‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 22 sur 43 · I. debœufneutr., plâtré CI salé au yjj · texte numérisé non relu

I. debœufneutr., plâtré CI salé au yjj

p) de bœuf neutralisé cl salé au Tûô .... 7,10

Devant ces données numériques, il est inutile de faire ressortir combien seraient différentes les statistiques de deuxobsemleurs, dont l'uo emploierait les infusions de foin et l'autre Ir bouillon de bœuf salé ; le premier trouverait 1 germe de bactérir là où le second en compterait 200; mais ce qui ne peut échapper à l'attention du lecteur, c'est l'accroissement de sensibilité qw

SENSIBILITÉ DES LIQUEimS. igi

subit le bouillon de bœuf, quaud nn l'addiLionnc d'une faibliquantité de sel marin cristallisé et parfaitement pur.

Dans mes essais sur la fabrication d'un bouillon type fort sensible aux germes des sédiments atmosphériques, j'ai été appelé à examiner l'action du sel marin sur le rajeunissement des microbes ; ce sel antiseptique à haute dose, utilisé journellement par l'industrie pour la conservation des viandes et des poissons, me paraissait a priori devoir diminuer l'altérabitité des liqueurs. L'espérience fut faite néanmoins et ses résultats fureni

Fîg

îli

3o fco 5o 60 711 fia 9a ux> uo un i3a iko i5o

loD du sel mario sur la pulrcscibiliti^ du bouitlou de l)ccaf.

des plus remarquables : le chlorure de sodium, loin de gêner l'évolution des germes microbiques, la favorise à un haut degré. Les schizomycèles, comme les globules du sang cl beaucoup d'autres cellules animales, aiment le sel quand il leur est dispensé avec mesure. Après de longues recherches poursuivies pendant quinze mois, je suis parvenu à établir graphiquement la courbe qui indique les variations de sensibilité du bouillon, quand on l'additionne de quantités croissantes de sel. La ligne des abscisses du diagramme {Jig- ti5) représente le poids de sel

19I CHIPITHE VC.

ajouté par lilre au bouillon de bœuf, les ordonnées verticale degré de sensibilité calculé par rapport au bouillon Liebig. doi la sensibilité est supposée égale à i. On voit d'abord la s biliié du bouillon de bœuf, voisine de 4i s"éiever pronipteineni jusqu'au delà de 7, quand la dose de sel va de y>' à 8^' par Uire puis décroître rapidement quand le poids du chlorure de s est porté à i5*'', 20^' et So^'^par 1000'''^ de bouillon. Fait qui p vait être prévu, il exisle un bouillon salé dont le degré d'allé billté égale celui du bouillon de bœuf sans sel : c'esl le bouilld de bœuf où l'on a fait dissoudre environ iS^' de cblorure i sodium par lilre; à partir de ce point, le sel agit comme antise| tique, en fournissant un segment de courbe parabolique (?) à Cl vexité dirigée vers le point d'entre-croisement de la ligne <i abscisses et des ordonnées.

Les liquides animaux, les substances d'origines animales Q végétales, les albumines, les jus de viande, les sucs de fruits d des plantes herbacées ont également un degré de sensibilité foï| viiriable <') l'égard des germes des bactéries.

s stérilisées par fiUrt

• le plaire à la tcmpéralM

Dofru

^•lB^c d» llquIU"!. iriJMnMIIII

Albuinioe d'iEufs étendue o,aa

Urine normale o. jo

Urine normale neutralisée <>i9o

Rouillon Liebig stérilise â no° i,t>o

Urine normale étendue d'eau au\ trois quarts. i.i!o

Sérum de sang de bœuf étendu 5, 30

Suça de fruits (raisins, fraises) neutralisés 9,So

Suc de choux dilué 1 1 ,00

.lus de venu i3,îo 0,071 I

Après lu liqueur minérale de Cohn et les infusions de l l'eau aibumineuse préparée en dissolvant un ou deux blaiM d'œuf dans i''' d'eau commune se montre un des milieux V moins sensibles aux germes des schizopliyles. Rien ne puuvi faire prévoir à l'avance un semblable résultat, et l'on 1

SENSIBILITE DES LIQUEUBS.

encore s'élonner de voir une subslance d'origine animale, riche en étémenls hydrocarbonés, azolés et minéraux, occuper dans la liste des liqueurs allérables un rang fort voisin des solutions minérales absolument dépourvues de principes protéîques. L'albumine d'œuT, cinq fois environ plus putrescible que le liquide de Cohn, est vingt-cinq fois moins sensible que l'albumine de sang de bœuf.

