‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 10 sur 43 · I. — De l'existence dans l'air des germes des bactéries · texte numérisé non relu

I. — De l'existence dans l'air des germes des bactéries

Avant les iravaus de RI. Pasieur, on chercherait vaincmenl dans les annales de la Science l'exposé d'une méthode expérimeotale permettant de démontrer rigoureusemenl la présence dans l'air des germes des scliizophjie^, autrement appelés tpores des bactériens. Comme il a été dit plus haut, Dundas Thompson trouva, il est vrai, des vibrions dans une faible quantité d'eau bouillie parcourue pendant plusieurs jours par nn -ant d'air puisé dans des salles de cholériques et dans un égout; mais nous savons aujourd'hui qu'une ébullition de plusieurs heures ne lue pas les germes des bacilles répandus toujours en grand nombre dans les eaux les plus pures; de plus les flacons de Woolf, mis en usage par Thompson, n'ayant pas été Sambés ou soumis à une désinfection efficace, contenaient certainement des semences de vibrions, avanl la mise en marche de chaque expérience. Quant à la plus grande quantité de bactériens observés dans les hiïpitaux et les égouts qu'à l'air extérieur, cela s'explique par l'introduction non douteuse des nombreux germes qui séjournent dans les salles des malades, et surtout, comme j'ai eu mainte ibis l'occasion de l'observer dans les hôpitaux de Paris, par l'apport dans l'eau bouillie d'un poids considérable de substances organiques qui transforment le liquide en nne véritable infusion où les microbes trouvent un mihcu fort

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propre à Icurdéveloppemeni; la plus ou inoins graode quaRtitil d'organismes trouvés en pareil cas ne dépend paa du chîflrft des germes recueillis, mais du poids des détritus d'oiïgine anï^'l maie et végétale lixés par le liquide. Ce fait, facile à vérifier, ûteï aux recherches de Dundas Thompson le degré de préci&îo qu'elles semblent présenter au premier abord ; j'en dirai de roém des travaux de Samuelsou, qui a toujours usé, pour recolle les germes, de l'eau distillée, non chaufTéc, exposée k la cliutt des poussières dans des vases, macroscopiquement propres, ce qui I n'est pas uue garantie suffisante. Les expériences plus anciennes'] de Gaultier de Claubr^ paraissent, au contraire, avoir été con-i duites avecphisde rigueur, mais il est fort d i flic i le d'en trouvcri une description exacte, ce qui ne permet pas de les juger enf parfaite connaissance de cause. Il en est autrement des rechef ches de M. Pasteur, exposées avec détails en 1862 dans leî Annales de Chimie et de Physiques, t. LXIV; l'intérêt hisbi rique qui s'attache à ce point important de la micrographi atmosphérique me commande de reproduire ici avec quelqw développements les expériences célèbres de ce sa^

Pour constater l'existence des germes des bactéries parmi lesq poussières de l'air, il fallait avant tout avoir à sa disposition dea] infusions absolument vierges de microbes : les expériences d Schwann sur l'infécondité de l'air rougi ayant donné des résai^ tais variables, M. Pasteur commença par préparer des infusiow stériles de la manière suivante :

n Bans un ballon de afio" à 3oo", j'introduis, dit M. I leur, iou"" à i5o" d'une eau sucrée albumineusc, formée duwl les proportions suivantes:

Eau

Matières albuminoîilcs ui miner provcDiint de la levure de biiire

a Le col ellïlé du ballon

lique avec un tube deplatint 1

chauiTé au rouge. On fait bouilUr le liquide pendant deux ( trois minutes, puis on lelaisscreiroidirconiplelemenl.il si

THAÏAUX I)E M. PASTELH.

plit d'air ordinaire à la pression almospliérique, mais dont toutes les parties ont été portées au rouge; puis on ferme à la lampe le col du Lallon.

» Le ballon ainsi préparé est placé dans une éluve à uue température constante voisine de Zo"; il peut s'y conserver indéfiniment, sans que le liquide qu'il renferme éprouve la moindre altération. Sa limpidité, son odeur, son caractère d'acidité très faible, à peine appréciable au papier de tournesol bleu, persistent sans changement appréciable. Sa couleur se fonce légèrement avec le temps, sans doute sous i'înlluence d'une oxydation directe de la matière albuminoïde du sucre.

» J'affirme avec la plus parfaite sincérité que jamais il ne m'est arrivé d'avoir une seule expérience, disposée comme je viens de le dire, qui m'ait donné un résuUat douleuit. L'eau de levure sucrée mise en présence de l'air qui a été rougi ne s'altère donc pas du tout, même après dix-buit mois de séjour à une température de 25" à 3o", tandis que, si on l'abandonne à l'air ordinaire-, après un jour ou deux, elle est en voie d'altération manifeste et se trouve remplie de bactériums, de vibrions on couverte de mucors. n

Telle est, à mon sens, l'expérience fondamentale qui sert et servira de base inébranlable à tous les travaux de micrographie atmosphérique présents et futurs. Pour pousser plus avant la conviction dans l'esprit de ses contradicteurs (il convient de

ne pas <

ublie

que ses cxpe;

furent instituéi

battre les vues des hétérogénistes, qui proclamaient l'extrême rareté dans l'air de germes vivants), M. Pasteur résolutd'ensemencer directement les poussières de l'air dans des liquides stérilisés propres au développement des microbes, ce qu'il lit en construisant l'appareil représenté par \a Jig. 34 (pi'gc 8a).

