‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 24 sur 43 · BACTÉRIES DU · texte numérisé non relu

BACTÉRIES DU

! HONTSDUBIS.

l'époque des expériences également dislanle d'une période humide, les coiiranlsqui parviennent à Montsouris (') après avoir traversé Paris dans une grande longueur sont toujours fort riches en microbes. Le Tableau suivant reproduit, d'après un relevé portant sur trois années de recherches, les données numériques moyennes résultant de mes observations :

Influence de la direction du vent sur le chiffre des germes récollés au parc de .Monisouris.

Nord ii\

Nord-Eai i53

Est i3o

Sud-Esl 74

Sud 4a

Sud-0uc5l 58

Ouesi 77

Nord-Ouesl io8

La fig, 74 représente, sous une forme plus saisissante, les mêmes résultats. On y voit le vent du sud soufllanl ducôté d'Arcueil arriver au lieu habituel de nos expériences en chassant devant lui quarante-deux microbes par mètre cube. Le vent du sud-ouest, arrivant de Montrouge et de Chàtillon, charrier un chiffre de germes plus considérable; puis celui de l'ouest, traversant Auteuil, Grenelle, Vaugirard, apporter un nombre de microbe» plus élevé; à partir de ce point les vents du nordouest, du nord et du nord-est poussent devant eux des atmosphères ayant pai-couru Paris dans trois grands diamètres el fortement chargées de microbes. Les vents de l'est provenant du côté d'Ivry et de Gharenton amènent un air aussi fortemeni infesté de microbes que l'air charrié par le vent du nord. Enfin les courants atmosphériques dirigés sur Montsouris par le veni

(') L'Observa loirc de Monlsourï» c centaine de mHrcs des rurtificalioas t

Observatoire.

placé dons l'enc< d, »a voisinage d

aso cunnt td.

du sud-est possèdeot une richesse en microbes on peu inférieure à la movenne : ils ont traversé les hauteurs de Gentillv et de Bicétre. Ainsi l'air le plus puraoalvsé à rObserraloire vient da sud; l'air le plus impur arrive des collines de Belleville et de La Villette. Sans tirer de ces obserxations d'autres conclusions que celles qu'elles peuvent comporter, je signalerai aux hvgiénîstes

Influence (k la direclion du vcpt sur le chiffre des microbct' recueillis » Montsouris.

cet e\cmple frappant de la contaminaiiou de l'air par le sva\ l'ait de son passage à travers une vaste agglomération d'habitants.

Kn supposant la vitesse moyenne du vent ig?\e environ à j" par seconde, ce qui est fort voisin de la réalité , une masse d'air parcourt Paris du nord au sud en une demi-heure et se chaigc pendant ce trajet d'un chiffre de microbes deux fois égal au chiffre de ceu\ qu'il possède déjà; en un mot, son impurctr

■ACTËniES DU PARC DE HOXTSOURIS. aai

triple. Cette infection étant permanente, il est aisé de calculer le chiffre des microbesfouj-nisjourDellement parcelle ville aux vents qui ont mission d'épurer. Pour rester au-dessous de lavérilé, je supposerai que la couche d'air infestée mesure seulement 20° de hauteur, et Paris formé par un carré de 8^" de côté ; le nombre de germes rajeunissablcsdaus le bouillon salé qui s'en échappent par jour devient environ égal à 40000 milliards : dans cette hypothèse, l'atmosphère de Paris étant en moyenne sans cesse chargée deSooo milliards de germes, elle cède à tout instant aux courants il'air épuraleurs venus de la campagne la cinquième partie de ses microbes. Au bout de viagl-quatre heures, elle a presque cédé à l'air venu de la campagne ce qu'il peut y avoir de bactéries dans 5o'" de bouillon en pleine putréfaction; cette simple remarque suffira, je l'espère, à expliquer la permanence de l'infection de l'air à ceux auxquels ces chiQres pourraient paraître fantastiques et qui se demanderaient l'origine de ces mvriades de microbes.