Les urines normales non chauETées ne sont jamais bien altérables; en les neutralisant à la soudn caustique, on arrive cependant à doubler leur pouvoir nutritif envers les germes des baces, pouvoir d'ailleurs fort variable, même quand on prend la précaution d'emplover un mélange d'urines puisées à différentes sources; les chiffres publiés plus haut expriment surtout les résultats moyens de nombreuses séries d'ensemencements effectués depuis cinq à sis ans. On augmente peu le degré d'altérabilité des urines normales stérilisées à froid en y dissolvant parlitre quelques grammes de plasma sanguin, ce qui parait tenir à la persistance dans ces liquides de principes antiseptiques dont l'action reste toute-puissante. On exalte, au contraire, considérablement la sensibilité de ces mêmes urines en les étendant de plusieurs fois leur poids d'eau. Une urine de densité voisine de 1 ,018, étendue au point d'accuser une densité comprise entre i ,oo5 et 1 ,004, devient trois et quatre fois plus altérable, ce qui résulte évidemment de la dilution des substances antiseptiques contenues normalement dans ce liquide animal.

Le sérum du sang, comme on devait s'y attendre, n'esl pas doué d'une grande altérabilité ; car, si celte humeur de l'économie est destinée à porter £k la périphérie de l'organisme les produits de la nutrition, elle est également chargée d'amener dans un groupe d'appareils excréteurs les produits de désassimilatioa de nos tissus, parmi lesquels on compte beaucoup de sels cristallisés et plusieurs substances vTaiscmblablemeni impropres à la nutrition de cellules, puisque l'organisme se hâte de les expulser. Quoi qu'il en soit, le bouillon de bœuf salé dépasse en nutritivité le sérum du sang de bœuf.Les sucs neutralisés des fruits, des plantes «UGculeDles occupent généralement un rang élevé dans ie groupe

iq6 cuafitre ri.

des liquides fort sensibles aux. bactéries atmosphériques ; le sucJ laitue, et surtout le suc de choux que j'ai longtemps étudi<^, environ onze fois plus putrescible que le boiiillon Liebig, pour terme de co m parai son. Enfin les jus de viande, notamm le jus de veau, possède un degré d'altérabilité supérieur â c des liquides mentionnés plus haut.

La sensibilité des milieux nutritifs à l'égard des gcn mospbériques s'accuse, non seulement en esallanl considlïraM ment les résultats de la statistique des bactéries, mais encore 4 modifiant les proportions dans lesquelles les divers microphvl sont recueillis. Normalement, le bouillon Liebig décèle du l'air du parc de Monlsouris ^4 mtcrococcus, i8 bacilles et 8baetériums; en employant un autre liquide, cette proportion peut changer ou rester sensiblement la même ; les deux Tableaux s vants ont été dressés ù l'effet d'établir ces différences.

Tableal- J. — Delaii

isibiliti généraUmenl obtui

ivec des liijut

Mi

Bacilles

Bactériums. . .

Totaux . .

Tableau 11. — />^ la nature des microbes récollés avec det tiyui pourvus d'un degré d'altérabilité généralement élevé.

Bacilles cj

Baclàriutna 3a

Totaux loo

La quantité de bactériums indiquée dans leTablcaulI est (ro<^ ou quatre fois supérieure au chifire de ces mêmes organisme?

CL'LTUBES A L ÉTAT DE PUHETÈ. I97

inscrits dans le Tableau I; la caraclérisliquc de la scnsibiHti^ d'une liqueur nutritive parait donc résider dans la faculté qu'elle présente de favoriser le rajeunissement d'une classe spéciale de microbes : les bactériums, doués d'une très grande fragilité, d'une faible résistance à la chaleur, A la dessiccation el aux antiseptiques.

- Des caltares des bactéries à l'état de pareté.

Je parlerai exclusivement ici des cultures à l'état de pureté des microbes atmosphériques : les préceptes qui s'appliquent d'ailleurs à celle partie de l'élude des organismes soulevés dans l'espace par la force du vent s'appliquent avec la même rigueur à l'étude des bactéries pathologiques. Grâce aux enseignements de M. Pasteur, la culture d'une espèce microscopique est devenue une opération banale de la Micrographie; je fais évidemment allusion aux cultures ordinaires, qui ne réclament pas l'emploi du vide, de températures rigoureusement constantes, de liquides spéciaux, etc., en un mot, de conditions particulièrement difficiles ;\ réaliser, auxquels cas l'observateur inexpérimenté a souvent quelques difficultés à mener à bien une opéralion de ce genre.

