire au premier abord), mais 1 /9p. 0/0. Si, au contraire, la monnaie hausse de 10 p. 0/0, toutes les marchandises baissent de 1/9 p. 0/0; mais, dans l'un comme dans l'autre cas, le rapport qui existe entre un tonneau de sucre et un hectolitre de blé reste le même, de telle sorte que les transactions commerciales au comptant ne sont point affectées directement par la hausse, ou par la baisse, du cours des monnaies.
Il en est autrement des ventes à terme et, en général, de toutes les créances évaluées en somme monnayée. Ges créances, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, constituent entre le débiteur et le créancier un véritable marché à livrer, de telle sorte que la hausse du prix des monnaies profite au créancier, et la baisse au débiteur. En effet, comme, dans le cours régulier des choses, tout payement est précédé d'une réalisation par le débiteur, s'il se mani* feste une hausse de 10 p. 0/0 sur le cours des monnaies avant l'extinction de la dette, il faudra que le débiteur donne 1/9 p. 0/0 de plus en marchandises pour obtenir et payer la même somme de monnaie. En cas de baisse des monnaies, le débiteur se libère au moyen d'une valeur moindre de 10 p. 0/0 que celle qu'il avait empruntée.
Les rentes perpétuelles, actions industrielles et autres titres dont la valeur est fondée sur une redevance en monnaie, ne sont point affectées en hausse ou en baisse par les
variations du cours des monnaies, comme les créances ordinaires. En effet, la valeur en capital de ces sortes de titres est toujours fondée sur leur valeur en revenu, et, si celui-ci hausse ou baisse de 5 p. 0/0, le capital hausse ou baisse d'autant. Si 3 fr. de rente au pair valent 100 fr., la valeur des 100 fr. suit toujours le sort de celle des 3 fr., payablee en monnaie. Les deux termes du rapport étant également modifiés, ce rapport ne change point, et le prix de la rente reste le même qu'auparavant.
Le cours des immeubles est tout autrement affecté que celui des rentes par le cours de la monnaie, parce que le revenu de l'immeuble n'est évalué en monnaie que lorsqu'il y a un bail et pour la durée du bail seulement, de telle sorte que, si le propriétaire voit diminuer son revenu par la baisse du prix des monnaies pendant la durée du bail, il voit augmenter dans les mêmes proportions la valeur en capital de son immeuble, parce que son revenu, récolte ou service de loyer, n'est point en monnaie, mais, au contraire, en valeurs qui s'échangent et se mesurent contre la monnaie.
Les variations du prix des capitaux mobiliers et les variations du prix des monnaies, qui amènent également sur les marchés de grandes perturbations, et qui se ressemblent sous tant de rapports, se distinguent donc par des effets très différents. Les variations dans le prix des monnaies affectent le prix de toutes choses en raison inverse et d'une manière uniforme ; les variations dans le prix des capitaux mobiliers affectent le prix des autres marchandises ou capitaux appropriés d'une manière fort inégale. Une variation du prix des monnaies n'introduit aucun changement dans les rapports de valeur qui existaient entre les divers capitaux appropriés ; ainsi, une baisse des monnaies fait hausser le prix des grains dans la même proportion que celui des immeubles, tandis qu'elle n'affecte point le prix des rentes. Une variation du prix des capitaux mobiliers, au contraire, change le rapport de valeur qui existait entre les divers capitaux appropriés. Est-ce une hausse ? le prix des immeubles, des rentes, des actions s'abaisse inégalement,
tandis que celui des denrées reste stationnaire. Dans la pratique, on peut donc distinguer les perturbations qui viennent des monnaies de celles qui viennent des capitaux mobiliers à ce signe, que les premières n'affectent point le prix des rentes, et que les secondes n'affectent guère le prix des denrées.
On a observé que, la baisse des monnaies facilitant l'acquittement des débiteurs, l'exécution des contrats de crédit augmentait la confiance et, par suite, imprimait de l'activité aux affaires, abaissait le taux de l'intérêt et élevait le prix des immeubles, rentes, etc., tandis que la hausse de la valeur des monnaies produisait les effets contraires. Cette observation, exacte quant aux effets de la hausse de la valeur des monnaies, cesse de l'être, quant à la baisse, au-delà de certaines limites. Si, par exemple, le capitaliste, le vendeur à terme, etc., voyaient la monnaie suivre un mouvement de baisse rapide et dont ils ne pourraient prévoir la fin, ils s'empresseraient de convertir leur capital en marchandises et refuseraient de s'engager davantage dans aucun contrat de crédit. Cette liquidation, qui serait facile, aurait pour effet d'accélérer la dépréciation des monnaies, de priver les emprunteurs, pour l'avenir, des bénéfices du crédit, ou de faire établir les contrats, non plus en monnaie, aais en marchandises d'un cours moins variable et à un taux d'intérêt élevé. C'est ce qu'on a vu en France, à la fin du système de Law et au temps des assignats ; en Autriche et en Russie, pendant les guerres de l'Empire ; plus récemment au Brésil, à Buenos-Aires, etc.
Lorsque le cours des monnaies se règle librement sur celui des métaux précieux, ses mouvements de hausse et de baisse, lents et peu considérables, ne produisent pas des effets très sensibles. Personne, d'ailleurs, n'a le droit de s'en plaindre : créancier et débiteur ont couru librement les chances du marché à livrer, et ils doivent en subir avec résignation les conséquences naturelles. Il n'en est pas de même lorsque les Gouvernements viennent dérouter les prévisions sur lesquelles les contrats ont été établis par des altérations du titre des monnaies ou par des émissions
immodérées de papier à cours forcé. La France a vu de grands désastres et îa ruine entière du crédit résulter d'émissions excessives de papier-monnaie, et tous les États du continent ont passé par des crises à peu près semblables pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire.
L'Angleterre a été plus heureuse. Grâce à un concours» étonnant de circonstances, le génie de ses inventeurs, l'intelligence et l'audace de ses entrepreneurs dans toutes les branches du commerce et de l'industrie abaissaient le prix de presque toutes les marchandises, en même temps que les dépenses énormes du Gouvernement se traduisaient, par des émissions de papier à cours forcé, ea un abaissement du prix des monnaies. C'est ainsi que fut maintenu, presque par miracle, sans que personne y eût songé, une sorte d'équilibre approximatif, un ralentissement dans la dépréciation du papier-monnaie, de telle sorte que le crédit reçut une impulsion des actes mêmes qui auraient dû le détruire.
Toutefois, ce n'est pas sans peine et sans perturbations que l'Angleterre a subi cette double crise de l'abaissement irrégulier et successif de sa monnaie de 1797 à 1814, et de la hausse qui a duré de 1814 à 1821. Ces variations du prix des monnaies, qui sont allées jusqu'à 25 p. 0/0, ont transféré irrégulièrement et contre toute équité des sommes considérables, dans la première période, des créanciers aux débiteurs, et, dans la seconde, des débiteurs aux créanciers.
Nous reviendrons sur ce sujet, lorsque nous étudierons les divers systèmes monétaires.
12e EDITION