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LES LAMETH

Les Lameth étaient quatre frères, Théodore, Augustin, Charles et Alexandre. Le premier, né en 175 G, mort en 1854, n'entra que plus tard dans la vie politique : nous le retrouverons sur les bancs de l'Assemblée législative. Augustin de Lameth vécut obscur et loin des

(1) Michelet, Kist. de la Bév., t. II, p. 463-464.

affaires publiques (1). Charles et Alexandre furent tous deux membres de la Constituante.

Charles, né en 1757, prit part avec ses deux frères à la guerre d'Amérique. En 1789, il était colonel des cuirassiers du roi et gentilhomme d'honneur du comte d'Artois. Cette dernière place pouvait lui donner une grande influence: il n'hésita pas à la quitter, une fois député.

Il occupa fréquemment la tribune et parla notamment sur l'institution du marc d'argent, sur la liberté de la presse, sur les affaires ecclésiastiques, sur l'extension du jury aux matières civiles, sur la suppression des cours prévôtales, sur l'abolition des distinctions honorifiques, sur le droit de grâce.

En mars 1790, il est chargé, comme membre du Comité de surveillance, de rechercaer l'ex-garde des sceaux Barentin, qui s'était caché dans le couvent des Annonciades de Pontoise. Cette mission jeta sur lui quelque ridicule. Les journaux royalistes le criblèrent à ce propos d'épigrammes et supposèrent qu'il s'était déguisé en nonne pour cette perquisition.

Son duel avec le duc de Castries et l'émeute qui en résulta en firent un personnage populaire, et cette popularité fut portée à son comble par son attitude dans la discussion sur le droit de paix et de guerre.

Son premier échec fut la découverte du Livre rovge, où sa mère était inscrite pour la somme de GO. 000 livi-es. Il eut beau rembourser aussitôt cette somme au Trésor, il sentit sa faveur diminuer, malgré la lutte qu'il soutint contre Mirabeau devenu impopulaire.

Après la fuite de Louis XYI, il proposa et fit voter les mesures les plus énergiques. Mais bientôt, comme Duport, il changea d'attitude et se signala par son ardeur royaliste dans les discussions sur la déchéance.

(1) Au sujet d'Augustin, voir une lettre de Théodore de Lameth dans le Journal des Débats et Décrets, 28 juin 1792.

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