MICROBES DE L'ATMOSPHERE PARISIENNE
sont également reproduites les moyennes mensuelles obtenues à Montsouris pendant la même période de temps :
Bactéries trouvées par mètre cube dair.
Rue (le Rlroli. MonUouris.
Mois. 1880-1881. 1881-188Î. Moyenne. Moyenne.
Octobre 920 1070 990 128
Novembre jSo 780 760 88
Décembre 54o 53o 535 5i
Janvier 470 160 820 54
Février 33o 200 265 58
Mars 75o 56o 655 55
Avril 970 85o 910 54
Mai 1000 970 985 60
Juin i54o 3oo 920 57
Juillet i4oo 4^0 91» ii6
Août 960 710 835 96
Septembre 990 8 {o 915 89
Moyennes générales.. 880 620 750 75
D'où Ton déduit pour les quatre saisons de Tannée :
Microbes récoltés par saison,
SâUon». Rue de Rlroli. MonlsourU.
Automne 760 89
Hiver f\\o 56
Printemps 9Î0 57
Eté 920 100
Moyennes 710 75
Faisons encore remarquer que, à volume égal d'air, le chiffre des microbes est environ dix fois plus élevé dans Tintérieur de Paris qu'à Montsouris; puis que ce même chiffre varie également avec les saisons ; bas en hiver, on le voit s'accroître au printemps, rester habituellement élevé en été, et enfin diminuer en automne. A côté de ces variations trimestrielles et mensuelles, il en existe de plus curieuses qu'il importe de signaler : je veux parler des crues et des décrues hebdomadaires des bactéries, sur lesquelles Tattention des hygiénistes mérite d'être fixée.
a3a CilAPITHE TII.
En général, h l'Observatoire de Monlsoiiris, ces variatioi sonl plus saccadées, ce qui paraît tenir à la position excentriqi de l'Observatoire, par suite à l'action plus brusque et pli complète des causes qui tendent à augmenter ou à <liniinuc;r , (biffre des bactéries aériennes. A Paris, métne en temps d (iluîe, il faut toujours compter avec les germes emmagasina dans l'intérieur des habitations et jetés journellement au gré d| vent par la toilette des appartements. A la campagne an cou traire, l'atmosphère, une fois balayée par la pluie, reste pai jusqu'à l'instant où les courants peuvent arraeher au sol ceti poussière Gne et ténue peuplée de microbes vivants. Maigrie I ]iri5sence diinsles villes d'un stock considijrable de- germes, lei ii s'épuiser, il existe cependant, entre les lliiclualions du cliîffi des bactériens récoltas au parc de Montsouris et au centre i Paris, une relation des plus nettes qui m'a paru mériter une n production graphique.
Le diagramme ci-contre (Jig- 78) montre celte relation, l ligne ponctuée représente les moyennes hebdomadaires dus ai ( robes récollés par mètre cube d'air à la rue de Rivoli en 1880-81 la ligne pleine, les moyennes obtenues à l'Observatoire, laciliter la comparaison, ces dernières ont été multipliées ] dix. Les espaces horiitontaux désignent les semaines parlant vendredi et allant au jeudi; les intervalles verticaux cor*
poni
ident cha
} bactériens.
Si l'on étudie la distribution des micrnhes établie par M deux lignes brisées, il est aisé de s'apercevoir que tontes II recrudescences sensibles de germes se sont manifestées i I même époque aux deux stations. Aucun chiffre ne ferait mieoi lessorlir ces belles coïncidences que l'œîl saisît instanlanémetiL (jomme l'indique le même diagramme, les moyennes hebdomadaires des germes atmosphériques des bactériens i lis à la rue de Rivoli sont fort variables. La moyenne la pi l'aible, observée pendant l'hiver de l'année 188a, a été Irou' égale à 45t et la moyenne maximum, située en été 188 montrée très voisine de 3noo. En considérant les résull tournis par les analyses journalières, ces écarts peuvent
KICBOBES DE L'aTVOSPHËIIK PlBISIENTfC.
