‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 14 sur 43 · I. — Des micrococCQS · texte numérisé non relu

I. — Des micrococCQS

Les niicrococcus, appelés aussi microcoqiies,' microspkèi-ei,: sphêrobacléries, se présentent ordinairement sous la forme dc cellules globuleuses privées de mouvements spontanés, mesurant des dimensions comprises entre - , — ' - j ^ et -—-^ de millimètre. Selon leur étal de jeunesse ou de vieillesse, les micrococcus ont l'aspect de cellules remplies d'un proloplusmu peu réfringent 01 de granulations brillantes entourées d'un cercle noir très accusé] souvent on les rencontre en globules isolés ou réunis par groupi de deux, trois, quatre et davantage. Naegeli a proposé de donna le nom de Chrnococctis aux micrococcus sphéritjues n'uvUll aucune tendance à s'associer régulièrement en grand nombre. La Jlg. 39 montre au n" i une espèce vulgaire de mîcroM s'ofTrant habituellement aux jeux de l'observateur par groupa de quatre cellules disposées en carré [Sorcina, Goods), très s< vent aussi agencées en cube au nombre de huit. On rencoDln aussi fréquemment, dans les infusions altérées depuis peu iIë jours, un micrococcus en cliaine monilifurnie ressemblant beai»* coup au ferment de l'urée étudii'' par MM. Pasteur et Van Tie^ gbem, mats se montrant absolument incapable de provor^uerk fermentation de l'urine. Il est beaucoup plus rare de rencoiH trer dans l'atmospbèrc le micrococcus en bâtonnets ou ccUulo cy\màt:\i\i\K& {Synei-hococcus, Njegeli) représenté au n" 3 ill \&Jig. 39. L'espèce dessinée au n" 2 est plus fréquente et l'o^ remarquera non sans quelque étonnemenl les aspects diven sous lesquels elle peut se présenter dans des cultures parfait» ment pures. Si l'on ne veut pas tomber dans ces excès regrefr tables pour la microbotanique, de créer sans cesse de nouvellei variétés d'organismes, il faut s'habituer, dés le début des éludât micrographiques, à se rendre compte des formes diverses qui peuvent adopter iransitoi renient beaucoup de microphjtes.

Une dilTérence de grosseur entre deux individus de la mèmr culture s'explique tri's naturellement, si l'on songe que les étt-

mCBOCOCCVB ATMOSPHERIQUES. 99

nières générations de microbes apparaissent dans un milieu peu propice à leur nutrition, c'est-à-dire dans un milieu épuisé, parfois empoisonné parles produit# d'excrétions des premières colonies de schizophvtes. Quanta la diversité des formes, elle dépend le plus souvent du mode de développement de l'organisme. Si

Fig.

MOÛOiamaru 1

là

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atniosphtjr

nous prenons, par exemple, un micrococcus ciroulairc se multipliant par scissiparité, on verra d'abord le globule sphérique devenir ovoïde, quelquefois cylindrique, s'étrangler, prendre la forme d'un sablier et enfin se séparer en deux globules ; si nous choisissons un élément de sarcine, la diversité des aspects de-

lOO CHAPITIIB IV.

vient presque InGoie, soil parce que telles cloisons avorleut, parce que ces petites algues se développent dans un espace trop 1 serré, et alors leurs éléments paraissent faîls de cellules c^lio- 1 driques, quadrangulaircs, triangulaires, cunéiformes; il ne faut 4 donc pas se hâter de conclure à la multiplicité des espèces vî-J vanl dans une infusion, avant de les avoir soumises â des cul-j lures séparées et d'avoir suivi leur développement sous le mi-1 croscope, comme c'est aujourd'hui Tusage dans les blioraloiret] de micrographie.

Le micrococcus du n" 4 de la figure précitée représente lt« forme la plus vulgaire de toutes les espèces aériennes reeueiUîesl au centre de Paris, au parc de Montsouris, dans les InVpitaat^ et les hahtlalions.

Les poussières de l'air renferment souvent des micrococcu] colorés ou chromogènes, purnii lesquels les plus fréquents s les micrococcus aumnliacus ou luteus de Cohn, le micrococcui jaune verdàtre dénommé chlorinui; le micrococcus pn giosus (Cohn), qui apparaît dans les conserves altéréf l'orme d'un dépAt rose carmin et dont la présence aurait constatée dans le lait devenu rouge en l'absence de toute Iésio»| pathologique de la mamelle.