11 Voici, poursuit ce savant, les dispositions que j'ai adoptées pour déposer les poussières de l'air dans les liqueurs putrescibles et fermentescibles, en présence de l'air chauffé.

a Reprenons notre ballon renfermant de l'eau de levure sucrée et de l'air calciné. Je supposerai que le ballon soit è l'étuvc à aS" à 3o°, depuis un ou deux mois, sans y éprouver d'altération

sensible, preuve manifeste de)'inacliviié de raïrchatifTé donli] a àiê rempli sous la pression alniosiihérique ordioaire-

La pointe du ballon i^lanl loiijuurs fermée, je l'adapte, i

TKAVAUX LB H. PASTEtll. 8}

moyen d'un lube de caoutchouc, à un appareil disposé comme il suit : un lube de verre fort de lo""" à la"" de diamètre intérieur, dans lequel j'ai placé un tout de tube de petit diamt-tre ouvert à ses extrémités, libre de glisser dans le gros tube et renfermant une portion d'une de ces petites bourres de coton chargées de poussières ; un tube de laiton en forme de T, muni de robinets; l'un de ces robinets communique avec la machine pneumatique, un autre avec un tube de platine cbaull'é au rouge, le troisième avec le gros tube de verre en communication par If caoutchouc avec le ballon scellé d'eau de levure.

» Lorsque toutes les parties de l'appareil sont disposées el que le tube de platine est porté an rouge par le calorifère à gaz représenté dans la fîg.'i/{, on fait le vide, après avoir fermé le robinet qui conduit au lube de platine; ce robinet est ensuite ouvert de façon à laisser rentrer peu à peu dans l'appareil dc l'air calciné. Le vide et la rentrée de l'air sont répétés alternativement dix à douze fois : le petit tube à coton se trouve ainsi rempli d'air brûlé jusque dans ses moindres interstices, mais il a gardé ses poussières. Cela fait, je brise la pointe du ballon à travers le caoutchouc sans dénouer les cordonnets, puis je faiscouler le petit tube aux poussières dans le ballon; enfin je referme à la lampe le col du ballon, qui est de nouveau porté à l'étuve. Or il arrive constamment que des productions commencent à apparaître dans le ballon après vingt-quatre, trente-six ou quarante-huit heures au plus.

>i C'est précisément le temps nécessaire pour que ces mêmes productions apparaissent dans l'eau de levure sucrée, lorsqu'elle est exposée au contact de l'air commun. "

En répétant cette expérience avec de petits tubes remplis d'amiante calcinée, le résultat fut toujours négatif, ce qui démontre que les précautions prises pour introduire les bourres dans te gros tube précédant le ballon de liquide stérilisé étaient de nature à écarter les causes d'erreur dues au contact des tubes avec les objets extérieurs, La/i^. 35 reproduit, d'après les dessins de M. Pasteur, quelques microbes grossis, nés des germes mélangés aux poussières de l'air.

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Le dispositif imaginé par M. Pasteur pour ensemencer lesJ poussières atmosphériqtirs esl susceptible de recevoir aujour- | d'hui quelques modiGcalions heureuses, grâce auxquelles la 1 démonstration des germes parmi les poussières aériennes peut j devenir une expérience de cours de la plus grande simplicité. [ Je recommanderai aux professeurs d'hygiène désireux de frapper | à la fois les veux et l'esprit de leurs auditeurs une marche i \ suivre pour reproduire en peu de temps et sans beaucoup de j

Daclériens atmosphériques d'iiprôs M. Paslrur.

frais les expériences sur lesquelles M. Pasteur a édifié si solidement la théorie des germes.

Des tubes à boules, recourbés comme l'indique la J!ff. îly (page 8J), sont, après avoir été portés à une haute lempérdture, à moitié remplis d'un liquide végétal ou animal privé de germes avec ou sans le concours de la chaleur. Si, après un mois de séjour à l'étuve, ces petits ballons renferment encore un liquide parfaitement limpide, on introduit dans les branches elltlées en pointe de ces inslrumenls une bourre d'amiante stérilisée. Poury arriver, la branche de verre efïilée (l'o/r en \,Jlg. 3(i) est coupée au trait de lime suivant la section tt\ puis chauffée dans la plus grande partie de sa longueur par la flamme d'une lampe à alcool. On pousse alors avec lenteur dans cette partie chaulTée une bourre d'amiante très soyeuse; cela exécuté, on étire le lube {voir en C) et l'on garnit d'une seconde bourre d'ainiuite

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