IV. — Bactéries et maladies épidémiqaefi
D'après beaucoup d'auteurs, les maladies infectieuses et ép démiques se transmettent le phis habituellement par les m ])Olables el les rivières. Dans l'Inde anglaise, a-t-il été dïl, choléra frappede préférence les riverains des fleuves, et la naarcl de la peste suit le trajet du cours d'eau jusqu'à la mer. Daus n pays les eaux sont également accusées de transmettre la &ivrt typhoïde, la dyssenterie el les maladies dont le siège afleclc uns partie plus ou moins étendue de l'intestin. Il oe saurait être surprenant que les déjections des tvphoïdiques et des cholériqui livrées au courant d'une rivière ou jetées dans la bouche d'n égout ne puissent aller semer en aval la contagion. Tout té est parfaitement évident et parfaitement incontestable. M cette théorie, appliquée exclusivement à la transmission i
BAGTlXIEg ET H&UDIBS ePIDËNIQUEB.
poisons morbides, est loin d'expliquer tous les cas d'invasion du choléra en Europe el de la fièvre typhoïde dans des localités depuis longtemps indemnes de ces fléaux. Souvent, en effet, le choléra est allé porter la mort et la désolation au sein de villages perdus dans les montagnes, desservis par l'eau fondue lies glaciers et des neiges, l'eau la plus pure et la moins contaminée par l'atmosphère ; la maladie a éclaté sur les lieux les plus arides et les plus élevés, alors que plusieurs villes placées au bord des rivières étaient épargnées ou moins maltraitées. Les épidémies meurtrières venues de l'Orient ont traversé les mers el les versants sans nul souci des faibles barrières que les lleuves les plus larges et les steppes les plus désertes pouvaient leur opposer. Enfln une multitude de faits viennent démontrer que les poussières sèches sont souvent pour beaucoup dans la transmission à dislaface des maladies contagieuses et épidémiques. Pour soutenir cette thèse, j'ai choisi deux maladies caractérisées par des (luK diarrhéiqucs, par la raison que personne ne conteste plus aujourd'hui la contagion, par l'atmosphère, des fiÈvres érupiives, de l'érvsipèle , de l'infeclion [luerpérale, des affections diphtétiques, etc.. Cependant je sens la nécessité de limiter la part que l'air libre peut avoir dans \ù transport des microbes pathologiques. Le transport par l'air ne s'effectue, à mou avis, qu'à de faibles distances ; je voudrais, par une comparaison, le définir et en marquer les limites autani que peuvent me permettre de le faire mes connaissances acquises en micrographie aérienne.
Une peste sévit dans une ville placée aux confins de contrées très peuplées ; ses habitants, frappés tous les jours dans des proportions effrajantes, remplissent les maisons de morts el de mourants; la ville devient un foyer pestilenliol s'irradiant dans les campagnes voisines avec la propension d'étendre de proche en proche son champ de dévastation; sur l'ordre des gouvernements un cordon sanitaire serré, capable d'interrompre toute communication d'objets et de personnes, circonscrit le foyer, où bientôt la peste s'éteint faute d'aliments. Va pareil résultat serait assurément plus difficile à atteindre si les courants de
l'atniosplière, JodI î) esl ioipos^ible de contrarier la direction. |torUienL au loin le contagùim répandu en abondance dans U ville pestifôrée: les cordons sanitaires les mieux établis seraient impuissants à raieaiïr un instaut la marche du fléau, que l'oii verrait avancer rapidement à la manière des cyclones, en ravageant les pays places sur son parcours. Or, chacun le sait, le choléra envahit d'abord les grands centres, puis les villes de moyenne importunée et enfin les campagnes; il n'est pas rare de le voir apparaître simultanément aux poinU les plus opposés d'une même contrée; enfin les courants atmosphéri([ues ne semblent entrer pour rien dans son extension. Cela ne me parail pas difTicile à expliquer. En effet, quelque considérable qoe soit le nombre des germes morbides accumulés sur un point de notre i;lol>e, l'air en mouvement n'en emporte