DES
APERÇU fflSTORIQUE.
SUR LES TRAVAUX DE MICROGRAPHIE EXECUTES EN VUE DE DEMONTRER l'existence DANS l'AIR D'uNE FOULE d'OBUFS ET DE GERMES VIVANTS.
L^exlstence dans Tair d'une multitude de corpuscules errants n'avait pas échappé à Tattention des anciens. Lucrèce (*) a décrit en vers élégants le spectacle curieux que produit un rayon de soleil en traversant une chambre obscure ; sur le trajet de cette vive lumière, on a dû voir, en effet, de tout temps, une myriade de grains dépoussière voltiger en tous sens et disparaître instantanément à Tœil, quand ce rayon était brusquement intercepté. Il faut néanmoins arriver à Lœuwenhoeck, Ehrenberg et Gaultier de Claubry pour trouver la trace de recherches intéressantes sur les organismes de Pair.
(') LccRÊCE, Dénatura rerum,
Contemplator enim cum solis lumina cunque Insertim fundunt radios per opaca domorum; Multa minuta modis multis per Inane yidebis Corpora misceri radiorum lumine in ipso ; Et velut sterno certamine praelia, pugaasqao Edcre turmatim certantia;
9 APERÇU HtSTORIQtK
Lœuwenhoeck irouva des infusoires dans l'eau de pluie; sil Ehrenberg eut plus de peine à en diïcouvrir dans ce même I quidc, la neige et la ros^c, il démontra en revancbe, dans scS'l nombreux Mémoires publiés de 1 83o à 1 858, (|nc les poussières 1 atmosphériques déposées à l'intérieur des maisons, des bàpitauï, etc., sont toujours peupU'csde semences cryplogamiquesfl qu'il lui fut également aisé de rencontrer sur les cimes de rAitaï^f des Hautes-Alpes, de l'Himalaya et dans les diverses contréeS'l du globe qu'il visita.
En France, vers la même époque, Gaultier de Claubry inatignra l'ère des recherches vraiment scientilîques sur les orga-l nismes de l'air. Il est à regretter que les efforts isolés de cel savant soient restés stériles jusqu'au jour où M. Pasteur, eal perfectioDuant les procédés d'expérimentation de Gaultier d^ Claubry, édlQa solidement les bases de la panspermie.
Il .... Si pour éviter la présence de toute matière orga~9 nique, écrivait en i8,>5 (') Gaultier de Claubry, rappelant seiJ recherches communiquées en i832 à la Société philomathîque,! on l'ait passer dans un tube de plaiine rougi, muni de tubes mé-I talHques rodes, del'eau que l'on condense dans un ilacun rempli I d'air de l'atmosphère, on voit après quelques jours se dévelop-l per des végétaux et des animaux.
» Si l'air qui remplit le flacon a été d'abord soumis à uoe| température rouge, l'eau elle-mônie que l'on y condense n^ donne plus de végétaux ni d'animaux.
» L'atmosphère transporte donc des sporules et des germes 1 susceptibles de se développer au contact de l'eau, ce qui n'exclut I pas la possibilité du transport de ces substances par lessourcesj et les cours d'eau.
Il Pour vérifier st ces sporules ou ces germes sont de mém&< nature dans toulcs les parties de l'atmosphère, j'ai fait passeril dans l'eau qui avait été soumise à l'action d'une température I rouge de l'air puisé à la campagne, à l'intérieur des rues, desj
Sckiicet, t. XU, p. G\3.
Compta
I de l'Académie dt»\
SUK LKS TAITAUX DB MICIOGBAP&IB.
habitalicDS, des salles de malades, d'écuries, d'étables, de voiries, et vérifié que les animaux ou végétaux développés diffèrent dans ces divers cas. »
En i836 M. Hufty de la JooquîÈre annonça à rAcadémie des Sciences qu'une pluie de poussière tombée dans la vallée d'Aspe et prise par les habitants du pays pour nne pluie de soufre était uniquement formée de pollens de conifères venus des forêts voisines. Plusieurs autres faits de ce genre vinrent encore vers cette époque exciter la curiosité des observateurs. Maïs it appartenait surtout à la seconde épidémie de choléra qui ravagea l'Europe en 1847 et 1848 de réveiUer le zèle des micrographes.