Soit le cas le plus simple : l'obser>'ateur est en possession d'une culture mère absolument exempte d'atitres organismes ; il veut perpétuer cette espèce on en obtenir plusieurs générations. Pour cela, il sufGl d'introduire une gouttelette de la culture mère dans des conserves stériles, maintenues à l'abri des impuretés atmosphériques. Plusieurs auteurs transporlent le liquide infecté de l'infusion malade à l'infusion saine au moyen d'un tube capillaire flambé; j'emploie pour ma part un simple fd de platine rougi au préalable ; au bout d'ui et même de quatre heures, les bactérie

nombre dans le liquide où elles ont élé semées ; d'amrefois, c'eslauboul de quarante-huit heures on même de trois jours que se manifeste le trouble ou le dépôt, indice certain de la réussite de

jour, de douze heures apparaissent en grand

l'opération. Les insuccès observés dans ces expériences peuvenlfl tenir à plusieurs causes : à l'infertilité du terrain dans lequel on J tente le rajeunissement du microbe, à la mort des organismes dai la culture mère et aux erreurs qui ont pu se glisser à l'insii dej l'observateur dans le cours des manipulations.

Il existe beaucoup de liquides où tels bactériens ne peuventl pas se développer; le bacille de la fermentation ammoniacale neï :TOÎt pas dans le bouillon Liebig; un grand nombre de bacté-l -iums, de microcoques ne peuvent jamais se développer dans te T liquide de Cohn, les infusions de foin, de carottes, d'albumine- 1 d'œuf, etc.; le moment le plus favorable au succès de cesJ transplantations d'espèces d'un milieu dans un autre paraît étrft 1 celui où la bactérie est à l'état adulte dans toute sa vigueur; alors 1 elle continue souvent à se multiplier par scissiparité dans un liquide où ses semences n'auraient germé qu'avec la plus grande difficulté, si même cette germination eût été possible. D'autres fois, quand la culture est un peu vieille et quand une fermentation ou une putréfaction énergique a répandu dans la liqueur I des principes toxiques pour les bactéries et leure graines, l'espèce est promptement tuée ; la culture perdue est uniquement peuplée J de cadavres : c'est ainsi que périssent fort rapidement les schiso- I mycètes des fermentations ammoniacales, sulfh^driques, les sac- 1 cbaromycèles des fermentations alcooliques, alors que d'autre» î] bactéries peuvent rester ensevelies pendant plusieurs ann' dans les liquides altérés sans perdre leur vilalité J'ai en ma po*- i session de l'eau de la Seine renfermée depuis 1877 dans des bal-| Ions scellés, qui se montre encore aujourd'hui capable de fécoadei les infusions à la dose d'une simple goutte. M. Pasteur a parié'l de corpuscules germes de la bactéridie charbonneuse Iroové» J pleins de virulence après une période de douze années. Lors du J percement de l'avenue de l'Opéra à Paris, j'ai trouvé, dans Ici canal médullaire du fémur d'un être humain enseveli depuis (dth sieurs siècles, des bacilles vulgaires dont le développement de-4 manda seulement trente-six à quarante heures; enfin M.le profe» seur Van Tieghem a découvert de son côté des amjlobaclers dans» des tiges de végétaux pélrifiés; ces bacilles, également pétrifiés, j

CL'LTUMs A l'Etat de pureté.

n'étaient pas éviileinmeQt rajeunissables, mais on les y voyait aux diverses phases de leurdéveloppement, ce qui faisait assister, après plusieurs milliers de siècles, à un phénomène de décomposition des substances organisées, facile à provoquer encore de nos jours avec les mêmes microbes. Cependant il e\iste plusieurs genres de bactéries communes dont la résistance au temps el d la dessiccation ne dépasse pas une période de six mois. M. Pasteur a vu le baciltus anthracis incapable de vivre plus de six jours à une température de 4 9''-43°. Les conditions de culture ont donc aussi une grande influence sur la vitalité des microbes. Il reste sur ce sujet bien des études iuLéressautes à entreprendre et de nombreux problèmes à résoudre.

