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•I de l'Académie dei Seîenceti I
GËNËRATtONS SPONTUSÉES. gS
un grand nombre de faits obscurs el mal vus, s'amoindrissent au contraire et disparaissent en raison directe des progrès de la Science. La question des générations spontanées s'est trouvée dans ce dernier cas, en ce sens qu'elle s'est toujours circonscrite de plus en plus devant les lumières de l'expérience. >'
De son côté, alîn qu'il ne pût rester aucun doute dans l'esprit de crus qui l'accusaient de se refuser à porter un jugement sur la question des générations spontanées, le physiologiste Floucens ( ' ) s'exprimait ainsi au sein de l'Académie des Sciences :
>< Tant que mon opinion n'était pas formée, je n'avais rien à dire.
H Aujourd'hui elle est formée, et je la dis,
>i Les expériences de M. Pasteur sont décisives.
Il Pour avoir des animalcules, que faut-il, si la gi'mi'tation spontanée est réelle? De l'air et des liqueurs putrescibles. Or M. Pasteur met ensemble de l'air et des liqueurs putrescibles, el il ne se fait rien.
n La génération spontanée n'est donc pas. Ce n'est pas comprendre la question que d'eu douter encore. »
Néanmoins quelques hétérogénistes, confiants dans leurs expériences, demandèrent ù les répéter devant l'Académie des Sciences. Une Commission fut nommée; mais plus tard, sous des prétextes divers, ces mêmes expérimentateurs se dérobèrent devant la sanction des propositions qu'ils avaient eux-mêmes formulées. La Commission ne put donc contrûler que les expériences de Pasteur; elle déclara, par l'organe de Balard {^), son rapporteur, que " les faits observés par ce savant et contestés par MM. Joly et Musset étaient de la plus parfaite exactitude » . Reconnaître publiquement la vérité des faits avancés par M. Pasteur, c'était proclamer en même temps le peu d'esactilude de ceux apportés par ses adversaires. Ces liétérogénistes
(■) Flociiws, Compte.
l. LVII, p, S^ô.
(') BujBD, Comptes I. LX, p. 38'(.
j de l'Académie des Science.t, I de l'Académie des Sciences,
()4 CIIAPITBE III.
cherchèrent alors dans une autre enceinte un appui moral qni leur fut sévèrement refusé.
Beaucoup plus près de nous, le D' CharUon Basiian, déjéP. célèbre depuis 1870 par des publications hélérogéniques, pré-l tendit avoir trouvé un milieu favorable au développement spo»lané des bactéries. M. Tyndall, eOrayé du progrès rapide de cei doctrines dans l'esprit de ses compatriotes, institua pour leil combattre les expériences dont j'ai eu l'occasion de parler. Ilfl faut sans doute attribuer aux résultats si divergents obteniuS par M. le professeur Tyndall l'inspiration malheureuse qui vtntfl au D' Basiian de provoquer directement M. Pasiei terrain où la victoire lui était toujours échue.
D'après M. Bastian ( ' ), l'urine stérilisée par la chaleur, pui exactement neutralisée par une solution de potasse, constîtuaU^ un milieu créateur de bactéries- M. Pasteur (^) n'eut aucuiu peine à démontrer à son eontradicleur que l'urine acide bouilli .seconservant parfaitement limpide n'était pas réellement stérilijét et qu'en la neutralisant à l'abri de l'air avec une solution ulcalii parfaitement purgée de germes on modiGaït heureusement il puissance nutritive de l'urine acide et on la rendait propre a: rajeunissement des germes immobilisés, mais non détruits pu une ébiiUition de quelques minutes à la pression normale: fut étouffée ab oi-o celte nouvelle discussion sur rhétérogéDèse.
Est-ce à dire que la génération spontanée soit une cliiroèrc. que les organismes inférieurs sont nés de tout temps d'nn neuf nu d'un germe, et qu'à l'époque de l'apparition de la vie sur Terre des forces génératrices, qu'il n'est pas encore en nob pouvoirde connaître et donnéà notre inlelligence d'apprécier nature et le mode d'action, n'aient pu présider a l'organisatio primordiale d'êtres rudimentaires destinés à se perfe à se transformer et à progresser dans l'échelle de lu vie végét
(') BisTi*', Complet rendus des 1 I. tAWIII, p. 159,468.