A l'exception du ferment globulaire de l'urée, les microco< zymogènes, tels que le mycoderma acefi, le vibrion lactique d M, Pasteur, sont d'une extrême rareté.

J'en dirai autant des micrococcus pathologiques trouva par llallier, Coze, Feitz, Nepvcu et Cohn, dans le sang d malades. Les cobayes, que j'ai soumis par série de six à l'actia de micrococcus atmosphériques, n'ont jamais cessé de se b porter. Il existe cependant, à n'en pas douter, quelques mïc coques pathologiques : le micrococcus du choléra des poule de l'infeclion puerpérale, étudiés avec tant de talent par M. leur, et peut-être ceux de la variole et de la vaccine, enlw par Lunginbilhl, Cohn, Chauveau et Klebs; mais, soil à caiU de leur rareté ou de la difficulté qu'ils éprouvent à germer d les liqueurs employées à les recueillir, soît encore à cause d l'impossibililé où l'on se trouve de les faire agir sur des espèces

HICROCOCCU!' ATHOSPlIËRIQtIKS.

limales aptes à les recevoir, les

patl.c

iiqiie;

paraissent banois de l'air libre.

Avaol de passer â la description d'autres scliizomycèies, je dois ajouter qu'il n'est pas toujours aisé de distinguer les micrococcus des baclériuins, surtout de ces bactériums globulaires à peu près immobiles ou doui^s de niocivemenls de locomotion intermittents, se manifeslant à longs intervalles, si l'on n'attri-

e pas a

i bactériums la faculté de

rspc

ntanément,

et aux micrococcus la faculté négative d'élie toujours à l'état de repos. Celte réserve laite, la distinction de ces deux, genres voisins devient possible, mais elle repose sur un caractère de valeur scientinque à peu près nulle. La détermination obbg<5c et rapide des microbes éclos dans une multitude de conserves ensemencées pour les besoins des recherches statistiques peut seule justifier l'adoption provisoire de celte convention.

Parfois l'observateur sera 3u\ prises avec une difficulté beaucoup plus grande : un microbe globuleux, mais s contour plus net, se présentera dans le champ du microscope; un examen attentif le montrera se multipliant par bourgeonnement; est-on en présence d'un micrococcus ou d'une torule extrcniement petite de l'ordre des moisissures? Il faut en pareil cas recourir à des essais de culture, et presque toujours en portant le microbe dans du bouillon chargé deo^'jS d'acide sulfuriquc par hire. On le verra, s'il appartient aux lorulas, grossir beaucoup, se multiplier rapidement et acquérir l'aspect d'une petite levure alcoolique; la torulacéc qui végétait auparavant très péniblement trouve dans le bouillon acidiCé un terrain favorable à son développement, et dévore alors avec avidité les principes nutritifs de la liqueur, que les acides minéraux lui rendent d'une assimilation facile.

Enfin on est fréquemment appuie à examiner des dépôts accumulés au fond des vases d'ensemencements, contenant des décoctions graisseuses, ou des infusions diverses mal préparées. Ces dépôts blanchâtres sont quelquefois formés de cristaux microscopiques très reconnaissables ; plus souvent le précipité qu'on examine cstdA & une foule de granulations brillantes,

■rrégulières, sphériques ou bactériformes, moins aisées à difTih rencier au coup d'œil des micrococcus ou des vieu\ germes à bacilles et des vibrions. La culture, comme l'a dit Cobn, rend dans ce cas de grands services ; le dépôt, introduit en quantité infînitcsimate, avec les pri^caulions nécessaires, dans une liqueur nutritive mieux préparée et de composition identique à celle o il s'est primitivement formé, ne se reproduit jamais s'il e inerte et dû à la précipitation de substances albuminoïdes iii'^ solubles {pseudoOactén'es), tandis qu'il se refornac avec len mêmes caractères s'il est constitué parles cadavres ou les gerr d'un organisme figuré.

Des bactériums.