toujours qu'une faible partie, et ces germes, après uue course de quelques lieues, ne voyageant hîenlAt plus par légions, vont en divergeant dans des directions dilTérentcs, se perdent dans l'espace, retombenl sur le sol, entraînés par la pluîe. qui les amène avec cUe i la surface de la terre oîi ils trouvent de nombreux scbixophvtef \ ulgaires, établis depuis des siècles, pluti^t disposés à les étouffer â qu'à céder leur place. I^ théorie de la non-lransmissibiUlé pdT I Pair, à de grandes distances, des poisons figurés morbides, a d |>lus pour elle quelques faits, parmi lesquels on peut citer la diffrj culte qu'éprouvent les microbes des fièvres ïntermiltealcs 4al porter la maladie loin des districts malsains cl marécageux. Lai r.iison se refuse d'ailleurs à croire qu'un germe ainsi entrainél par les vents loin de son origine, affaibli par le temps, U sécb»-l resse. soit, par le plus grand des hasards, respiré par un itrt | vivant et puisse devenir le point de départ d'un foyer pestileoticL | Mieux vaut, il me semble, admettre avec les médecins de ton i les siècles que les germes des épidémies lointaines sont appo^fl lés par les voyageurs, les vaisseaux et les objets arrivant d localités infestées. Une fois établie dans une cité, U maU<E contagieuse ne larde pas à faire des progrès en rapport a les relations fréquentes des habiunts. La toilette joiirnalii des maisons, le balayage, le nettoyage, le battage des Upis, etc
tARTeillE!) m MALADIBS SPintMIQUES. aj'»
livrent à l'almosphère une partie des poussières qui y sont accumulées, au nombre desquelles on doit évidemmeuL comprendre les microbes conta^eux que le vent sème sur sa roule, dans les lieux les moins accessibles et les appartements les plus hygiéniques. C'est alors, suivant toule vraisemblance, que l'atmosphère joue un rôle actif en portant la cause du mal de maison en maison et d'étage en étage, La peste atteint bientôt son apogée, puis décroît et s'éteint après avoir exercé son action meurtrière sur les êtres qu'elle a trouvés vulnérables. Plus tard encore, les germes morbides répandus dans les poussières des rues, l'intérieur des habitalions, vieillissent, perdent de leur vitalité, diminuent de jour en jour et la cause du mal disparaît avec eux. Cette théorie de la marche des épidémies venues à plusieurs reprises frapper les contrées européennes me semble conforme avec l'idée qu'on doit se faire de la diffusion des ferments pathologiques; mais, si elle puise sa vraisemblance dans les faits journellement observés, n'oublions pas que les microbes délictueux, auteurs du choléra, de la Gèvre jaune, de la dolhiénentérie, etc., demandent à être découverts et que cette théorie reste basée sur des faits probablement exacts, mais non sauctionnés directement par l'expérience.
Cette déclaration faite, je demanderai au lecteur de suppuseï provisoirement avec moi l'existence de microbes autonomes, agents premiers des maladies dites spécifiques, supposition d'ailleurs en accord avec les récentes découvertes de MM. Davaiae, Pasteur, Obermcier elKlebs sur les organismes si bien étudiés du charbon, du choléra des poules, des lièvres à rechutes et intermittentes, hypothèse, dis-je, féconde en beaux résultats et propre a stimuler le savant dans la recherche de l'origine de< maladies. D'autre part, je suis loi» de blâmer le scepticisme de-i
médecins
en présence
de fai
prol
ibablef
démontrés; ce scepticisme, je le partage également, en déplorant le temps perdu par plusieurs auteurs, souvent étrangers aux choses de la médecine, à éditer pour la centième fois les conceptions fort anciennes et parfaitement justes de médecins illustres sur la réalité du coulage; mieu\ vaudraii:nt pour la Science la
^46 CBAFnm» TH.
découverie, l'isolement el l'élude Itico faîte du plus petit m! crobe. En admettant parmi les poussières de l'air l'existence d lerments fi^'iirés, quel peut être leur mode d'attaque à l'égard il l'organisme humain et quelles sont les barrières qu'il peut leo présenter?
