LIEU DE RÉUNION
SOURCES
Bèze.
Chr. de Bèze, éd. Garnier, p. 377.
Thil-Chàtel.
Pérard, p. 75, 76; Petit, I, n» 86.
Fin do IV iMt
Dijon.
Chàtiiloa.
Chr. de Bèze, éd. Gurnier, p. 398.
Petit, I, n* 104.
Gevrey.
Cbâtillon.
Petit, I, n» 108.
Petit, J, n- 126 ; Pérard, p. 83, 84.
Hj3
FIcurey.
Dijon.
Dijon.
Bretigny.
Châtillon.
Petit, I, no 134.
Petit, I, n° 134.
Doin Plancher, I, pi. n<» 49; Petit.
Pérard, p. 220, 221.
Petit, I, n* 178.
Après \m (?)
Dijon.
Dijon 1?)
Petit, II, n- 241 ; Pérard, p. 99.
Pérard, p. 137 ; Fyot, preuves n" 107. Chr. de Bèze, p. 482.
Dijon.
Petit, II, n' 476.
Petit, II. n» 454.
Petit, III, n" 740.
Petit, III, n- 827.
Dijon
Petit, III, n« 854.
Beaune.
Petit, III, n» 860.
Avec le treizième siècle, toute cette situation se modifia : les grands jours de Beaune se détachèrent et vécurent désormais distincts des sessions ordinaires de la Curia ducis, ♦
Les événements qui assurèrent le succès du nouveau provin furent d'ordre religieux, économique et politique tout à la fois. Jusqu'au xii® siècle, les véritables puissances économiques avaient été les grands monastères comme ceux de Vezelay. de Saint-Germain d'Auxerre,^ de Pothières, de Réome, de Saint-Martin d'Autun, de Saint-Marcel de Chalon, et plus près de Dijon ou
à Dijon même, de Flavigny, de Saint-Seine, de Bèze et de Saint-Bénigne, pour n'en citer que quelques-uns, au-dessus desquels s'était élevé le formidable édifice de Cluny.
A eux les profits des foires et marchés, qui doublent le rapport des pèlerinages ' ; à eux les manses et les terres que seuls ils savent capitaliser*, et dont les parcelles s'additionnant finissent par former de vastes domaines autour des sanctuaires vénérés ; à eux enfin l'influence politique, la force et l'opinion, car d'un côté ce sont leurs encouragements qui ont amené l'essor des premières associations armées pour protéger la j^aix de Dieu et la libertas des sauvetés ecclésiastiques, et d'un autre côté leur influence sur l'opinion, sur le peuple qu'ils instruisent, soignent, et parfois nourrissent, est attestée pai^ la quantité des franches aumônes dont sont remplis les cartulaires jusqu'au dernier tiers du xiii* siècle. Mais cette domination religieuse, économique et politique ne pouvait durer; elle fut ruinée par les causes 'mêmes qui l'avaient créée.
Cette religion mercantile répugna. Encouragées par la Papauté et surtout par les récents monastères de Molesmes et de Qteaux, de nouvelles tendances se manifestèrent dès la fin du xi^ siècle et arrivèrent avec une rapidité déconcertante à prédominer ; l'on voulut des religieux moins avides, moins trafiquants, moins engagés dans le monde, mais plus détachés, plus pauvres, plus tournés vers Dieu. D'un autre côté, les associations laïques créées pour protéger les sauvetés s'émancipèrent rapidement ; les sauvetés laïques se formèrent à oôté et souvent à la place des sauvetés ecclésiastiques qu'elles firent disparaî-
I. Pour Dijon, l'on trouvera des indications dans le chapitre I»' de l'ouvrage d'E. Collette sur les foires et marchés à Dijon, Dijon, Nourry, 1905, 1 vol. in-8>, et dans une petite étude que nous avons publiée sur les cimetières et les marchés du vieux Dijon. Dijon, Nourry, 190C, 1 vol. in-8".
a L'observation que ce fut TEgrlise qui, la première, sut capitaliser la terre, a été faite et développée par M. de Charmasse. Cartulaire de l'église d'Autun, Paris, 1900. in-4«, p. lxii.
tre. Dans les mains des nouvelles communes, les foires et marchés redevinrent laïques. Enfin la terre fut saisie par de nouvelles mains ; les seigneurs et les villes ce la laissèrent plus s'échapper.
Le souverain veille jalousement à ce que le patrimoine des églises ne mange plus le sien. Le bourgeois adonné au commerce, et qui sait l'importance du capital mobilier, s'efforce de faire de l'héritage une valeur Iransportable qui puisse, comme les meubles, servir de gage aux créanciers. Nulle part, cette transformation profonde qui s'opère, cette création d'un monde nouveau, ne présente de tableaux plus saisissants qu'en Bourgogne. Nous y voyons et l'écroulement retentissant du vieux Cluny et l'élévation prodigieuse du nouveau Citeaux. Pendant ce temps, s'établissent les pi'emièi'es conmiunes à la suite de Dijon en ii83, et tes ducs, entre les mains desquels sont en voie de se monopoliser le droit d'ouvrir les foires et les marchés et sous la protection desquels les nouvelles associations urbaines éclusent, s'enrichissent et deviennent les premiers proprié laii-es du duché.