Pour introduire dans un milieu nutritif stérilisé une gouttelette d'une culture mère destinée à le peupler, on est, dans les cas habituels, obligé de laisser la culture au contact de l'air pendant au moins une dizaine de secondes ; à ce moment le liquide, jusque-là vierge de toute impureté atmosphérique, peut recevoir des semences étrangères apportées par les courants d'air, toujours nombreux, déterminés par les mouvements de l'observateur, les appels d'air froid provoqués par les becs de gaz voisins du lieu où l'on opère.

Pour M. le professeur Tjndall, nos plus grands expérimentateurs n'ont pas alors « même la notion du danger que courent les infusion »; cette notion est fort aisée à calculer : il suffit pourcela de placer auprès des vases à culture, laissés ouverts dix secondes, des vases de même ouverture, qu'on laisse largement béants pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, puis de compter, par un procédé mentionné plus bas, le nombre de microbes qui sont venus se perdre dans le vase. Au laboratoire di- Montsouris, c'esiâpeu près toutes les six minutes qu'un vase ik col ouvert, de o"',oio de diamètre, reçoit un mici-obe rajeunissabli; dans le bouillon de bœufsaJé: on peut donc, dans l'intervalle de la chute de deux germes, ouvrir el refermer quarante va ses, sans constater un cas d'infection par les microbes aériens. Si l'ouverture du vase a un diamètre cinq fois moindre, comme cela existe dans mes appareils à culture, la chance d'infection devient de 77^ :

QOO CHAPITHE VI.

telle est la notion exacte du danger que eoureni les milieux ntiiri^ liis. A côl« de celle cause d'erreur si faible, il en existe une se- J conde un peu moins négligeable, mais tout ausiii aisée à calculer; 1 quand on transporte la gouUelette, attachée au fil de ptatiae, dftl la culture mère à la conserve stérilisée, le fit décrit dans l'air u solide à trois dimensions représentant fort exactement le vc lume de l'air déplacé par ce fil. Supposons que ce solide ait ©""lOOi d'épaisseur, o^.oa de hauteur (longueur du fil supposée immergée) et o",a5 de largeur; de plus que tous les germes contenus dans cet air se soient fixés sur le fil de platine etla goullelelle et soient semés dans l'infusion : au laboratoire de Montsouris i''' d'air renfermant, en chifi're rond, trois microbe* rajeunissables dans le bouillon de bœuf salé, le volume du solide J désigné étant égal à 5", l'infection pourra se produire une foil | sur soixante-dix; si l'on opère dans le parc de Montsouris, ce s une fois sur quatre cents. On me pardonnera d'avoir opposé aux I conceptions si hasardées de plusieurs savants ces quelques faits, | pointilleusement exacts.

Les vases à culture des espèces haclériennes à l'état de J pureté peuvent revêtir les formes les plus diverses; ils doivei cependant remplir deux conditions essentielles, ahsolumenl in- J dispensables : mettre le liquide nutritif à l'abri des poussière» J extérieures pendant toute la durée de l'expérience et penneltit 1 à l'observateur de puiser aisément, dans la conserve infestée dfrl microbes, des fractions de liquide destinées, soit à des exameuj microscopiques, soit à des inoculations, soit encore i de nocveaux élevages de microbes, sans exposer le milieu antritif i J l'action de causes d'erreur plus grandes que celles dont il vieBtl d'être fait mention. Ordinairement ces vases doivent Ôtre C slruits de façon à permettre à l'atr pur d'afHuer à la surface dl] milieu nutritif.

Dans ses recherches sur la fermentation et les cultures j| l'élat de pureté des mucédinées. M, Pasteur a employé le b qui porte son nom, représenté dans la Jig. 66: c'est un \ sphérique de la capacité de o''',5, pourvu de deux tubuJni l'une est étirée en un long tube capillaire recourbé vers le si

CULTURES A l'état DE PURETE. 301

l'autre, grosse et recLÏligne, est terminée par un bout de tube en caoutchouc dans lequel glisse un bouchon de verre; le ballon chargé de liquide nutritif est porté à l'ébullïtion ; on laisse pendant plusieurs minutes la vapeur s'échapper par le col droit, puis on le ferme avec le bouchon de verre flambé : la vapeur privée de cette issue s'élève alors dans la seconde tubulure, parcourt le tube étroit eu col de cygne, à l'extrémité duquel elle

Fiij. G6.

