ATMOSPHÉRIQUES. 1 I
adopté, pour y arriver, la cellule bumide, si simple et si ingénieuse, de MM, VauTiegliem elLemonnier, qui se prête à toutes
les exigences, quand t
. per,
; latéralement d'u
qu'on peut fermer et ouvrir à volonté avec une baguette de veiTe usé à l'émeri. Dans la Jîg, 43, représentant la coupe de
ce dispositif, celle baguette, parallèle à la lame de verry. doit, dans la pratique, s'y trouver placée perpendiculairement. Les chambres humides de MM. Van Tieghem et Lemonnier, garnies d'une lamelle soudée, par un mastic inaltérable au\ températures élevées, à la seclion supérieure rodée et ouverif de l'anneau , sont flambées, puis pourvues, par l'ouverture latérale, d'une ou plusieurs gonties d'eau stérilisée, destinées à maintenir l'air de la cellule dans un état de saturation absolue; alors, au moyen d'une pipette à eslrémilé capillaire recourbée, on porte le liquide nutritif (sérum sanguin, bouillon, urine, sucs végétaux, etc.) stérilisé sur la face interne inférieure de la lamelle, qu'on peuple, avec l'aide d'un iil de platine légèrement cintré à son extrémité, des germes et des microbes dont on désire surveiller l'éclosion, le développement, la multiplication, la fructification. Le bouchon de verre remis, le microscope est introduit dans une petite étuve maintenue vers 3o". Pour éviter la dessiccation de la goutte destinée à produire l'immersion, on l'additionne d'un peu de glycérine ou l'on emploie de l'huile de cèdre, quand on possède des objectifs
immergeanl avec ces divers liquides; les bons objecLÎfs à see, 1 (■■claires parla lumière d'une lampe à pétrole, peuvent siiflBrel <Ians la majorité des cas ; cependant je donne la préférence am J excellents objectifs n" ^ à immersion, constrnits par M. Nachet^ J il Paris. Je n'entrerai pas dans de plus longs détails sur une fuuk J de précautions à prendre pour éviter les insuccès ; l'élève lep moins intelligent peut vite passer maître dans ce genre de g culture, qui nécessite uniquement une certaine adresse maauelle. * C'est dans ces chambres liiimides qu'on peut semer, dans des milieux divers, les organismes douteux dont le classement embarrasse. Presque toujours l'espèce se manifeste alors sous un iispect qui la fait reconnaître, les déformations qu'elle présente étant d'Iiabiiude sous la dépendance de conditions anormales de culture. Récemment, l'un de mes aides, M. Besançon, chargé, a l'Observatoire de Montsouris, du labeur minutieux d'cxainitier ■ ■systématiquement toutes les conserves altérées par les poussièret^l lie l'air, vint me signaler un organisme très mobile (voir/ig. iG), J
éclos dans une conserve de bouillon de bœuf salé à 6'pour looi'l 11 possédait l'aspect des micrococcus, ne montrait aucun gemef brillant. Je pensais néanmoins avoir affaire à un bacille; eOectî- I vement, semé dans du bouillon de bœuf ordinaire, il reprit sa mes yeux la forme filamenteuse et donna des spores. Ainsi, voilà l'exemple d'un être qui, ordinairement formé de lon^ J articles mobiles, peut, sous l'influence du sel commun, perdn J lolalenientsa forme primitive, devenir méconnaissable à l'œil U I plus exercé, mais conserver intact le pouvoir de se mouvoir. Si |
BACtt.LES *T]Iospkëriqi;e<;. 19 1
ce bacille e&l été immobile, certaiDeinent je l'aurais pris pour un micrococcus eu chapelets. Est-ce lu un fait fie transi urmismc? ËviiJemnnent non : c'est un simple exemple d'accommodation il'une espèce à un milieu cloDoé. Je pourrais en citer bien d'autres, mais je préfïre insîslei' un peu plus longuement sur la faculté que possèdent quelques micrococcus de franchir les limites assi{;nées par les classinealions allemandes aux organismes de la tribu des glieogènes, dont les micrococcus vulgaires sont les genres microscopiques les mieux étudiés. Il est en effet digne de remarque de voir des glœogènes devenir momentanément ni' mato gènes, et des nématogènes passer transi toirement à 1 état de g/a-ogèncs. Il n'entre pas dans ma pensée de critiquer les travaux de M. Cohn, de Breslau : il serait, je crois, difficile d'apporter plus de soiit à TédiRcalion de l'œuvre délicate f)ui l'a si longtemps préoccupé; mais je désire avertir l'observateur novice des nombreux écueils qu'il trouvera semés sur sa route. Dans la classiGcalîon de M. Cobn, il pourra lire :
r> CeIJuies ri^unîfs en familles glaireuses amorphes à l'état de repos : M a. Membrane cellulaire confondue avec la substance inlra-ccllolairc.