Leur politique économique est curieuse à observer : ils achètent sans cesse, imperturbablement, toujours sans argent, toujours endettés, et pourtant toujours à raffut de la moindre occasion d'augmenter leur domaine. Les petites pièces de vignes autour de Beaune, à Vosne, à Meursault, Savigny, Pommard et Volnay ne sont pas seules absorbées par cette furie d'achat; elle englobe des châtellenies entières comme celles de Vitteaux, de Sanvignes, de Beaumont, de la Perrière, de la Porclieresse, de Brancion ; des seigneuries comme celles de Buncey, de Villars-en-Lay, de Longecourt, de Gyé-sur-Seine, de Daix, de Saint-Komain, de Palleau, d'Authume, de Villyen-Auxois et de Montigny. Pendant que se créent ces nouvelles châtellenies ducales, les anciennes de Rouvres, de Brazey, de ChemJve, d'Argilly. Taiant et Aignay-lc- Duc s'arrondissent et se gonflent d'une foule d'acquisi-
— Jixx —
I pai-cellaires'. Le savant président de la Société ;iuie, M. de Charmasse, a calculé que, pendant long règne de cinquante-quatre ans (laiSà lay^), le Hugues IV ne fit pas moins de six cent trente-six acitions ; soU successeur, Robert, pendant l'espace de te-quatre ans, en fit plus de deux cent cinquante. Ils lèrent de toutes leurs forces un mouvement qui se once dès la fin du xi' siècle et dont les conséquences it immenses, car c'est de lui que -date la véritable Lion du duché de Boui^ogne.
ancienne noblesse terrienne du duché ne pouvait songer à faire concurrence au souverain ; il était puissant. Dès lors, de tous côtés, dès le premier du xiii° siècle, elle se soumet au duc, et nombreux ceux qui consentent à reconnaître que leurs forte-. ;s lui sont jurables et rendables. Dans la seconde ié du XIII* siècle l'on va plus toin : l'on transforme lemment les alleux en fiefs ' : désormais, l'ancien dole libre laissé par les pcrea sera censé tenu des ducs rains. I^eur souveraineté n'est donc plus un vain mot, s'allirme, elle est reconnue par ceux-là mêmes qui auit eu le droit de la contester. Mais, en même temps tle se fortifie, elle devient accablante pour ceux qui rcent. Pour permettre la direction et l'exploitation omaine, qui s'assemble de plus en plus dense, pour rer l'administration des finances et le cours régulier
propriété en lioargogne au moyen âge. publié par M. de Charmasse :roduclioii au Carlatalre de Vliglise d'Autan, IroEsifemc paKie. igon. , iii-4°, 8péci«lenient. pp. luiv â lxvi. Motis y renToyona pour titiualian des noms de lieux cités Ici,
)n trouvera des exemples de ces transformations d'alleui en fiefs lu seconde moitié du un- siècle dans Petit deVaiisse, t, IV, n" a^Jfl, 1881, «eio; lomc V. n- 3i>37, SaSj, 3i^ SSna, S344. 33^,, S^, %)a. 3«6e, mais, â cûlé des documents oi'i l'opéralion s'étale visible, il en est «s où rré([uemment elle se cache : ce sont ceux où l'on voit une nne reconnaître tenir en lier, du duc, tout ou partie de ses pimaes- , moyennant u ission de construire
de la justice, s'imposa la nécessité de nouveaux fonctionnaires; ce furent les baillis.
L'histoire des baillis touche intimement à celle du Par^ lement; leur juridiction constitua la première assise de l'organisation judiciaire supérieure ducale. Ils existent en Bourgogne dès le début du xiii* siècle, peut-être même dès la fin du xii* siècle.
Les auteurs anciens qui, avec Dom Plancher* et Courtépée*, signalent Pierre de Corbigny, bailli de Chalon, en 1355, comme le premier bailli du duché, n*ont pas remarqué que l'apparition des baillis en Bourgogne était bien antérieure à cette date. On parle d'eux en 121 a' dans la charte de Nuits-aval ; vers la même époque, Eudes adresse im mandement à la fois à son prévôt de Villiers (i et omnibus ballwis terre sue»*; en i2i3, il déclare céder à l'abbaye de Cluny ses hommes de Fleurey et veut qu'ils n'aient à craindre aucune tracasserie de la part de ses héritiers, de ses prévôts et de ses baillis « ab aliquo heredum meorum seu prepositum i>el ballivorum » * ; c'est également « omnibus prepositis et balliqIs suis » que s'adresse, en 1320, la duchesse Alix, en faveur de l'abbaye de Saint-Seine".
Le bailli, dans son début fonctionnaire ambulant, se