Notre organisme présente, surtout aux microbes, deux grande! surfaces de faible résistance, qui sont : la muqueuse respiratoireî constamment baignée par l'air atmosphérique toujours charg d'impuretés el de germes, el la muqueuse du tube digestif, | où sonl introduite, digérés et expulsés les produits de l'aliiocft talion constamment peuplés de microbes. Le tniumatism accidentel ou chirurgical ouvre également un troisième acct aux germes extérieurs en détruisant la continuilédes téguDicoti A moinsd'étre partisan de la génération spontanée des bactérie dans l'intérieur des tissus des êtres vivants, il est diflîcile d comprendre par quelle autre voie les mîcrol)es peuvent ï^ introduire. Pour être exact, citons encore quelques barri^rei faciles à franchir : les muqueuses des sens de la vision, de Vw dition et des organes génîto-urinaires.
La peau, ou enveloppe protectrice par excellence du liumain, est considérée avec juste raison comme capable d lutter efiicacement contre les attaques des êtres microscopiques. Il existe bien un groupe d'affections parasitaires contn lesquelles elle est parfois impuissante à nous défendre, mat ces maladies lut sont spéciales et n'ont rien de commun ave les maladies générales dont l'en valusse me m est rapide el l'action trop souvent meurtrière. Les muqueuses pulmonairetf digestives et des organes génilo-urinaires sonl bien moins protêt Irices; aussi voit-on une classe d'affections très graves, l'ér^sipèle, la diphtérie, l'infection purulente, la septicémie, etc.). y prendre journellement naissance; la scarlatine, la rougeole qW s'annoncent par le catarrhe des voies pharyngiennes et pnln monaires n'ont peut-être pas d'autre poinl de départ. Quant aux maladies infectieuses dont l'étiolngie est moins bien connue, on peut, si l'on veut, discuter inutilement sur le point précis de leur introduction dans l'économie ; mais ce qui re^te
évident pour tous, c'
de vraisemblance de la doctrine
de l'hélérogénèse appliquée au développement des fièvres e\anihématcuses, des fièvres putrides, in termitlenics, rémittentes, de la fièvre jaune, du choléra. Ici l'invasion de la maladie suppose son inoculation, et son inoculation suppose le transport d'un ferment. Que ce ferment (je l'ai supposé microbique) soit ou non trouvé, il existe aussi réellement que les virus de la variole, de la vaccine, de la syphilis, de la rage, de la morve, sur ta nature desquels le premier mot reste encore à dire.
D'après les données de l'observalion, les ferments organisés appartiennent tous à une classe d'êtres inférieurs, formés de cellules de dimensions variables, maïs échappant toujours par leur petitesse à la perceplion de nos sens. Les méthodes mises en usage pour discerner les uns des autres les germes aériens qui nous entourent sont encore trop imparfaites pour nous éclairer sur le degré de nocivité des espèces voyageant dans l'atmosphère; aussi, quand on isole, dans les hôpitaux, les malades atteints de variole , de diphtérie ou d'érysipéle , le seul but vise est de circonscrire le foyer d'infection dont les émanations morbides, du reste parfaitement inconnues, sont seulement pressenties et surtout démontrées par le eontage.
Les ferments organisés peuvent être transmis, d'après nos connaissances actuelles sur ce sujet, par l'inoculation directe à travers la peau, comme le prouve cet exempte célèbre des habitants d'un village devenus syphilitiques par l'inoculation d'un vaccin impur, el les nombreux cas de septicémie survenus à la suite d'une simple piqîLre faite avec des instruments malpropres. Ou encore les cas de cliarbon produits par la piqûre d'une mouclie, el les cas de rage provenant d'une légère morsure.
