TRAVAUX DE M. PASTEUR
rextrémité h du tube encore soutenue par Teffilure; puis on porte à 3oo° toute la branche bb' placée sur une gouttière de clinquant, on laisse refroidir et enfin Ton détache de Tinstrument, par un trait de chalumeau portant sur le tube capillaire,
Fig. 36.
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la portion terminale du tube contenant la bourre V , Cette manœuvre préliminaire est donc uniquement destinée à munir la brancne effilée en pointe du tube à boule d'une bourre filtrante absolument privée de germes : elle peut être accomplie à l'avance par le préparateur
Fig. 37.
Deux de ces tubes à boule sont alors placés dans la position indiquée en N (/î^. 37) ; puis, au moyen de petites secousses, on chasse l'air de la branche et l'on amène le liquide au contact de
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la bourre d'amiante, qui s'imbibe rapidement; ce sont là de» J tubes témoins tjiti ne s'allièrent jamais. A travers quatre autres ' tubes l'on dirige quelques litres d'air puise dans l'amphiibéâtre, en adaptant nn tiibe d'aspiration à la branclie P et en cassant la pointe a flambée, avec wne. pince ù mors carrés passée i travers la tlammed'un bec Bunsen. Après le passage de l'air, la . pointe n est de nouveau fondue. De ces quatre tubes, pourvus • d'une quantité impondérable de poussières atmosphériques arrêtées par la bourre 6, deux d'entre eux sont inclinés et traités comme les tubes témoins, c'est-à-dire de façon que le liquide stérilisé vienne mouiller ta bourre b : ces ballons s'altèrent toujours; les deux derniers sont suspendus dans leur position normale M et ne s'altèrent qu'à partir du jour où l'on amène le liquide nutritif au contact du tampon d'amiante par l'artificfij décrit plui haut. '
D'où l'on peut déduire, avec M. Pasteur, ces vérités cxpéri-' mentales :
1° Qu'un liquide placé à l'abri des impuretés atmuspliénqiies ne montre jamais de bactéries ;
a" Que les poussières seules pro\oquent l'éclosion de ces j bactéries ;
3° Enfin que l'air filtré débarrassé de ses corpuscules nor- ( maux est absolument impropre à peupler de bactéries les infu- A sions les plus altérable»
Dix ans après les travaux de M. Pasteur sur le pouvoir fé-
des i:
sières aériennes, le D' Burdon Sanderson se
livra, en Angleterre, à l'analyse microscopique des eaux de diverses provenances, dans lesquelles il trouva toujours de nombreuses bactéries. Dans plusieurs expériences, répétées avec les poussières de l'air, il obtint des résultats absolument négatifs, ce qui l'amena à conclure à l'absence des bactéries au sein de l'atmospbère. « Dans mes expériences, dît le D' Durdon Sanderson ('),j'ai fait voir que, quoique les cellules de to ru les et
(') Itinnoi Sameksos, Appenilij: ta ihe Thirt offifer of the Privy Council, for 1S71.
;/i(/i Repurl II) lluf mtdiçai
TRAVAUX DB M. TVNDALL. 87
de Pemcillium apparaissaienl toujours dans les liquides nutritilâ exposés au contact de l"air, celle exposition à l'air ne peut jamais y produire de bactéries. « M. Pasleiir et plus tard M. Tyndall relevèrent celte affirmation erronée. Si M. Sanderson, dit M. Tjndall avec raison, n'a pas trouvé dans l'air des germes de
bactéries, c'est que ce savant a fait uniquement usage de liqueurs incapables de favoriser l'éclosion des germes erranls des bactériens. Effectivement les liqueurs minérales sucrées, employées par le savant médecin anglais, sont tout à fait impropres au rajeunissement des schizophytes. Toutes tes liqueurs dites minérales ne sont pas cependant dans le même cas ; j'ai eu bien souvent l'occasion d'observer que, après cinq à dix jours d'exposition à l'air libre, la liqueur de Cobn se remplit d'espèces bactériennes variées si la température régnante est voisine de 1 5" ou supérieure.
Je ne puis m'étendre longuement sur les expériences de M. Tvndall, publiées depuis l'année 1876 dans de nombreux Mémoires et résumées dans un Ouvrage récemment édité en France sous le titre : Les microbex ('). Tantôt les résultats obtenus par cet auteur sont en conformité avec la réalité des faits, lanlàt au coniraire ils entraînent M. Tyndall à des conclusions inacceptables, ayant pour point de départ des résultats entacbés de causes d'erreur vulgaires qu'il est regrettable de voir méconnaître par un expérimentateur aussi babile.
M. Tyndatl ayant remarqué que les matières en suspension dans l'air d'une chambre close tombent graduellement au fond de la chambre en laissant derrière elles un a.\t optiquement pur, c'est-à-dire dépourvu de toute puissance dispersîve. pensa qu'un liquide putrescible, porté à l'ébuliition dans une portion d'espace privée de toute poussière, devait, après refroidissement, se conserver indéfiniment inaltéré. L'expérience vérifia ses vues; les liquides stérilisables sous la pression normale ne s'altèrent pas, ce qui était la confirmation pure et simple des résultats déjà
h8 nBAPlTRE iri.
obtenus par Sclirœder, Dusch et Pasteur. Répétées à une année d'intervalle, ces expériences, d'abord si concluantes, fournlreot à M. Tvndalt des résultats contradictoires à ce point « qu'au cours de mes expériences, dit-il, par suite des précautions, variations el répétitions faites en vue d'obtenir une confirmation des résultats, j'employai, dans l'espace de deux années, plus de dix mille vases n. Cette somme de travail si considérable guère proHté à la Science, car elle a conduit M. T^ndatl à proclamer deux erreurs graves ; i" la possibilité de détruire les germes des infusions par nne ébullition opérée à loo"; a" l'exiréme abondance dans l'uir des germes des schiïopL^tes. Cette seconde erreur était forcément la conséquence de la premièrCj comme j^auraî l'occasion d'^ insister dans un autre Cbapitre.
A l'exemple des expériences de M. Pasteur sur le Monlanverl, M. Tvndall ouvrit sur le glacier d'AlctscU 27 fioles de liquides stérilisés qui ne s'altérèrent pas el a3 autres fioles dans un grenier à foin, dont ai s'altéi-èrent. Ces essais, calqués sur dts travaux térieurs, méritent fort peu de nous arrêter. Je passerai de ménw très rapidement sur les travaux de Colin, Schœnauer, Koch, Hansen, Yung, etc., et sur les miens propres, en ajoutant cependant que, sur 80000 expériences effectuées dans le cours de mes travaux, pas une seule n'est venue démentir les aflirmalions de M. Pasteur, alors que beaucoup d'entre elles sodL en complète opposition avec les faits publiés par plusieurs pai^ spermistcs trop zélés, pour ne pas dire inexpérimentés,