Ballon de H. Pasteur.

s'échappe en stfilant. Au bout de quelques instants, on retire le feu, l'air rentre en déposant le petit nombre de germes qu'il renferme, dans le tube capillaire trempé de vapeur d'eau condensée. Cet appareil peut être utilisé avec les liquides slérilisables à l'ébullition sous la pression normale, comme le moût de raisin, le moûl de bière houblonnée, et en général avec les sucs et les liqueurs forlenienl acides, c'est-à-dire peu favorables au développement des schizophytes. Pour semer dans le ballon Pasteur une espèce microscopique, ou en retirer un organisme en voie de croissance et de multiplication, on enlève, après l'avoir rapidement flambé, le bouchon de verre adapté au caoutchouc, on porte l'espèce au contact du liquide stérilisé au moyen d'un (il métallique chauITé, ou bien encore on prélève une portion de

liquide du ballon deslioée à provoquer de nouvelle» fertnenU lions; puis le bouchon de verre passé par la flamme efil de noti< veau introduit dans le lube de caoulchouc.

Pour la première fois, en 1876, M. Pasleur a donné la descripi lion d'un second vase à culture destiné primitivement à modifti à l'abri des poussières de l'air les liquides nutritifs stérilisés, pag l'addition d'un principe chimique tenu dissous dans un'véhicul également purgé de germes. Cet instrument, dont le dessin est n produit dans \ajîg. 67, est fait d'un tube eu U renversé dont les

de M. Pasteur.

deuv extrémités sont fermées et pourvu îi la partie la plus élevée 1 de .sa convexité d'un petit tube ouvert j^arni d'un tampon dr ouate. A la partie supérieure latérale des branches du lube en U renversé sont étirées deux pointes effilées et recourbées en bas. Ces pointes scellées, l'appareil est passé au fourneau ii gaz. Plus tard, alternativement cassées et fondues, elles permelleul d'întrO'l duire dans l'appareil deux échantillons d'un liquide chauffé tiV préalable ^ 11 5°. Je ne veux pas médire de cet iiislrumeni, n il me parait peu commode pour les expériences courantes ; le U-«] quide d'une des branches est affecté à la reproduction des 1: crobes ; l'autre est, à mon avis, bien inutilement conservé com témoin, car le tube témoin peut rester limpide, alors que U cuUui

CULTl'HKS A l'état DE PLHETÉ, ao3

a été accidentellement infectée, et quelquefois la culture peut être pure, alors qu'un germe apporté par le hasard peut avoir déler-

né l'altéraliou du contenu du tube dit témoin.

Pendaat quelque temps j'ai fait usage, à l'Observatoire de Montsouris,pour cultiver les microbes, de matras scellés à la pression ordinaire et portés ensuite à iio" avec le liquide nutritif dont ils étaient chargés. Quand je voulais ensemencer une espèce,

j ouvmis la pomte capillaire d

(, je portais le microbe

dans le liquide et il ne restait plus qu'à fondre de nouveau cette évidemment un libre accès à la surface de la liqueur, mais il restait toujours assez d'oxygène (le matras étant seulement pourvu du tiers de son volume de liquide stérile) pour favoriser l'éclosion et la multiplication des bactéries. Autant le tube en U renversé de M. Pasteur est compliqué, fragile, difficile à utiliser dans les opérations usuelles, autant le matras de ce savant, décrit, je crois, pour la première fois dans la thèse de M. Chamberland (yî^. 68), est simple, commode.

' aisé à manier par les mains les moins expertes : cela explique la vogue dont cet appareil ingénieux jouît aujourd'hui et son adoj>tion dans tous les laboratoires français de micrographie, où l'on s'occupe de l'étude des microbes communs ou pathologiques. Le

Imatras Pasteur a la forme du flacon soufflé employé en Physiqu<^ r prendre la densité des corps solides ou des substances pulvé-

ao4 CHAPIIHE VI.

risées; il en diOïre seulement par cette particularilé que Ifi bou' chon, au lieu de s'engager dans le col et d'être usé estéricureincnl à l'émeri, est usi"; intérieurement et recouvre ce col à la manière tli capuchon d'une lampe à alcool; dans le tube qui surmonte bouchon, on place un tampon de ouate a. Le maniement di petit appareil ne demande pas un long apprentissage ; le vase slé-' rilisc est rempli, avec le secours d'une pipette flambée, d'un liquide privé de germes, abandonné à l'étuve et mis en usage, s'il ne présente aucun signe manifeste d'altération après cet