Les ferments peuvent aussi, et c'est le mode qui parait le plus fréquent, être transmis par inoculation indirecte; ils ont alors pour véhicule l'atmosphère, tes boissons et les aliments. Le coulage devient à cet instant plus incertain; car, outre ta prédisposition individuelle à contracter la maladie, il faut une lésion par où te ferment transporté par le hasard puisse s'introduire. La lésion ou te point vulnérable de l'organisme n'est pas
toujours risilile : dans la majorité des cas, elle échappe aux mé» decins; le hasard C5t seni par l'abondaDce du fenneiit dan) l'eau impure (pie l'oa boit, dans les aliments déjà altérés dont on se Donrrit et dans l'air vicié que l'on respire. Pour se pré sen-er des organismes de l'eau, on les tue par ta chaleur, comme cela réussît dans les pavs chauds. Pour ^e débarrasser des nit> crobes des viandes de boucherie, on les cuit fortement ; quant à se soustraire aux microbes de l'air, la dilBcultë devieut plus| grande, car sa purilication est loin d'être un problème résolu.
Ces généralités énoncées^ je demanderai au savaDl le plu| habile et le plus au fait des choses de la micrographie d'acceptée la mission, en apparence fort simple et fort naturelle pource^ lains esprits, de décou% rir dans l'air les germes des maladies infectieuses. Beaucoup d'auteurs, lui dîrai-je, sont persuadt qu'il faut attribuer telles maladies à des poisons lelluriqaes, telles autres à des microbes répandus dans les desquamalif épithéliales, furfuracées, etc., et à la multiplication de ces poisons dans les eaux potables, les fleuves, les mares, les égouts, les ruisseaux fangeux; à vrai dire, tout cela est encore un mystère, mais il \ous appartient de résoudre scientifiquement ces problèmes obscurs. Je doute fort qu'un savant raisonnable acceptât une semblable ticlie.
En elTet, en présence de données si vagues sur la cause première des maladies zvmoliques, le labeur du micrographa chargé d'explorer l'atmosphère au poiot de vue des germes Jafeclieux présente évidemment des diftlcultés iusunnontablc«; comment trouver dans l'air un microbe que personne n'a pa encore apercevoir dans le sang des malades ou des cadavres, des malheureux qui ont succombé à sa funeste action? Ce seraîl< se faire une idée peu précise de l'immensité des rechercha qu'exigeraient la découverte et la détermination d'un fermeut morbide perdu au sein de millions d'organismes microsorpiques de même aspect, que de ne pas apprécier le vague e( l'incertain d'un travail entrepris avec cet espoir.
En l'absence de moyens d'investigation sufGsanimeol poti sants, il faut donc aborder la question par un c&lé plus génénJ
BACTËEIES ET MALADIES ËPIDEUQUES. 349
Gt baser sur une Ii^polliêse vraisemblable un ensemble de recherches dont les résuUals moins brillants puissent permeiire de s'avancer lentement, mais sûrement, vers une solution plus pratique.
Pour qui a étudié les inliniment petits, il i^st évident que les bactéries, meurtrières ou non, possèdent toutes le même mode de dilFusion, que le vent ou la pluie, qui soulève dans l'air ou fise sur le sol telle bactérie inoffensive, jette dans l'atmosphère ou immobilise de même les ferments morbides, surtout si ces ferments ont la faculté de croître en dehors du corps humain, dans les eaux communes, les boues des rues, etc. Comme l'observation le fait pressentir, les recrudescences des bactéries vulgaires doivent coïncider avec les recrudescences des bactéries infectieuses, et alors les considérations générales qui s'appliquent aux premiers êtres doivent aussi s'appliquer aux seconds ; en un mot, la statistique des schizom^cètcs atmosphériques, effectuée en bloc, peut donner des indications utiles sur le nombre relativement grand ou faible des ferments morbides. Quand ces ferments seront absents, l'air ne sera pas pour cela privé d'organismes vivants ; peut-être môme le chiffre des bactéries aériennes sera-t-il à peine diminué, et en cela on peut comparer les microbes infectieux aux faibles quantités digaz ou de vapeur qui peuvent se répandre dans une atmosphère, l'empoisonner, et en disparaître sans eu augmenter ou en diminuer sensiblement le volume.