D'autres causes paraissent exercer une influence appréciable sur la richesse de l'air en bactéries, je n'en parlerai cependant pas aujourd'hui, me réservant de les signaler le jour où j'aurai en ma possession une surabondance de documents statistiques; je n'insisterai pas non plus sur le mode d'action le plus efficace de quelques agents épuraleurs de l'atmosphère ; les pluies intermittentes qui se succèdent avant la dessiccation du sol ont à cet égard une action effective incomparablement plus puissante que les pluies d'orages copieuses, mais de courte durée, apparaissant à intervalles souvent séparés par plusieurs semaines. Au voisinage des grandes villes, la neige, désignée par plusieurs auteurs comme l'épurateur par cscellence de l'atmosphère, n'entrave pus longtemps la course des sédiments cosmiques : si elle peut entraîner dans sa chute les bactéries trouvées sur son passage, elle est loin de les fixer sur le sol avec une grande solidité ; il me paraît certain qu'une rafale capable d'entamer une couche de neige très froide lui enlève une partie des bactéries qu'elle a pu englober et surtout celles qui sont venues former au-dessus d'elle, avec une foule de détritus de tous les règnes, cette poussière

aaa nupirHE vu.

jaune noiràLre si facilo •'■ disiinguer sur la neige vieille de hnl

h quinze jours.

De toutes les saisons de l'année, l'automne a fourni jusqu'il la moyenne la plus élevée de microbes, puis vient l'^té, ensuili le printemps et l'hiver.

l/ojc-

I bactéries recollées 7arc de Monlsottria.

■ube tfai^

Moyennes générales

Sï

En somme, l'air du parc de Montsouris renferme par mèW oube 84 bactéries rajeunissables clans le bouillon Liebig, 588 microbes capables d'éciore dans le bouillon de bœnfclisrgé

lie 10*' de sel i

r litre.

II. — Expériences de laboratoire tendant à prouver qne l'humidité est une des causes les plus puissantes d'aflaibUssèment du chiffre des germes aériens.

Plusieurs micrographes fort distingués ont affirmé la pr^seucf Je bactéries dans la vapeur d'eau émanée de ta surface des infiHJ sions altérées; pour démontrer ce fait, ils plaçaient au-dessa d'un liquide putréfié une plaque de verre qui ne tardait pas à S recouvrir d'une buée, puis de gouttelettes fines, où apponi» saienL plus tard des bactéries pour ainsi dire sublimées OQ v lilisées : j'ai dû m'occuper de la réfutation de cette asserLioiLi!j contredite par les résultats de la statistique des bacléries aériennes ; en effet, il devenait fort difficile d'expliquer dan» « cas la rareté des microbes en temps de pluie, époque, je 1 répète, où les bactéries se multîpbent activement â la surface d sol. De plus, les chaleurs humides ayant été signalées i

DIFFUSION DES BACTËBIK^S. aaiî

ti-è9 favorablcB à la djQ'usioii des scliuomjcèles, je me suis vu obligé d'instituer ud groupe d'cxpérieEces pour combattre cette erreur, qui s'est glissée insensiblement dans la science micrographique.

Les vapeurs émanées des eaux les plus impures, du sol humide sont toujours exemptes de germes. Je n'ai pas à définir ce qu'on entend en Physique par le phénomène de l'évaporatîon spontanée : c'est, comme on le sait, le passage lent et tranquille, à t'étal de vapeur, d'un liquide exposé au contact de l'atmosphère. Les couches d'air les plus voisines de la surface du liquide ou de la substance imbibée d'eau se chargent d'humidité, sont remplacées par un air plus sec qui se sature à son tour, et ainsi de suite ; l'élément aqueux finit par disparaître. Tout autre phénomène, comme la pulvérisation de l'eau qui s'observe souvent en temps de vents violents, ne doit pas lïlre confondu avec l'évaporalion simple. La pulvérisation est un enlèvement de particules liquides parfaitement comparables au soulèvement des poussières sèches. Jjfis phénomènes d'infection qui en résultent sonl ïdenliquemenL les mêmes; les globules aqueux, lancés àao!. l'atmosphère, diminuent rapidement de volume, se vaporisent et laissent bicnt<^t à sec les bactéries et les corpuscules de toute sorte dont ils sont chargés.