Pour ma part, j'use depuis longtemps du petit ballon soi représenté dans la fi,g. 69, formé d'un tube à boule, à brai

Fia- 69,

Tube h boule dï^pnsË pour la culture des microbes, au ; de grandeur.

inférieure relevée en haut et laissée rectiligne : c'est par la poiatff a cassée que se font les ensemencements au moyen du fil Jr platine rougi, les prises et les additions des liquides au mo^eo de pipettes à extrémités efClées ; l'air afllue dans la conser\e pw la branche ouverte, garnie d'une bourre do colon deverre. La mise en expérience de cet instrument est un peu moins élémenta que le maniement du matras Pasteur; il a cependant pour avi lages de pouvoir être chargé de liqueurs nutritives en

CULTURES A l'état dk puretë, ao5

temps, de se prêter aux cultures dans le vide ou daas diOereots gaz, surtout de pouvoir être mainLenu à des températures rigoureusement constaotes, quand on le plonge dans un bain réglé, après l'avoir lesté d'une masse de plomb, et enfin de diminuer les erreurs dues à la cbute des poussières extérieures.

Dans plusieurs laboratoires de l'Allemagne, on emploie de^ vases à une seule ouverture de la forme de bulles de pipettes de M. Tj ndall, utilisées, il v a bien longtemps, par M Pasteur ( ' ) pour étudier l'action de l'oxygène de l'air sur le vin. Ces vases cylindriques tubulés sont pourvus de liquide et d'une bourre de coton, puis soumis dans un autoclave à l'ébullition sous la pression d'une demi-atmosphère, c'est-à-dire d'une température voisine de 1 10"; à ce degré de chaleur, la stérilisation est. évidemment parfaite, mais ce qui cesse d'être parfait, c'est renlèvemenl de ia bourre, toutes les fois qu'on veut semer une espèce, ou retirer une portion de liquide; les causes d'erreurs viennent alors en foule vicier les résultats; dansées conditions, je comprends sans peine que M. Bucbner, de Municb, ait pu trouver le bacillus subtUis\k oii il avait semé le ftoci7/«s antttracis. D'ailleurs ce système de ase à culture ne peut être employé à la culture des microbes dans les liqueurs stérilisées à la température ordinaire : ces raisons diverses doivent donc le faire rejeter sans regret.

Quand la culture mère mise à la disposition de l'observateur renferme d'autres bactéries à c6lé du microbe dont l'obtention à l'étal de pureté importe seule, il est souvent nécessaire d'éliminer ces organismes parasites, qui peuvent gêner le développement du microbe principal, l'étouffer et le faire perdre au bout de quelques jours. Le contraire peut évidemment avoir lieu, mais ce n'est pas le cas le plus fréquent ; on dcit alors recourir à un procédé général de séparation qui donne toujours d'excellents résultats quand il est bien appliqué.

Une goutte de la culture impure est délayée dans 3o" à 4*»"' d'eau stérilisée, versée dans une espèce de matras Pasteur {fis- 7°) "^ont la tige du bouchon est pleine, au lieu d'être creuse.

ao6 CtlAPITIlE VI.

L'eaiiest violemment agitée, puis i" ou o",5 de celte dilution est ajouté à une nouvelle quantité d'eau stérilisée, également placée dans un second matras : nouvelle agitation du liquide, puis nouvelle addition d'une iniDime fraction de cette seconde dilntion dans un troisième matras chargé de 3o" à 4o" d'eau stérilisée: enfin cette eau, peuplée de germes très espacés dans sa massCi'I est ensemencée à la dose d'une goutte ou fraction de goutte daid

Fig. 70.

inruMons; A, ampoule d'eau stérili appareil au { de grandeur.