Iieaiiconp plus grands; nous avons pu observer parfois des minima s'abaissant au delà de ao germes et des maxima s'élevant an delà de 5ooo microbes par mèire culte. L'infeclion de l'air t'sl alors à son comble; cela s'observe en été à Puris, quand, \nir suite de la pt-niirre de l'eau, les voies publiques cessent d'être arrosiïes,
Au-dessus des considérjlïons précédentes, domine un fail digne d'éire longtemps médité : je veux parler de l'abondance
Ile U rt-laiiuii du nombre de bïcléricaa récoltés i HoDUouris i du IV* arrondi 9scin CD t (année i88o-i88i).
relativement grande des germes des bactériens présents dans l'air puisé au centre de Paris. A toutes les saisons, à toutes les semaines, à tous les instants du jour, le nombre de ces germes y ni environ dix fois plus considérable qu'au voisinage des fortifications. Je n'ai pu encore réunir un assez grand nombre de documents sur la marclie progressive de l'infection que présente l'atinosphére à mesure qu'on avance de la campagne au sem d'une vaste agglomération d'habitants, mais tout porte à croire que cette infection va croissant de la périphérie au centre. En
nous reportant à
caimu Tii.
Line série d'analyses microscopiques eQeciuées J
liiieu du cimetière Montparnasse (' ), situé, comiDC on le sait, à quelques kilomètres des fortifications sud de Paris^ j'ai trouvé que le nombre des microbes récollés i ce cimetière, eo i temps de séclieresse, ne dépasse pas du double celui qu'an observe babituellemeot au parc de Monlsourîs. S'il était parTaïtcnicnt prouvé que !e sol auquel on confie de nombreux cadavres est incapable d'émettre jamais des germer nocifs, ces vastes champs de deuil, sur lesquels pèsent tant d'accusations injustifiées, seraient non seulement d'une innocuité absolue, mais deviendraient une cause d'assainissement des grandes villes au même titre que les jardins publies, les larges voies, les places spacieuses, qui permettent ans vents, principaux agents purificateurs des atmosphères infestées, d'accomplir leur mission.
En eflet, pour arriver de l'intérieur du sol au contact de l'atmosphère, les bactéries peuvent suivre deux voies principales ; s'élever soit avec les ga/. qui s'échappent des cadavres er décomposition, soit avec la terre remuée, venue des couche: profondes. S'il est toujours possible d'abandonner à lui-niéiii« un sol prétendu infesté, il est bien plus dîflicile d'opposer une barrière infranchissable aux gaz venus des entrailles du sol. Etudions donc avec soin quelle est, en réalité, la richesse en tnîcrogermes des éléments aériformes parvenus, grâce à l«ur faible densité et à leur' pouvoir dinfusif, du cadavre profondément inhumé à l'atmosphère libre
Il n'est pas facile de recueillir à la surface du sol lesgas qii' se dégagent spontanément des terrains où sont ensevelies de* substances putrides; mais on peut, et c'est là une rcssoaree: précieuse, établir à travers ces terrains et ces substances un cnd^ faut d'air artiliciel, incomparablement plus rapide que les dégagés spontanément, c'est-à-dire multiplier, en les exagérant,, plusieurs millions de fois les chances normales d'infection.
Au centre d'un cristalHsoir TT' (Jîg- 79) garni d'une fuiblè
(' ) Commiisiou d'
ilcj cjiiictiér», iBSi. Kipport de U. Pi
MtCROBBB DE L ATHOSPBkBB PjLUSUIfRB.
