‹ Les opérations de banqueChapitre 7 sur 167 · XII PRÉFACE DE LA ONZIÈME EDITION · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE DE LA ONZIÈME EDITION

aujourd'hui d'ailleurs comme alors, à subir l'attraction inévitable de la puissante Reichsbank. 11 était donc écrit — on peut ici se servir de cette expression sans en faire une image — que ces établissements en rapports avec les États seraient mis à contribution pour les premiers frais de guerre.

C'est à eux que l'on eut recours tout d'abord, et la première conséquence de cette coopération, aux premiers frais de guerre, fit décréter en France et en Allemagne, le cours forcé. On ne croyait pas, même dans les milieux militaires, à une longue durée de la guerre, et dans l'esprit des financiers, aussi bien en Allemagne qu'en France, on estimait à quelque 4 ou 5 milliards de francs ou de marks l'accroissement d'émission de ces Banques. Les. événements, montrèrent combien ces prévisions étaient erronées. Peu à peu, soit par des avances directes comme en France, soit par des moyens détournés comme en Allemagne, la Banque de France et la Reichsbank furent mises à contribution, successivement, pour des sommes de plus en plus élevées. En Allemagne on s'efforça de mettre un frein à ces demandes d'avances, en émettant, chaque année, deux emprunts de guerre, soit neuf en tout, destinés à consolider la dette flottante dont te niveau montait tous les jours. Néanmoins, par suite du mécanisme des avances sur titres largement employé chez nos ennemis pous suffire, par superposition de crédit, aux souscriptions périodiques d'emprunts de guerre, l'émission de la Reichsbank et des Caisses de prêts s'est accrue aussi dans de grandes proportions. Ces proportions se sont élevées et plus fortement encore depuis l'armistice.

Quelques chiffres mettront en relief ces acroissements énormes d'émission en France et en Allemagne.

A la veille de la guerre, à la fin du mois de juin 1914, l'émission de la Banque de France était de 5.852 millions de francs. A la suite des avances successives du gouvernement, elle s'élevait, à la même date, en 1916., à 15.806 millions de francs, et montait successivement, aux mêmes

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