Pour démontrer l'exaciitude de ce phénomène, j'ai fait construire le système de boules accouplées représenté dansla^^. ^5. C'est un tube à boule A sur la branche duquel vient se souder un second tube à boule B; l'appareil vide de liquide, garni d'une bourre en if el en /, est chauffé à aoo" pendant quatre heures : puis la pointe P, étant brisée el plongée dans un liquide nutrilit stérilisé, on charge chaque boule d'une vingtaine de centimètres cubes du liquide par un double siphonage, facile à comprendre, mais un peu plus délicat à pratiquer. On passe alors une bourre stérilisée ( ■ ) en P. L'appareil ainsi modifié a l'aspect qu'il présente dans la fîg. 7J, moins la pointe effilée. On le place alors ii

(') Tour |p pascagc iIcs liourras sli^rilisL'rs. on c déiTJt iljiua l« Chap. III, g I, pai;<^ H.i de rul Uavra;

CHAMTIB TII.

Tétuve pendant un mois et, si les liqueurs gardent la limpidité la plus parfaite, on fait Texpérience suivante :

Le contenu de la boule A est ensemencé avec une bactérie quelconque cultivée à l'état de pureté; il ne tarde pas à se troubler et à présenter les signes d*une altération évidente ; le liquide de la boule B, même après un mois de séjour à Tétuve, se montre encore absolument intact. On détermine alors le passage d'un courant d'air rapide à travers l'appareil (2**' à 3^'' en dix minutes); Tair est filtré à son entrée par la bourre dj passe en barbotant dans la conserve altérée, pénètre dans le col de cygne et barbote une seconde fois dans l'infusion saine, la branche /

Fie- 7^-

bV

lialioD» juincatix au ! <lo grandeur.

riant fermée. On place pour la troisième fois le système à l'éluvr: le contenu de la boule, intact avant le passage du courant d*air. se trouble et se remplit de Tespèee microbique semée dan> la première boule. Le transport de la bactérie s'effectue assuri'»nient dansées cireonstanccs à travers un tube sinueux, et j'ajouterai en passant que ce transport, plus difficile à réaliser avccle> niierobes souterrains producteurs de dépots denses, s'effecluf avec la plus grande facilité, avec ces bactériums communs qui viennent former à la surface des infusions des pellicules légères qui i^rimpeiit sur la paroi du vase avec le liquide attiré parl*i eajullarilé. Cette infection transmise à distamce est évidemment due aux germes ou aux bactéries adultes enlevés par les bulles

DliTOSHUI DBS BACTBSIES.

gazeuses qui viennent crever à la surface du liquide altéré el qui emporLeut avec elles le hrouillarcl déterminé par la rupture de la lame mince qui forme leur enveloppe-

Pour prouver que c'est bien aux particules solides ou liquides entraînées par l'air qu'est due l'altération du contenu de la seconde boule, on place sur le trajet du col de c^gne une Lourre -■ {fig- 76), destinée à liltrer l'air venant du liquide putréfié cl allant au liquide limpide. C'est ici que le tube cb, d'ailleurs indispensable pour l'aération et le maintien de la pression atmosphérique dans l'appareil, rend d'utiles services; la bourre b, fortement cbaufTée, est poussée au-dessous du T formé parla souduri: des tubes, et un second tampon stérilisé est mis à sa place; on peut alors faire barboter pendant une demi'jouruéc 200'" et 3oo''' d'air dans ta conserve putréfiée sans parvenir jamais à déterminei' l'altération du liquide placé dans le second vase.