couche de terre fraîche puisée en n'importe quel lieu et à n'iinporle quelle profoocfear, plaçons sans pression la cloche A enduite de gl^-cérolé d'amidon, munie d'une tubulure latérale ; puis. cuire ta face interne du cristaliisoir TT' et la paroi externe de la cloche, disposons une couche annulaire de la mime terre. de o'", 1 de hauteur. Enfin, par la tubulure latérale, fixons, au mo^cn d'un bouchon de caoutchouc glycérine, un tube à boule B, à double bourre i et /i, destinée à arrêter et à amener, dans du bouillon neutralisé stérilisé, toutes les poussières entraînées par l'air aspiré. Comme il n'est pas besoin de le faire remarquer, l'air aspiré par l'intemii^diaire de la branche ih du
ballon lubulé lî, dans le sens des flèches indiquées par le dessin, traverse la terre de haut en bas, pénètre dans la cloche et de là dans le bouillon, par la pointe efifilée de la conserve. Suivanl les saisons et les lieux, l'air dirigé à travers la terre sera chargé d'un nombre plus ou moins élevé de microbes. Ces expériences ayant été ellectuées dans mon laboratoire durant le premier semestre de l'année 1880, tous tes 100'" d'air aspirés renfermaient 20 bactéries capables de se rajeunir dans le bouillon employé.
A plusieurs reprises, je fis ainsi passer à travers de la terre humide prélevée à o^jao de profondeur; 4o"'i 3a5''', 85a'", gio'", 1 i5o'", i8o5'" sans pouvoir déterminer ta moindre altération du liquide du tube à boule B.
Ainsi donc, l'air qui filtre à travers le sol, non seulement
n'enlève pas avec lui les microbes-bac lé ries qu on y rencootre loujours en quantité innombrable ('), mais encore se purifie complèlemenl. En elTet, si l'on avait introduit dans d^s conserves de bouillon, en les fractionnant et sans les filtrer à travers l'humuâ, les 5""^ d'air du laboratoire, utilisés dans les six expériences précédentes, on aurait constaté mille cas d'infecUoo, tandis que l'on vient de voir ces 5ooo''' se montrer d'une inl'écondité remarquable.
Une fois en possession d'un dispositit commode, il n'en coùU jins beaucoup à l'observateur d'exagérer les chances d'infecUon à un degré qui ne saurait être conçu dans les cas ordinaires.
Dans ce but, la terre plus ou moins impure mise jusque-là en expérience fut remplacée par de l'humus frais, haché avec de la viande infecte et corrompue, puis un dirigea successivement à travers ce sol saturé de matières putrides, où se mouvaient de longs vers, 297'", 735''', i i3o''', ao88' ' d'air du laboratoire, qui se montrèrent aussi vierges de germes que l'air soigneusement liltré â travers une longue bourre de coton stérilisé.
Devant ces faits on ne saurait supposer un instant que Im. gaï, qui sourdent pour ainsi dire è travers le sol généralement: tassé, soient capables d'élever de quelques centimètres dc hauteur un seul germe de bactérie. Aussi, s'il est des raicrobei qu'on doive redouter, ce ne sont pas ceux qui accomplisse»! leur action destructive à plusieurs mètres de pHifondeurf mais ceux que les mouvements des terrains amènent k h surface (^) ; même à ce moment l'hvgiéniste n'est pas désarml vis-à-vis des êtres infiniment petits, car il peut à volontt- teci lixcr et les immobiliser à la surface du sol par l'humidité, jusqu'i ce que la pluie, ou mieux, un épais gazon, vienne plus tard soustraire aux courants de l'atmosphère.
(') Un gramnit: de puusiiére siciie dépaiée stir \ei meubles des hahib rcafcrme environ 1 miJlîun de bactériens, ttn égal poids d'humus sk K iK- < (Hiuillé par le lamisage des grains de grarîer, dépassant la grosseur d'une l<U ilOpingle, en renferme souvent davantage.
('} M, Paatcur. dont le talent d'investigatioa est Traimeat remarquable, a muDtrc depuis peu que les vers de terre apportent i la surface du sol, (Mt
KICBOBES DE L'ATKOBPHtBK PARKIIENNB. l3-J
Puisqu'il est démontré que les gaz qui émanent des ciinptlÈres, des voiries, ne sauraient augnienler le chilTre des bacléries des atmosphères urtiaines, il nous reste maintenant à parler de l'origine des microbes répandus en si grand nombre dans l'aîi' des quartiers situés au centre de Paris.