Jusqu'ici mon but n'a donc pas été de saisir au vol les germes des bactéries pathologiques, mais d'étudier le rapport existiint entre le chiffre des microbes atmosphériques et le total des décès causés à Paris par les maladies dites zymotiques. En elTei, puisque l'air est accusé de répandre autour de lui l'infection, le premier acte du micrographe était de constater si à chaque recrudescence de décès correspondait une crue bien évidente de microbes atmosphériques, au sein desquels on suppose encore gratuitement les poisons Cgurés morbides, doiiés de caractères botaniques à peu près identiques. Envisagé sous ce point de vue, le problème se simpUlie, se transforme et devient facile
a5o GHAFiTiE ni.
i'i résoudre. Il ne s'agit plus de proaver directement dans l'air la pn'sence individuelle de toutes les bactéries pathologiques, mais d'examiner si les fluctuations du chiffre des décès se comportent comme si l'atmosphère est réellement chaînée d'oi^uismcs malfaisants.
Le diagramme (Ji::- 80) représente la relation trouvée entre le nomlire moven hebdomadaire des bactéries récoltées à Monl-
r^^^am
Malailic! l'piiiémiques et btctL-i souris du mois d'octobre 1879 à la fin de septembre »88o, ei
la courbe des décès c
> par les
laladies z
cliques enre-
gistrées À Paris durant la même période annuelle. Les inoyenne> hebdomadaires des bactéries calculées du vendredi au jeudi sont rcprésenlées dans \AJig. 80 cl dans tes deux suivantes par les espaces teintés, enfin les chifFrcs des décès, pris dès le commencement de l'année i.'^8o dans le JhiHetin démographique publié par les soins de M. le D' licrtillon, sont donnés par la ligw pleine brisée. Les maladies qui entrent en ligne de compte sont : la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, la scarlatine, U
BACTËRIE!! ET MALADIES SPIDexiQVeK. ;)S(
coqueluche, les alTeciïons cliphléritiques, la dvssenlerie, IVtjsipéle, l'infeclion puerpérale, et la gastro-enlérite ou tliaiThi'-R cholériforme des jeunes enfants. On range habituellemenl celle dernière maladie parmi les afTcctions saisonnières; cependani les (luctuations si concordanles qu'elle présente avec la courlio
des bacLérie.s me la font compi
urd'hui
1 les
maladies zymotiques, sans discuter les objections, d'ailleurs assez faibles, qui militent en faveur de son exclusion.
En laissant de côté la première partie de la courbe des décès (dernier trimestre 1879), dont les données numériques m'ont été très difficiles ù contrôler, le Bulletin démographique n'étant pas encore fondé, on voit, dans la dernière quinzaine de janvier 1S80, la quanlilc des bactéries s'accroître rapidement et une aggravation des décès y correspondre à courte échéance; en mars, avril et mai, le même fait se présente d'une façon remarquable; en juin nouvelle recrudescence des bactéries, nouvelle crue de décès; puis, vers la fln de juillet la mortalité s'accroît fort rapidement, tandis que les bactéries restent rares à Mont- Bouris, A la même époque, au cimetière du sud, station située plus avant dans le cœur de Paris, on constate une recrudescence bien accusée de microgermes. Enfin, à partir des premiers jours d'aoôt, la courbe des décès par les maladies épidémiques et contagieuses va en se rapprocbant constamment de la ligne des abscisses en présentujit deux crochets (fin août, milieu septembre), qui coïncident avec deux crues de bactéries.