Celte démonstration, à la fois élégante et rigoureuse, établi) solidement la première partie de ma proposition, â savoir que \.\ pulvérisation des infusions peut ùtre une cause d'infection de l'air avant le dessèchement complet des marais, des (laques d'eau, en un mot des liquides impurs répandus à la surface du sol. K Montsouris, celte cause d'iof'ectiou est peu appréciable; cependant, eu temps de pluie fine, on constate parfois la présence dans l'almosphère d'une quantité anormale de bactéries, due au dessèchement des gouttelettes avant leur chute sur la terre. Il me reste maintenant â démontrer la pureté microscopiqu'^ de la vapeur échappée des infusions putrides par le simpliphénomène de l'évaporalion.

Après plusieurs essais tentés dans le but d'opérer la distillulion de liquides à basse température, j'ai adopté l'appareil dessiné dans la /i^. 77, qui se compose: d'une cloche tritubulée. dont la base, parfaitement rodée, s'applique exactement sur un plateau de verre dépoli et dressé; d'un ballon A suspendu au centre de la cloche, destiné à produire l'eau de condensation, et enfin d'un cristalllsoir YV, destiné à contenir les liquides ou les substances putréfiées. La tubulure H de la cloche esi munie d'un tube de verre recourbé, employé à la fois à re-

m6 CBftPirmE ni.

nomreJer l'atmosphère de l'appareil, à înlrodnîrc le liquide dans le »ase VV. et quelquefois à porter riorecUoD au seia do liquide contenu dans le crislallisoîr; b Inbulure 1 rccoil un second tube abducteur et un ihennomèlre A donnanl 1 toa« les instants la température de l'euceiote. Le ihermomêtre A' placé sur le trajet d*nn courant d'eau «rn indique le degrv de froid.

I propre à rnndcnai^r lc« vapeara émanto des infusiuns. cl drs ïuli^Uncc^ puLr^liée», bu J du grandeur.

Cela connu , il serait superflu d'expliquer commeiil il est poir \ sible d'enlever à une infusiou ou à toute substance humide u quantité d'eau souvent considérable. ï.ajîg. •)■] représente fidi* I lemeot l'ensemble de l'appareil disposé sur l'étagère d'tu grande étuve. Un courant d'eau froide parcourt incessamment, 1 suivant l'indication des (lèches, le ballon A, dont la calotte inf^ 1 rieure se recouvre rapidement de fines gouttelettes, puis de ] fortes goultes qui niissotlent à la pai'iie inférieure de la surface 1

OimiSION DIS BÀCTÉUB». 337

condensante el lombent périodiquement dans une capsule de platine B, placée sur un trépied au-dessus de l'infusion (').

De l'eau de la Seine, de l'eau d'égout, des eaux sautnâtres, fiistillées d'abord par ce procédé, de fai^on à obtenir 5o" et 1 oo'^'' (l'eau condensée, n'ont jamais présenté le moindre bactérien; plus tard, les infusions les plus putrides se sont également montrées impuissantes à fournir une eau de rosée conLaminée par les microbes : à ce sujet, je ne citerai qu'une seule expé-

Le i3 avril 1880, l'appareil condensateur fut mis en marchinu-dessus d'une infusion de gélatine dans du bouillon neutralisé. Ktune putréfaction intense fut provoquée au sein de ce liquide.

Six jours après, le 19 avril, la rosée tombée goutte à goutte dans le récipient Uambé s'élevait à i la^' ; l'infusion du cristallisoir était infecte et recouverte d'un voile lourd et gras; l'eau condensée avait contracté elle-même une fétidité repoussante, mais se montrait au microscope absolument exempte de bactéries. Cette eau de condensation, parfaitement claire, fui ensemencée à la dose de fio" dans douze conserves nutritives diverses (lait, bouillon neutralisé, urine neutre et normale, pelit-lait el eau de foin); pas une d'elles ne devint le siège de la plus légère

(') Ud seol exemple puUiJ dans nivs registres de Uboraiaire fera cumpcendrc le parti qu'on peat tirer de ec diihIu de distillation i ba«se température.

