LÉSIONS DE LA CONJONCTIVE
Dans les ophtalmies pseudo-membraneuses et surtout dans la forme diphtéritique vraie, la conjonctive nécrosée par le processus morbide ne se rétablit pas ensuite dans l’intégralité de ses propriétés. Le revêtement épithélial se reproduit, mais le stroma de la muqueuse, le derme qui faisait sa souplesse et sa mobilité, ont plus ou moins complètement disparu. Il en résulte une gêne dans les mouvements de l’œil, qui se traduit par l’établissement de brides et de plis permanents reliant le bulbe oculaire à la face interne des paupières, et diminuant la profondeur des culsde-sac. C’est là une sorte de rétraction de la conjonctive, suivant le terme de Fuchs, qui se présente aussi dans les trachomes anciens et ceux dont l’évolution a été lente.
D’autre part, lorsque la conjonctive nécrosée se cicatrise après la chute de l’eschare, il arrive que les deux surfaces ulcérées, l’une sur le bulbe et l’autre
LES SUITES DES OPHTALMIES 129
à la paupière, se mettent en contact et se soudent par les progrès de la cicatrisation. C’est ce qu’on voit se produire aussi après les brûlures accidentelles et de même dans-certains cas où la cautérisation au nitrate d’argent, ayant été trop énergique ou trop multipliée, a amené la formation d’une eschare. La-soudure, la réunion cicatricielle de la conjonctive bulbaire à la conjonctive palpébrale constitue la difformité connue sous le nom de symblépharon.