(') rtiTEcii, Compiri rendus des , l. LX.\XV. p. 176.
I de l'Académie det Sdatct:
s de l'Acadcmie des Sci<oc*,
GÉ.>ÉBAT10KS SPONTATfÉËS. gj
et animale? Noq certes, les cspériences de M. Pasteur sont loin (l'avoir celle portée. Elles démontrent une seule chose, la difficulté de réaliser expérimentalement la genèse spontanée qu'on avait en le tort de considérer comme un fait facile à mettre en évidence. Les expériences do .M. Pasteur ont rendu un immense service à la Science, en dévoilant les causes d'erreur multiples qui attendent les savants adonnés aux études biogéniques ; les liétérogénistes de bonne foi l'en devraient remercier sincèrement. Ce n'est pas, à mon sens, par des expériences grossières, en plaçant par exemple de l'air et des liqueurs putrescibles dans des cornues de verre, qu'on aura la bonne fortune de reproduire les phénomènes qui ont vraisemblablement précédé et accompagné la venue des êtres vivants sur notre globe. Dans ces recherches d'une extrême délicatesse, il sera au moins indispensable d'imiter la nature, de mettre en jeu les agents que nous connaissons, et probablement beaucoup d'autres qu'il nous reste à découvrir. Donner l'étincelle de la vie à une masse protoplasmique est un espoir que l'homme peut caresser, mais où les déceptions qui l'attendent dans sa réalisation me semblent devoir être plus nombreuses et plus amères que les déboires des alchimistes livrés à la recherche de la pierre philosophale.
L'enseignement vraiment utile qui découle de cet historique consacré aux générations spontanées peut se résumer ainsi : L^s liqueurs nutritives ou putrescibles obtenues, soit par infusion ou décoction, soit au moven de dispositifs permettant d'aller recueillir les humeurs de l'économie au sein même des êtres vivants, ou encore d'utiliser les sucs exprimés des viandes et des végétaux, ne montrent jamais de bactéries, quand an les débarrasse des germes qui peuvent j préexister et quand oïl les aoustr^iit après cette opération aux ferments figurés répandus dans l'air el à la surface des objets en contact immédiat avec l'atmosphère libre. Tout fait contraire à ce principe, dont l'exactitude a été démontrée par M. Pasteur, doit mettre l'observateur en éveil, l'engager à redoubler de précautions, l'inviter à rechercher le côté défectueux de ses expériences, el alors
il trouvera certainement la porte par où l'erreur a dû se glisser. Comme on a pu en juger, la cause dMllusion la plus fréquente provient du défaut de stérilisation des liqueurs mises en œuvre ou de la destruction incomplète des microbes adhérents à la surface interne des vases destinés à protéger ces liqueurs contre les infections venues de l'extérieur.
I. — Micrococcus. — II. Bactcriums. — III. Bacilles. — IV. Vibrions et microbes
spirales.
Les organismes bactéries ont fait Tobjet de nombreuses classifications que je crois inutile de reproduire ici, afin d'éviter de compliquer l^exposition d'un sujet fort délicat à traiter; l'observateur adonné à l'étude des microbes aériens a d'ailleurs rarement l'occasion de recueillir les organismes si divers qu'on trouve rangés en colonnes serrées dans les essais de classification qui nous sont venus de l'Allemagne. Parmi les auteurs qui se sont livrés au labeur ingrat de grouper en familles distinctes les schizomycètes vivant à la surface du sol, dans les infusions putréfiées, les marais et les eaux courantes, il est toutefois juste de citer M. le professeur Cohn, de Breslau, Nœgeli, Davaine, Warming, Billroth, Schrœter, et les pères de la Micrographie des infusoires, Ehrenbcrg et Dujardin.
En employant les termes admis par la généralité des microbotanistes, on peut diviser les schizophytes de l'atmosphère en micrococcus, bactériums, bacilles et vibrions; chacun de ces genres peut être subdivisé en variétés dont les caractères n'onl malheureusement rien de spécifique. Je me contenterai donc de signaler, en passant, les espèces que l'on rencontre le plus fré- <{uemment dans l'atmosphère et qu'entrevoit, plutôt qu'il n'a lo loisir de les étudier longuement, l'observateur adonné à l'élude statistique des bactéries atmosphériques.