Le b avril 1880, i 6'' da soir, l'eau arrive dans le ballon A avec uac vilcuc rrÉcoulcnienl de 13'" 1 l'beure et â i3'. La température de l'Ëtave est égale H ii',î; l'air humide de la cloclie marque ij', □. Upe capsule de platioe port^ préalablemeDl au rouge est placée soua le ballon pour recueillir l'eau de rosje l'^maoée d'une infusion de bouillon putrcfii*.

iM 7 avril, i 3^ du soir, (in de l'expëriencc; l'eau circulant dans l'appareil à rondcnsatian marque 11°, S; la température de l'jtuve a baissé A 3i*,â; le thermomètre placé sous la cloche aceuac 1^',^■ Le poids de rosée artiricjellcallcint ïB^jB (la surface condeoMute égalant i^"^ environ).

Si l'on soDee i la faible diffi^rence de température (rj') qui a régné constamment entre l'appareil condeniiateur et l'infusion, la quantité de rosér reeneillie (>8'',6) paraîtra élevée; elle est, en tout cas, bien supérieure au volume du liquide mis habituellement en expérience par le micrograplie, soil pour l'enamen direct au microscope, soit pour les ensemencements. Une eau qui, sous le volume de 30", ne renferme pas un seul germe de bactérie, csl bien prés d'être mirrosropïqucmcnt pure.

aUPlTU TII.

altération. Cette expérience décisive ne laisse plus le niumdi doute sur l'iiupuissaRce abiolue de la vapeur à soulever des ii sions le microbe le plus ténu, même quand son acliao est secoi dée par les courants d'air, déterminés par le refroidissement il cessant de l'atmosphère d'une enceinte liés circonscrite.

Sans insister davantage sur une question qui me paraJt t lue, j'ajouterai encore que le lait aigri, les urines rcrmeoléc les macérations aoaloniiques en pleine putréfaction. donncR toujours un liquide distillé aussi stérile que Peau surchautTéeil iio° pendant deux heures, que celte dtstillalioa soit lente osf rapide, effectuée à a5°, So", âo", 60", 70", cl, quel que si bactérien présent dan« la liqueur, en voie de décorapositioi si l'on néglige d'écarler de l'infusion les cryptogames ù frucliS' cations aériennes, la rosée peut se charger de spores de n sure^; cependant, c'est là un fait qui s'observcrarement, quand 01 use de liquides animaux et d'infusions baclérophiles convenJ blement iafestés; d'où il est permis de tirer celte conséq que Ceau évaporée de la surface du sol n'eniratne jam de scbizophytes.

Ce fait pouvant élre vérifié directement, je n'ai eu garde d laisser passer l'occasion d'en constater la parfaite exactitude, crislallisoir \'\" de l'appareil (Jig- 77, p. aa6) fut rempli d terre fraîche puisée ù une profondeur de «".So à o", ^n, acct saut par gramme environ 600 000 microbes rajeunissables dan le bouillon Liebig. \ la tubulure latérale II de la cloche, j'adaptl un tube entonnoir (lauibé venant prendre l'eau condensée ao^ dessous du ballon refroidi, au fur et à mesure de sa producUoin et la conduire à l'eMéneur, dans un petit creuset de plat placé à l'abri des impuretés atmosphériques. Après avoir, conu toujours, brûlé les germes répandus à la surface extérieure li ballon condensateur, enduit de gl^'cérolé d'amiJon la par intérieure de la cloche, la plaque et la partie extérieure t crislallisoir, le robinet à eau froide fut ouvert, el l'eau d"é» poration ne larda pas à couler dans le creuset : celte eau fut rnsfrl mencée toutes les dou^e heures , dans plusieurs conscrrct^ nutritives, à la dose d'une dizaine de grammes toutes les fois.S

SIPFDnOK 9BS lACTtHUS.

il fut alors facile de constater que l'eau, toujours pure dès le iliibut de la condensaLÏon, s'infecte et se charge surtout de liacilles au moment sculemenl oii la couche siiperficielle de la terre eX' posi^e au contact de Pair devient sèche el pulvérulente. Si, utilisant le phénomène d'Iiumeclation par capillarité, on prévient la dessiccation de la terre, l'eau de vapeur amenée à tous les instants dans le creuset de platine, sous un volume de loo", aoo" et m^me de o'", 5, ne se présente pas souillée de microbes.