Les bactériums ou raicrobactéries constituent une classe de J scbizophytes se présentant au microscope sous la roriue de 1 bâtonnets courts, mobiles, isolés ou réunis entre eux au nombre J (le deux, quatre articles, rarement en plus grand nombre; ces J articles sont ordinairement plus longs que larges, mais on ek] trouve de globuleux, de renflés aux deux extrémités, comme ll3 fig. 4o en montre, sous un très fort grossissement, une espèof

i5oo diamètres.

commune développée dans les liquides nuiritirs à base de tartriM d'ammoniaque. Quand on a sous les yeux un organisme immo^J bile ayant l'apparence des bactériums, le premier soin doit étrCiT de constater s'il jouit de mouvements spontanés; pour ceU,.] selon le conseil très juste de plusieurs auteurs, il convient de

BACTeniuas atmosphEhiqi'es. io3

miner le microbe au voisinage d'une bulle d'air, dans une zone liquide où peut aisément aFdiier l'oxygène libre, presque toujours indispensalile à sa vie. Je dis presque toujours, parce qu'il esiste des baclériums qui vivent fort bien en l'absence de l'oïjgène çazeu\. M. Pasteur a le premier signali5 le fait remarquable de la vie sans air chez les algues inférieures, et proposé d'appeler (innôrohies les végétaux qui possèdent la faculté d'emprunter l'oxygène nécessaire à leur nutrition aux substances hydrocarbonéos. Dans ce cas exceptionnel, le mouvement des bactériums persiste longtemps dans le liquide des préparations, si l'on a soin de placer le microscope dans une petite étuve chauffée vers 3o".

Les bactériums se meuvent d'une infinité de manières, en ligne droite, en ligne courbe, en ligne brisée, en cercle, en hélice, tantôt avec lenteur, tantAt avec la rapidité d'une flèche. On les voit souvent tourner sur eu^-mômes suivant leur a^te longitudinal ou leur axe transversal; parfois ils effectuent un mouvement de rotation autour d'un point, en décrivant un cône à deux nappes. On comprend que ces mouvements particuliers au\ articles puissent produire, en se greffant sur des mouvements généraux de translation, une très grande variété de nintles de locomotion. Quand les bactériums abondent dans une infusion, îlsy simulent, en se croisant en tout sens, une sorte de fourmillement qui rappelle assez bien le spectacle curieux d'une fourmillière en émoî,

La fig. 4 1 montre quatre spécimens de bactériums atmosphériques : le premier se rapproche des micrococcus par l'apparence, et des bactt'riums par sa mobilité; le second pourrait servir de type à l'espèce ; ses articles adultes, longs de j^ à j^ de millimètre, possèdent environ XaSâ^'^ millimètre de largeur; il est aérobie et parait se confondre avec le bacterium lineola. de Cohn ; je l'ai assez fréquemment rencontré dans les poussières des hâpitaux. Le troisième a l'apparence du bacterium cntenuln de Dujardin ; l'air en montre plusieurs variétés; j'en ai, pour ma part, cultivé une qui a la singulière propriété de transformer en qiiaraate-huit heures (■''de soufre en acide sullhydrique par

io4

infusion de 4''' d'eau bouillie additionnée de tartrate d'ammoniaque et d'un excès de soufre. Ce baclcrium anaéroble s'installe J souvent dans les tubes de caoulcboue vulcanisé des conduites J d'eau, en rendant sulfliydrique au plus Iiaut degré l'eau qui séjourne seulement vingt-quatre heures. Comme j'ai eu i"bon-< ueur de l'annoncer à la Société chimique de Paris ( * ], de reanil commune mise eu contact, à l'abri de l'air, avec des morccnas f

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Bac [éri unis atmoîpboriquc

de caoutchouc infectés par ce microbe, se charge jusqu'à 60'" à 70" par litre de gaz hydi-ogéne sulfuré. A l'exemple à^M toute fermentation liée au développement d'un organisme vivant, J cette production de gaz est sujette à des variations, tenant sur' tout à l'apparition d'un microbe étranger, qui gêne le dév^ loppement du ferment; de d'acide suHiydrique produit devient toxique pour le baclériumn enfin la chaleur l'arrête et la prévient. Sommes-nous en présenci

l') P. MiocKL, Bulletin de la Société chimique de Paris, i. XXXII, p. V.

BÀCIËHlUlia ATXOSrUËHIQUEti. io5

d'un feiment spécifique? Je ne le crois pas ; les schizophytes capables de fournir de l'hydrogène naissant doivent également posséder la faculté d'hydrogéncr le soufre; mais, comme dans heaucoup de fcrmeoLations, communes à plusieurs espèces, il en i>st habiliiellemenl une qui a la propriété de faire fermenter les substances plus fortement que les autres, j'estime que le liactél'ium cité occupe ici un des premiers rangs, par la raison qu'il peut, mieux que beaucoup d'autres microbes, vivre et prospérer plus longtemps dans un milieu chargé de gaz sulfhydrique.