Les bactériens de l'air des villes peuvent avoir trois sources : venir de la campagne, de l'intérieur des habitations ou du sol des rues. Le contingent des germes entraînés de la campagne ii Paris par la masse atmosphérique est toujours très faible; il atteint à peine la dixième partie de ceux qu'on observe dans la rue de Rivoli : les neuf dixièmes restants ont donc une autre source cL proviennent sans contredit de l'intérieur des maisons et de la boue des rues, quand celte dernière est desséchée, pulvérisée par le roulage et le va-et-vient des passants. Si le temps est phivicux, si le sol est humide, toute diffusion de bactérien-^ esl suspendue de ce côté ; or, comme, à ces époques, l'air analysé au IV arrondissement reste constamment plus chargé de microbes que celui de Montsourls, les germes doivent évidemment venir à ce moment des maisons el des abris où la poussière sèche offre une prise facile aux. courants de l'atmosphère.
Les germes accumulés dans l'intérieur des appartements peuvent avoir eux-mêmes plusieurs origines et venir soit de la rue, soit des débris des substances alimentaires que lu négligence des habitants laisse putrélier à domicile, soit encore de cabinets mal tenus et manquant d'fau. Les maisons où sr trouvent des malades se peuplent évidemment des desquamations épithéliales, des virus figurés qui s'échappent du corps humain. Le séjour de ces éléments morbides dans l'intérieur des babiralions esl d'une durée plus ou moins longue; mais, au
lears cjcnimeoLs, les gt-rmes Je la liaclérKlie cliarbonncuse, iju'ils ont ÉYideiiiment ingénia en se regiaissant du cadavre des anîmaui morts dn rharlmn. C'»t lÉ un mode de diffusion des t><irtéries inconlesLaljle ; cependant ïl n'est rien ii câté de ceux qui peuvent aroir ponr origine le monveiricat des terres par b pelle du fossoyeur, ou encore la mulliplicalion i Lravers l'humus, de proilii^ en proehe et de bas en haut, des microbes afrohies, venus insttnciivenieul respirer l'air, là où il abonde, e'esl-à-dirc aux courlies les plus superficielles du sul.
caAFiTU vu.
moment des neltoyagcs, rien ne s'oppose à leur dîOFusîon, iU finissent, comme les parlicuies de loute nalure, par gagx le réservoir commun, le sol ou l'almosphère.
Je n'insisterais pas sur le fait de l'emmagasinage des pou sièreâ des voies publiques dans l'intérieur des maisons : Ui le inonde sait que, en temps de grand vent, il suifit de laisi une Icnélre ouverte pendant quelques heures pour voir 1 meubles des appartements se recouvrir d'une couche de (loi siÉre visible à l'œil nu. Cette poussière, chassée par le Troliaf gagne le plancher, s'insère dans les feules des parquets, ou se la dans les lieux les moin!ii accessibles, pour y former ce ^tock germes qui rend d'abord l'air des appartements d'une exlrèi impureté et qui plus tard enrichit considérablement l'air ij rues, quand la pluie retient avec ténacité les microbes Cxés sol. Ainsi s'eQcctue, à mon avis, le perpétuel échange di bactériens entre l'atmosphère libre et les atmosphères con nées. Je veus cependant faire connaître exactement ma pcni
rla
niére des i:
i légions de haclérii qui sillonnent, en tous sens, l'air de Paris. Pour moi, la majeu: partie d'entre eux viennent de la boue triturée de la chaussée; l locaux habités, quand ils sont bien tenus, ne font guère qt rendre des bactériens qu'ils ont reçus de l'extérieur. S'il éu donc possible de supprimer, dans une grande proportion. Il microbes du sol, l'atmosphère des villes se purifierait considi lablement. Supprimer le sol des villes, c'est supprimer la boi des rues, et l'on supprime les bactéries des boues en les pnvai de toutes les substances organiques pouvant leur servir d'aï ments. A l'exemple de ce qui existe dans les maisons conslruiu dans de bonnes conditions hygiéniques, les eaux ménagère! les déjections de toute nalure, doivent être conduites à couvei et directement à l'égout, sous l'impulsion d'une musse d'ea suffisante. Paris possède malheureusement beaucoup de vieillt constructions oii les choses ne se passent pas ainsi. Les e«ux i vaisselle, amenées le long des rues, laissent après elles, dut l'interstice du pavé, une vase infecte que le balayage à grantU eau, d'ailleurs momentané, n'enlève jamais complètement. Si
MICROBES DB lUtxosphKib PUUBUNNB. g3()
les microbes des maladies infectieuses trouvenl dans ce sol saturé de débris organisés, d'eaux grasses pulrcscibles, un milieu favorable â leur généralion, il n'est pas besoin d'alletcbercher ailleurs le terrain où ils peuvent naître, croître et se multiplier indéfiniment.