Ces remarques importantes me paraissant devoir introduire des modiUcations heureuses dans les moyens prophylactiques employés pour fixer les microbes; on voudra bien me permettre de citer encore une autre expérience.

Le i3 mai, plusieurs gros morceaux de filet de bœuf furent abandonnés avec un peu d'eau dans le crislallisoir VV [fig- 77 ), de façon que la chair musculaire émergeât de plusieurs centimètres au-dessus du niveau du liquide qui la baignait. Quand sa putréfaction fut intense, quand la chair livide et blafarde, distendue par les gaz, répandit une odeur insupportable, une condensation fut commencée, dura deux jours et donna 4o" environ d^une eau louche, infecte, au fond de laquelle on apercevait de nombreuses gouttes huileuses, denses, d'une fétidité excessive. Le microscope, armé d'un fort grossissement, ne put faire découvrir dans cette eau de rosée qu'une foule de sphérulcs semblables aux globules graisseux du lait, solubles comme eux dans l'éther, mais en différant par leur solubilité instantanée dans les acides, ce qui me fit penser que j'étais en présence de ces ammoniaques composées de la série grasse et aromatique dunt la présence a déjà été signalée parmi les produits volatils delà putréfaction des matières animales. Enfin les ensemencements divers pratiqués avec cette même eau décantée furent tous stériles.

Les bactéries sont donc fortement retenues dans les liquides qu'elles infectent et dans les substances qu'elles pénètrent ; pour passer à l'état de germes errants, aériens, les liquides qu'elles habitent doivent s'évaporer entièrement, el les substances où elles se sont établies doivent se réduire en poussière fine et sèche.

Là est, suivant moi, toute l'explication de ces recntdesccficf de bactéries atmosphériques observées pendant la sécheresse D'un autre côté, il eiH clé désolant de penser que la simpUv exposition à l'air d'une plaie de mauvaise nature, de lingatl souillés de déjections humides, de pièces anatomiques non ( injectées, eût suflï pour empoisonner l'atmosphère de miasmes ligures redoutables et joindi'e de nouvelles causes d'infeclioo aux dangers déjà si réels auxquels s'exposent les personnes qui i voucnl leur existence aux soins des malades. Les dangers causé* | par les émanations humides sont chimériques; l'expérience i cesse de le confirmer, mais elle est malheureusement là pour I démontrer également , avec la plus grande rigueur, combie sonl chargées de nombreux microbes les poussières sèchesJ venues des masses putriîfiécs, du pus sanieux et des déjections J des malades.

III. — Résultats statistiques obtenus au centre de Paris et au sommet du Panthéon.

Quand on quitte la périphérie d'une ville pour se rapprochcrfl de son centre, l'analyse microscopique permet de constater quel l'impureté de l'air va croissant. Ce fait, comme bien d'autrcc,! pouvait être prévu, mois il ne suffit pas en matière scicntifiqMl de prévoir, il faut encore vérifier l'exactitude des ]>rédictiaaS) I toujours peu co(\teuses et souvent contraires à la vérité. Apri^l deux années de recherches coraparalives exécutées stmultanémeik I à l'Observatoire de Montsouris et à la rue de Hivolî, avecifej l'air puisé au milieu du parc et pris à la mairie du IV' a ii o*dissement, à 4'° environ au-dessus de la chaussée, je sois anîllc j ce résultai que l'atmosphère de Paris est neuf a dix fois plu chargée de microbes que l'air analysé dans les mêmes condilioul et à la même heure au voisinage des forllfications.

Voici d'ailleurs les données numériques déduites des breuses expériences pratiquées pendant deux années n avec l'atmosphère centrale de Paris. Dans une dernière c

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