Je citerai à ce sujet une expérience fort curieuse, que j'ai longtemps montrée aux visiteurs de mon laboratoire : dans un ballon d'eau bouillie de 5'" de capacité, j'introduisais 5*' à 6*' d'urée artificielle, de la liqueur de Coho, des spirales de papier plongé dans du soufre fondu, plus deuxfcriiienls ■Aemicrococcus nreœ et le bactérium sulfhydrogtne ; au bout de quelques jours je pouvais retirer du vase 3^' à 4'"' de sulfhydratc d'ammoniaque SH.AzII*. La solution de ce sel incolore virait à vue d'œil au jaune foncé, quand on y dirigeait un courant d'air. Après plusieurs expériences répétées avec les mêmes rubans soufrés, ou pouvait voir le papier mis à nu sous l'action rongeante de l'bydrogène naissant combiné à ce métalloïde; j'insisterais moins sur ce fait, s'il ne paraissait pas réaliser, dans le laboratoire, le phénomène si fréquemment observé dans les cabinets et les fasses d'aisances mal leuues. Les hygiénistes me sauront assurément gré de leur signaler en passant les deux principaux microbes qui, en combinant leurs actions, produisent abondamment ce sulfbydralc d'ammoniaque, dont l'odeur infecte souvent les appartements insalubres, et même parfois ceux qui n'ont pas cette réputation.

Le bactérium représenté au n" 4 de la fig. \\ {p. lo.j) est un microbe d'une extrême petitesse; il faut accoutumer longtemps l'œil à la lumière du microscope pour le voir se déUcber en brillant ou en noir sur le cbamp rendu sombre ou lumineux ; on le trouve assez fréquemment en voie de développement dans Xa glu sécrétée par plusieurs micrococcus.

Schrœter a décrit un grand nombre de bactériums chromo-

■ d6 chafithe IV.

gènes, le bacterium xanthinum vivant dans le laît de vachel altéré, le bacterium syncyanum observi^ daaa le lait aigri, le I bacterium œruginasum dans le pus bleu verdâlre, c|ui ne sont j peut-être qu'un seul et même individu colorant dilTércmment 1 les liqueurs suivant leur état particulier d'alcalinîlê, de neutra- | lité ou d'acidité. Parmi les bactéries atmosphériques, il en «si une, la bactérie commune, déjà figurée à la page 102, qui communique aux liquides où elle s'est puissamment développée une fluorescence verdâlre très remarquable. Dans une thèse récente, M. Gcssard soutient, contrairement à Sclirœter, que l'agent producteur de la pyocynamine est un micrococcus qu'il a pu cultivw I dans la salive humaine, l'urine et plusieurs autres infusions. ]e ne vois pas pourquoi deux organismes, fort voisins d'ailleurs, n'auraient pas la même faculté, quand on voit certaines moi- 1 sissures, cultivées à l'état de pureté dans le sérum du sang incolore, lui communiquer une couleur indigo de la plus belle nuance, et dans d'autres cas une couleur sang de bœuf.

Les bactériums pathologiques sont naturellement Tort nombreux : Coze et Folu en ont décrit plusieurs; un seul semble devoir jusqu'ici a ttirer l'attention : ce serait un haclériuni vulg entrevu par M, Pasteur dans les eaux potables de Paris, et qnî aurait pour mission d'engendrer les abcès mélastatiques de l'ti l'ection purulente, quand on l'injecte dans les reines jugulain des animaux. Le rôle pvogénique de ce microbe demande e pour être bien démontré, un ensemble d'eupérîences qui ne L deroni pas, il faut l'espérer, k élre publiées.

Si la distinction d'un micrococcus et d'un bacterium présent» | .souvent de 1res grandes diflicultés. la difTérencialion d'un bac- { térium d'avec un bacille est encore plus malaisée : un bactérîim 1 â articles un peu longs ressemble tout à fait à un bacille i articles courts. Mon premier soin dans ce cas est de rechercher, i si l'espèce en bâtonnets fournit de ces spores brillantes, si fré' I quemment observées chez les bacilles; d'après les remarques laites jusqu'à ce jour, les bactériums n'en produiraient pas. £a J second lieu, on peut soumettre le microbe a une température I de 60"; s'il meurt, et se montre incapable de se rajeunir dans /

BACILLES ATN0SPHËIUQUE9. I07

une infusion semblable à celle où il est né, loul doit faire présumer qu'oD se trouve en présence d'un bacLérium. En dépit de ces indications, l'observateur se trouvera souvent dans le plus grand embarras.