Quand on veut débarrasser l'atmosphère des microbes qui peuvent s'y répandre, il faut brûler ou noyer les foyers d'où ils émanent. Si le premier moyen est le plus sur, le second reste seul pratique; aussi faudra-t-il, je crois, se contenter de mener encore longtemps aux égouts, par la voie ta phis courte, les liquides et substances d'origine animale, les débris de toute sorte, vastes décbeLt de l'alimentation et de l'industrie des villes. Reste à savoir quel traitement devra être appliqué aux substances putrides vomies jonrneilcmenl par le drain épurateutdes centres habiles pour les rendre inolTensives. Plusieurs auteurs ont parlé de les désinfecter directement : les essais lenté.'i jusqu'à ce jour n'ont donné que des résultais partiels et inefl!cace; ils laissent dans les eaux la plupart des microgermes. D'autres veulent calciner les boues qu'elles charrient et même porter toute leur masse à l'ébuUilion : cette dernière solution est impraticable et, piH-elle être elTecluée, elle serait insuflisante; la calcioation des boucs exigerait la filiration rapide dr plus de [oo millions de mètres cubes d'eau d'égout par an, cl les eaux filtrées conserveraient toules leurs spores microbîques. D'autres enfin veulent employer le sol cultivé à l'épuration de ces eaux et arriver progressivement à l'utilisation agricole des engrais qu'elles renferment. L'expérience seule peut démontrer si cette pratique est absolument exemple de dangers. Elle est cependant séduisante à de nombreux points de vue, et les résultats obtenus jusqu'à ce jour à la presqu'île de Gcnnevillicrs par les savants adonnés k ces essais de purification des eaux d'égout donnent les plus belles espérances. En répandani les eaux vannes sur le sol, on l'enrichit en azole, on évite l'envasement de la Seine, la diffusion des microbes par cet importantcours d'eau, etc. L'on peut, il est vrai, objecter à ce procédé l'infection possible en microbes morbides des terrains où on les
déverse, mais rien n'esl encore prouvé à cet égard, i d'abandoDDer ce syslème d'épuralion si rationael et si peu n faisant jus(|u' à ce jour pour les Kabîtanls de la contrée où il e lenlé, il serait indispensable d'établir le côté défectueux c dangereux qu'il présente; jusqu'à la preuve du contraire, j'ail mettrai que les microbes pathologiques sont étouffés par les OP ganismes de la putréfaction, ainsi que l'expérience le démonl pour la plupart des maladies virulentes dont le ferment aé té isoiri Je puis ajouter, de plus, d'après mes travaux personneU, qu'uD eau d'égout titrant aoooo microbes par cenliroètre cube, jeti sur le sul de GennevilHcrs, en ressort par les tuyaux de draioag aooo fois plus pure, autreuienldit, chargée seulement de iibao^ téries. Ce résultat me semble digne d'être médité, et, avant dV gager les municipalités dans les folles dépenses de l'épuratioi chimique des eaux d'égout, j'exhorte les hygiénistes à recber cher ce qu'il y a de vrai dans cette infection du sol par U déjections de quelques centaines de typhiques noyées dans pin sieurs millions de mètres cubes d'eau.