Dès le mois d'octobre de la même année, une nouvelle station d'analyse fut créée au centre de Paris, l'Observatoire de Montsouris me paraissant par sa situation un lieu mal choisi pour obtenir avec exactitude les variations des microbes tenus en suspension dans Tatmosphère des quartiers populeux. L'cxl>érience permit alors d'établir la relation reproduite par le diagramme {fif^- Si ), où, sauf une seule exception, chaque recrudescence de décès est suivie d'une recrudescence de microbes.
Celte année, les rapprochements efieclués à ce sujet sont également confirmatifs. La courbe des décès {^oir Ji g. 8a). peu accidentée, est loin de se prêter ù une comparaison aisée ; ce-
Cni.MTBB Tn.
pendant, en l'exammanl avec atlenlion, on voit toutes les aggra»! valions de lamortalîltS correspondre, saufun cas, à une augmen- ' talion dcscliizoplij'tcs aériens. En novembre et décembre i8Si, ce rapport est frappant; en avril, Juin, juillet el août i88a, oh observe de même des coïncidences indéniables. Presque toujours les crues des bactéries pri.'cèdent d'une semiiinc l'augmcn- 1 talion du cliifTre des décès. I
Cependant, si les lignes brisées des diagrammes précédenli donnent une idée très exacte des oscillations du chiffre loliT des décès par les maladies ïymoliques, elles nous renseigaco fort peu sur la nalure des affections qui ont provoqué ces c aux diverses saisons de l'année. En étudiant de tn^s près Cd^ aggravations de la mortalité, on remarque qu'elles sont duf« presque toujours à l'explosion isolée d'une épidémie de Givres éruptives, d'atrepsie ou de fièvre tj-phoïde ; en d'autres termes, que les recrudescences de la mortalité sont gouvernées le pluliabituelicment par un seul groupe de maladies, tandis que ]n autres régnent endémiquement.
Prenons, en effel, pour exemple l'année 1882, qui vient de sVcouler. La crue des microbes qu'on y observe aux mois de mars et d'avril semble favoriser l'extension des fièvres csanthémaleuses; celle du mois de mai est sui\ie à un court intervalle d'une augmentation de viclimes par l'aticpsie; la crue de juillet et d'août provoque à la fois une aggravation ret^rettable de décès par la même maladie el par lu lièvre lypboïde. Bicntût la diarrhée cholériforme des jeunes enfants détient moins
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Maladies épldiSniiques et bactéries (annL'es .o8.-.88î).
meurtrière ; le chiffre des bactéries augmente toujours. Le mois de septembre est remarquable par la richesse de son atmosphère en microbes ; la population parisienne tombe alors sous le coup de l'ÎDtoxicalion lyphoïdique, et la dothiéneotérle éclate avec une violence inusitée, en fournissant un taux de décès maximum, trois semaines après un maximum fort élevé de microbes. Les pluies d'octobre et de novembre jugulent l'épidémie.
Néanmoins, avant de me prononcer délinilivemenl sur la constance des faits qui viennent d'être signalés, je demande à pour-
suivre encore longtemps ces recherches inléressanles, afin d«' pouvoir appuyer mes affirmations sur une surabondance de résultats positifs. Comme on me Ta fait dire à tort, je n'ai jamais prétendu quSl existât de rapport direct entre le chiffre des bactéries et celui des décès, mais uniquement une coïncidence de recrudescences.
I. Des bactéries qui peuplent l'intérieur des habitations. — II. Bactéries des h^)pitaux. Expériences effectuées à l'Hôtel-Dieu et à l'hôpital de la Pitié. — III. Composition micrographique de lair des égouts. — IV. Bactéries des poussières sèches.