dix, Vingt ou trente conserves dont quelques-unes s'infeste sous l'action des microbes de la culture primitive; souvent € microbes croissent séparément ù l'étal de pureté, et aloi trouve en possession d'un ou plusieurs milieux vierges d'orgi nismes étrangers. Si l'espèce spécialement cultivée est un baciUcg accompagné de bactériums et de micrococcus, on peut se débi rasser de ces derniers bactériens avec le concours de la chaleur^ Une goutte de la culture est introduite dans une ampoule privfc de germes, puis maintenue environ pendant une heure vers loo'.fl Les micrococcus, les bactériums et les spores des habituellement incapables de résister à cette chaleur sont détruit3,4 i\ l'exception de la majorité des germes des bacilles qui pei alors se rajeunir dans les liqueurs nutritives, en l'absence deS'l schiEophytes auxquels ils étaient d'abord mélangés. Il est biea I moins aisé de débarrasser les microcoques et les baclériumif des bacilles; la chaleur n'est plus ici utilisable. On a, îl estvrsi) I parlé de favoriser exclusivement la germination d'une espèce «

CULTUBES A L ÉTAT nR Pl'HETfi. 307

détriment des autres par l'emploi de liquides spéciaux; mais ce moyen n'csl pas pratique, car une foule de microbes vulgaires s'accommodent très bien de la même nourriture el du même genre de culture- On pourrait cependant séparer les ôtres anaérobies des êtres aérobies avec le secours du vide, certains microbes patbologiques des microbes communs, par leur inoculation aux êtres vivants ; je crois même que cela a déjà été fait par M. Pasteur. En tout cas, la méthode générale exposée plus haut paraît seule à l'abri de tout reproche.

La numération des germes atmosphériques opérée d'après la méthode décrite à la page i-ô, c'est-à-dire de façon à déterminer une fois sur deux ou trois l'infection des liquides nutritifs des conserves mises en cspéricnce, semble tout d'abord garantir, dans la plupart des cas, la pureté des microbes récoltés dans chaque petit ballon altéré; il n'en est rien cependant, et je suis loin de conclure à la pureté d'une espèce recueillie dans ces circonstances, alors meute que le microscope accuse une seule espèce de microbes, et voici pourquoi. Pour fixer les idées, considérons deux séries de conserves ensemencées par les poussières aériennes, les unes de bouillon Liebig, les autres de jus de viande; pour obtenir l'altération du bouillon Liebîg, l'expérience démontre qu'il faut introduire dans ces derniers ballons un volume d'air douze fois plus grand que dans ceux de jus de viande, autrement dit l'espèce qui se développe dans le premier liquide est accompagnée de onze germes privés de vitalité en apparence pour un dont la germination est possible el le développement l'apîde. Dans ces conditions, une culture ne peut être é\'idcmmenl considérée comme pure; mais attendons vingt jours ou un mois : le microbe primitivement si actif a évolué, fourni plusieurs générations d'organismes, niodidé profondément le bouillon Liebig, et alors quelques-uns des germes d'abord inertes entrent 4 leur tour en activité, d'où une source d'illusions el d'erreurs faciles cependant à prévenir en employant l'artifice suivant ; peu de temps après la germination du microbe facilement rejeunissabledans le bouillon Liebig, et dès l'apparition du bactérien, caractérisée par un faible louche ou un léger dépôt, on

2o8 CHAPITRE VI.

se hâte de transporter, à Textrémité d'un fil de platine, Tespèce dans un autre vase à culture, où elle apparaît promptement, puis de la semer dans un troisième où elle se perpétue généralement à Tétat de pureté. Le point capital de cette manœuvre consiste donc à laisser dans les conserves directement ensemencées par les poussières atmosphériques tous les germes lents à y éclore; il faudrait^ on le conçoit facilement, dans le cas pris pour exemple, un concours de circonstances inimaginables pour arriver ainsi à introduire dans la troisième culture un des onzt* germes apportés dans la première conserve avec le microbe qui s'est seul multiplié. Cette chance serait, d'après un calcul élémentaire, celle d'une personne qui aurait pris à une loterie de loo millions de billets un seul numéro dans Tespoir de gagner un des onze lots dont elle se composerait.

Je n'insiste pas plus longuement sur les précautions réclamées pour la culture des microbes à l'état de pureté, et je passe immédiatement à l'exposition de mes recherches statistiques sur les bactéries aériennes.

1. Du chiffre des bactériens trouvés dans l'air au parc de Montsouris; de l'influence de la température, de l'humidité, de la sécheresse, de la force et de la direction des vents sur le nombre des microbes atmosphériques. —

II. Expériences de laboratoire tendant à prouver que l'humidité est une des causes d'afTaiblisscment les plus puissantes du chiffre des germes aériens. —

III. Résultats statistiques obtenus au centre de Paris et au sommet du Panthéon. — IV. Bactéries et maladies épidémiqucs.

Page 1