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XIV PREFACE DE LA ONZIÈME ÉDITION

7.670 millions de francs, en 1919, à 10.560 millions de francs, et le 25 décembre de la même année à 1 1.960 millions de francs, dans lesquels les billets émis par la Banque d'Angleterre comptent pour 2.300 millions de francs en chiffres ronds.

L'émission de la Banque d'Autriche-Hongrie accuse la progression certainement la plus considérable. Elle part, fin juin 1914, de 2.441 millions de francs pour aboutir, à la fin de novembre 1919, à 55.828 millions de francs!

Pour la Banque nationale de Belgique, on part du chiffre de 960 millions de francs, à la fin de juin 1914, pour arriver, fin 1919, à celui de 4.710 millions de francs.

On sait les conséquences de ces émissions énormes, de cette inflation de la circulation fiduciaire. La première a été de provoquer une baisse de valeur — variable avec les différents pays, très forte pour certains d'entre eux — de l'unité monétaire, donc diminution du pouvoir d'achat. Il en découle cette conséquence que cette inflation a été et est actuellement, et cela pour un temps long encore, l'une des causes, avec beaucoup d'autres, de la hausse des prix dont souffrent à des degrés différents les nations où sévit cette inflation. Elle retentit du reste fortement sur les changes de ces pays qui sont — certains d'entre eux surtout — fortement tributaires de l'étranger, en l'espèce d3S Etats-Unis, en ce qui regarde l'achat de produits d'alimentation et de matières premières.

Ces émissions énormes sont le résultat du monopole des banques d'émission qui sont devenues, sinon des banques d'État, du moins des banques liées aux États, au point de subir leurs exigences. On dira que les États, dans les circonstances où il se sont débattus, auraient euxmêmes fait des émissions. Pas nécessairement des émissions de billets, dits de banque, circulant comme une monnaie. Ils étaient normalement conduits — ce qu'ils ont fait du reste — à l'emprunt à court terme qui se traduit par la vente de Bons du Trésor. Le succès des Bons de la Défense Nationale montre l'étendue des res-

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