Les bacilles (baciUi), dcsmobactéries (Cohn), bactéridies, (Davaine), leptolhris (Kuizing et Ch, Robin), vibrions (Ehrenberg et Pasteur), sont formés de cellules disposées en filaments rigides de longueur indéterminée, mobiles ou immobiles, et d'une largeur variant de -p^â -^^ el-j^ij^ de millimètre; les tilaments mous ondulants du genre vibiiv seront décrits dans un autre paragraphe avec les microbes spirales.

Dans sa dernière classification, M. le professeur Golm, de Breslau, réserve le nom de bacillus à un genre spécial de cellules cylindriques incolores, en (ilamenls minces et courts, et rapporte à d'autres genres les Ipptofhrix, les beggialoa, que plusieurs auteurs et lui-même ont confondus précédemment dans la tribu des desmobacténes. Tout en reconnaissant le bien-fondé de cette nouvelle classilication, dans laquelle ce célèbre microbotaniste s'est efforcé de rattacher les algues bactériennes aux oscillariées, je comprendrai cependant ici sous le nom général de bacilles tous les schizophyles en filaments dépourvus de chlorophylle, y compris les leplolhrix et les cladothrix (Cohn), si voisins des bacilles par leurs affinîiés, la forme de leurs spores, leurs mœurs et leur habitai, dans le but de passer rapidement en revue les bactériens répandus communément dans l'atmosphère et d'éviter au lecteur ta peine de faire connaissance avec des espèces microscopiques qu'il ne rencontrera vraisemblablement pas de sa vie parmi les poussières de l'air.

Les bacilles atmosphériques peuvent être gros, moyens ou grêles; leur largeur alteinl parfois -—^ à y^ de millimètre et descend souvent au-dessous de j^àe milbmétre; ils peuvent être très longs ou très courts, mobiles ou immobiles, faits d'ar-

I08 CBAPITHE IV.

tîcles parfailemenl recliligaes, ou apparaître en filamenU recourbés en tous sens, roulés en hélice (voir^^. 4^. P- i<â). Tous les bacilles aérobies paraissent posséder la faculté d'«cquérir des dimensions longitudinales démesurées ; l*une des conditions qui semblent favoriser le plus cet allongement excessif paraît être rimmobilité. Si l'oxygène a un libre accès dans une culture, le bacille la trouble uniformément, s'y montre très agile, relativement court, le phénomt;ne de scissiparité s'accomplissant sans génc; mais, si l'oxygène arrive péniblement à la surface de la liqueur, cette dernière est vile saturée d'a- . cide carbonique, et les bacilles, pressés les uns contre les autres, viennent respirer l'air à la partie supérieure de l'infusion; là, ik continuent à croître sans se mouvoir, forment uq laci$ impénôlrablp de filaments qui, à leur tour, se sectionnent et se résorbent en fructifiant. Toute Tehistence d'un bacille ne consiste pas à naître d'une graine, à devenir article adulte et à fructifier; ces êtres, placés dans des conditions de vie convenable, ont une période active caractérisée par la multiplication du bâtonnet adulte par scissiparité. La période de frucliflcalïon peut être prématurée, elle l'est même presque toujours, quand on. néglige d'enlever les produits de combustion ou de fournir au' bacille des éléments nutritifs suffisants. On peut donc expérimentalement provoquer la formation des spores des bacilles, en les privant d'oitygène ou en déterminant la mort lente des articles adultes par les antiseptiques, mais non évidemment en les luanl brusquement, car alors tout phénomène de vie CCS6e,. et les spores ne sauraient se former. Le meilleur moyen de se procurer rapidement des spores de bacilles me parait consister il abandonner, dans des vases scellés renfermant un peu d'air, une infusion nutritive chargée de microbes lîlamentciix.

Tous les organismes bacillaires ont-ils la faculté de donner naissance à ces graines réfringentes si bien connues de tous lu micrographes'? Je ne le croîs pas. Souvent on voit plusieurs espèces d'organismes en filaments s'amoindrir, s'étrangler el> se pulvériser en granulations possédant l'aspect des vieux micrococcus réunis en tas de forme et de grosseur irrégulières; dans-

BACaLES AtMOSPHtllIQUES. ICH)

ce cas, le diagnostic de resitèce me paraîE entouré de grandes difGcultés et ce que je pourrais ajouter plus bas ne sera pas de nature à éclairer ce sujet obscur.