Pour moi, qui étudie spécialement ici les mesures à prendil pour diminuer, autant que faire se peut, le nombre des germe< organisés de l'atmosphère des villes, je répète que le moven il plus efficace pour alleindre ce but consiste à conduire sans détl à l'égout tout ce qui est déjà pulréhé ou susceptible d'entrera putréfaction.
On a vu plus haut que, sous un égal volume d'air, le chîfln des bactéries récoltées à l'Observatoire de Montsouris est dà fois plus faible qu'à la mairie du l\' arrondissement: il restel savoir si, toute proportion gardée, la qualité des bactériens o la même. Au point de vue botanique, l'expérience répond a mativement : les microbes de la rue de Rivoli consîsteat ( microcuccus, bacilles et bactériums vulgaires; ou y rencontrai ou deux fois sur mille des vibrions ondulants; mais i'ea)iJ microscopique qui domine surtout dans l'atmosphère puisée a centre de Paris est le micrococcus, après vient le bacille quiM on emploie pour la statistique des germes le bouillon Liebig, o^ le bactérium quand on se sert du bouillon de bœuf.
MICROBES DE L'aTXOSPUËIIE PABIsr
De la ijualitc de bâcler
c le bouillon Liebig.
Micrococcus i|3 79
Bacilles 5 t4
Bacténums ji 7
Toial uw i^
EnlÎD jusqu'ici ces divers organismes cultivés dans le bouillon, te lait, l'urine, Falbumine de sang et le jus de viande, inoculés aux animaux vivants se sont monlrt-s parfaitement innocents.
Avec l'autorisation de M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, j'ai entrepris depuis le mois de juin, avec le concours dévoué de M. Benoisl, mon préparateur, une série d'analyses microscopiques au sommet du Panthéon : deux à trois l'ois par semaine, les microbes de l'air sont dosés avec les précautions d'usage au voisinage de la lanterne qui surmonte ce monument; en rapprochant les nombres obtenus de cous fournis simultanément par les analyses pratiquées à la rue de Rivoli et à Monisouris, on obtient les chilTres suivants :
Somme) dti l'antliéon
Parc de Monisouris
Mairie Ju IV arroniiissemiini .
^Ga
Même dans l'intérieur de Paris les couches supérieures de l'atmosphère sont relativement d'une grande pureté : l'air puisé environ à 74" au-dessus de la montagne Sainte-Geneviève est beaucoup plus pur que celui de Montsouris, et environ seize fois moins chargé de microbes que celui du la rue de Rivoli pris à une différence de niveau égale à 100" de hauteur.
On pouvait se demander si à cette altitude les couches atmosphériques étaient altérées dans leur composition microscopique normale, ou si elles glissaient au-dessus de Paris sans participer à l'épuration de l'air de cette grande cité. Pour résoudre cette question, il était indispensable de calculer, en tenant compte des conditions météorologiques régnantes, la quantité des microbes
chassés au sommet du Panihéou par les vents venus des divers points de l'horizon. Ce travail est encore bien ioconiplet, mai) néanmoins, dèsaujourd'hui, on peut juger, par les chïflre s doitnés ci-après, delà réalîLé du rôle épuraleiir de l'air des hâutek régions, par le degré d'îufeclioa qu'il peul acquérir suîvaul (]ue le vent souille dans telle ou telle direction.
C'est encore des collines de Bcllevillc, de la Villelle et di Ménilmontant que proviennent les atmosphères les plus il pures, puis de Montmartre et des hauteurs de l'arc de Triomphej l'air du sud, qui a traversé les quartiers de la Glacière, est relalilement moins pur qu'à Montsouris; mais c'est surloul du Pointdu-Jour, du bois de Boulogne, d'Auleuil et de Pussy que \l courants atmosphériques arrivent au Panthéon dans te pit L-rand élat de pureté.