!■ I" Cellules exemples de i)liycticlirOTnc, trè^ petites.
>i Cellules sphériqucs Micrococcus.
•> Cellules cylindriques .... Bactirium.
• .1* Cellules à pliycochrome, plus grandes, etc "
Ces caractères se rapportent effectivement à la majorité des microcoques; cependant il aura fréquemment devant les jeux des micrococcus, dont les cellules seront fdamenteuses, au lieu d'être sphériques, grosses et non petites; il est à présumer que, dans ce cas particulier, la classification de M. le professeur Cobn ne l'aura pas suffisamment prémuni contre les difTiciillés pratiques de la détermination des micrococcus. Ilexiste dansTair un micrococcus dont l'étude m'a vivement inlrigué, précisément è cause des transformations curieuses qu'il peut subir dans le cours de son existence : d'abord, comme la plupart des
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micrococcus , il se multiplie par scissiparité du globule qui forme son article adulte ; mais, dans des conditions favorables de température et d'aération, il quitte ce mode de génération pour en adopter un second. Un globule de ce micrococcus germe à
A, plaote adulte; II, cxcmpU D, rhapctct itvl
la manière des spores des mucédinécs et des bacilles, fournil ud mycélium droit ou, ce quî est plus ordinaire, contourné en tous sens. Ce tube mycélien, de i à i , 5 millième de millimètre d'épais-
BACILLES ÂTMOSPRSBIQL'ES. 133
seur, présente dans son parcours de nombreux renflements et se termine ordinairement par une têlc volumineuse. La yî^. 47 montre en A, sous uneainpltlicationde 1000 diamètres, ce mycélium à l'état adulte, c'est-à-dire sous la forme d'union^ leptOthri\ muni de renflements ampullaires. Pour ne plus le perdre de vue et assister à ce qui va suivre, fixons une de ses anses les plus remarquables, représentée en A {Jig- 48). Au bout de quelques
Fig. 48-
heures le tube contourné, non visiblement septé, se cloisonne di- —^ en j^ de millimètre cl présente l'aspect qu'il a en li, puis ne tarde pas à se réduire en articles bien distincts, dont les angles s'arrondissent et dont la partie médiane s'étrangle de plus en plus, de façon à simuler une cbuîne à la Vaucanson vue de champ. Ces articles, primitivement rectangulaires, se transforment chacun en deux globules qui restent accolés, quand le chapelet se détruit. Les renflements et les télés globuleuses sont de même envahis par la segmentalion cl passent à l'éLat de gros grains, 'dont le diamètre peut atteindre la largeur des globules du sang de l'homme. Ces grosses semences se retrouvent
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plus tard parmi les petites cellules isolées et accotiplées dont elle* sont les sœurs monstrueuses ; je n'ai pu encore, à mon granil regret, provoquer leur g'ermination; elles sont toujours pourvau d'un proloplasma diUns, sans granulalious visibles, ce qni pernU de les distinguer facilemeni des cellules de levures, des conidil et des torules. Les phases de multiplication de celte csp^ peuvent être étudiées à la surface des cultures oit l'air abond( soit sur une goutte d'urine, de bouillon ou encore sur la liqueg minérale dite de Gohn. Je n'ai pas besoin de l'aire ressorti l'analogie saisissante qui paraît exister ici entre ce mode d multiplication des micrococcus et celui des bacilles ; comme! spore d'un bacille, la graine du micrococcus s'allonge ind<!fini ment, puis se segmente transversalement et se résout en articles» Ce fait, que j'avais publié dans V Annuaire de Monlsouris pouf l'an i88u, loin de venir en aide aux partisans de la mutubitilj des espèces, vient, au contraire, mettre en évidence les diflicultJs très réelles qui entoureront la démonstration du transformisi] des bactéries, jusqu'au jour où la Science possédera les mom graphies détaillées de ces algues inférieures.