I^s bacilles vulgaires possèdent certainement deux modes de reproduction : la reproduction par scissiparité, connue depuï:^ longtemps des microbotanisles, cl la reproduction par graines ou spores nées dans l'intérieur des filaments. La découverte de ce genre d'ovulation pav noyntix intérieurs est due à M. Pasteur; depuis, MM. Cohn, Van Tiegliem, Koch et tous les micrographes ont parfaitement reconnu l'existence des spores brillantes cbez la plupart des bacilles. M. Van Tiogbem a décrit avec tant de vérité les phases successives de développement de ces êtres nue je ne résiste pas au désir de reproduire lextuellemenl ses paroles : a Le développement d'un bacillus, ditce savant, comprend quatre périodes successives. Dans la première, le corps cvlindrique et grêle, récemment issu d'une spore, s'allonge rapidement et se cloisonne, les articles se séparant bientât ( B. sublilis) ou demeurant unis en longs filaments ( B. anihracis) : c'est la phase d'accroissement et de multiplication, deux choses qui au fond n'en font qu'une. Dans la seconde, les articles précédemment formés, ayant cessé de s'allonger et de se cloisonner, grossissent sensiblement en devenant le siège de transformations chimiques intérieures, et ce grossissement s'opère, suivant les cas, de trois manières dllférentes, avec des formes intermédiaires : tantôt il a lieu uniformément dans toute la longueur de l'article, qui demeure cylindrique; tantiHil se localise, soit à l'une des extrémités de l'article qui se renlle en fuseau : c'est la phase de grossissement ou de nutrition solitaire et simultanée, qui prépari' l'état suivant. Dans la troisième période, ou phase reproductrice, il se forme, dans chaque article ainsi nourri, une spore sphérique ou ovoïde, homogène, très réfringente, à contour sombre ; en même temps le protoplasma qui occupe le reste de la cavitr se résorbe peu à peu et y est remplacé par un liquide hvalin qui sépare la spore de la membrane; celle-ci se dissout à sou tour, et, finalement, la spore est mise en liberté. Si l'article est renflé en têtard, c'est dans le renllement terminal que la spore

CBAPITU tr.

1 fuseau

vers 9 point quelconque, mais le 1

prend naissance ; s

est cjlindrique, ce peut être

plus souvent c'est vers une extrémité. La spore, mise en liberté,

liîerme dans des conditions favorables ; en un point où son conlnur

pâlit, elle pousse un petit tube un peu plus mince qu'elle-même»,

qui s'allonge rapidement et se cloisonne. Celte quatrième pé-|

riode du développement, ou pliase germinalive, nous ram^ae'

ainsi à notre point de départ ( ' ). »

Les bacilles adultes sont, ai-je dît, privés ou non de mouvement; parmi cette classe d'organismes, la bactéridie cbarbo»neuse, découverte par Davaine vers i85o et étudiée p»; MM. Pasteur, Chauveau, Joubert, Roux et Chamberland, est un type remarquable des bacilles immobiles ; le bacillits sabtitù aérobie et le ferment butyrique anaérobie de M. Pasteur appartiennent au contraire à la classe des bacilles très mobiles. La mobilité cbe/. les bacilles s'accuse de maintes façons : lantâl le filament parcourt lentement en ligne droite le champ du microscope, lantîtt ce mouvement s'accomplit avec la rapidité de l'éclair, très fréquemment te bacille tourne sur lui-même en emportant dans sa rotation un ou plusieurs articles ; plus seo»' vent encore le bacille progresse en oscillant. Il y a quetqmB'l années, le hasard me rendit témoin d'un fait singulier, t^a\ seah bicrait démontrer l'existence d'un instinct rudimentaire cbei CCS algues inférieures. V.n un point d'une préparation se trottlait une plaque désagrégée de germes de bacilles; en dehorf (le cet ilol, j'apei'çu» un bacille arqué mesurant environ i5o'i ce microbe décrivait une circonférence complète ayant approsî^ mntiveroent, pour centre et pour rayon, la circonférence l'article vivant du bacille représentait plus du tiers. Arrivé sur tas de graines, le microbe fut arr<}lé dans son mouvement cîrct laire, rebondit au point de venir buter par son autre extrémité contre l'obstacle qui empiétait maintenant dans le champ de ses évolutions. Dans ma pensée, le bacille était airété j'allais abandonner l'observation quand le filament courbe,

r.a, Bult. Soc. Bot. tie Frai

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