Ehrenberg à Berlin; Swagne, Brittan et Budd en Angleterre : Mejeret WedI en Allemagne; Robin et Pouchet en France se livrèrent à une foule de recherches, consistant pour la plupart à examiner les poussières répandues dans les salles des cholériques et à comparer ensuite les quelques cellules organisées que le microscope put y faire découvrir, avec les spores et les végétations diverses contenues dans tes déjections des malades atteints de choléra. La micrographie atmosphérique, pas plus que la médecine, ne profita de ces expériences hâlives, entreprises pour les besoins du moment, sans méthodes bien arrêtées.
La troisième épidémie qui désola l'Europe en i853 et i854 donna lieu â des travaux plus suivis sur les organismes de l'atmosphère.
Le médecin anglais Dundas Thompson (' ) se livra à quelques recherches qui, bien qu'entachées d'erreurs nombreuses, présentent un certain intérêt historique et mérilenl, pour cela seul, d'être rapportées.
Dans une première expérience cfTccluée à l'hôpital Saint- Thomas, Thompson puisa dans une salle pleine de cholériques un volume d'air considérable qui fut dirigé dans une série de flacons deWoolf, renfcrmatïtde l'eau distillée; l'aspiration dura
<') DcNDJif Jaannon, Appenciij: ta llrport 0/ Ihe Commit tee for srientitîc inguirUa l'n relation lo l/te choiera épidémie of iB54-
4 APnÇU HtSTOmQUB
(]ualre jours, au bout desquels le contenu des flacons, examîi au microscope, se montra peuplé de filamenls de coton, d( clianvre, de fragments de clieveux, de particules inorganiques^ d'abondantes sporules et de vibrions très mobiles.
Une seconde expérience, pratiquée dans une salle dont \à moitié des malades étaient seulement atteints du choléra, dur* treize jours, au bout desquels l'eau iofestée par les pou$sièr< de l'air présenta des cellules épithéliales, des ciiampignons vf ries, mais pas un seul vibrion.
Un troisième essai, effectué dans une salle ne renfermant ai cun cholérique, donna des résultats à peu près négatifs.
Une quatrième expérience exécutée à l'air libre fournit c nombreuses végétations cryplogamiques qui se développèrenS lentement dans le liquide et où le microscope décela encore dit charbon, des fibres de coton, des spores, mais pas de vibriona.
Enfin une cinquième et dernière expérience, effecluée dans l'intérieur d'un ègoul, donna une eau moins riche que précé' demment en substances minérales, mais remplie de moisissures et de vibrions.
Durant la même épidémie, lord Godolphin Osbornc put constater la présence de spores de champignons sur des plaque glycérinées exposées en guise de récepteurs dans les égOutA S les maisons où le choléra avait fait son apparition.
A l'exemple de Gaultier de Claubrv et de Dundas Thompson A. Beaudrimont (') étudia avec soin les corpuscules atmosphé* riques obtenus en faisant barboter de l'air dans un peu d'eaS] et en condensant, au moyendu froid, la vapeurde l'atmosphère suivant le procédé déjà ancien de Moscali et de Robiquet.
Les recherches d'Angus Smith ('), de Jabez Hoog (*), ai i'émincnt mîcrobotaniste Berkeley ('), exécutées vers la même époque, eurent toutes pour conclusions que l'air emportait à
(') A. DiiciiiiiNoirT, Complet rendra des i&ac t. XLl, p. ^1.
l*) Axcvt Smvt, Air and nain. London, 18;:
(') llnoG, The miermeope.
(') Buiu-tt, CryptogamicBotanic.
t de l'Acadëmiedet Scienct
LLX DE niCROGHAI'HIE.
travers l'espace une quantité toujours notable de pollens, de semences microscopiques et une foule de détritus appartenant ii
tous tes règnes de la nature.
Durant les quinze années qui s'étendirent de iSSSàiS^o, le^ études de Micrographie firent de rapides progrès. Le savant physiologiste A. Poucket analysa avec une patience infinie des milliers d'échantillons de poussières prélevés aux endroits les plus divers : dans les théâtres, les maisons particulières, les hôpitaux, etc. Comme à bien d'autres savants, la pluie, mais surtout la neige, lui parurent avec raison devoir renfermer les corpuscules variés que le vent entraîne souvent bien haut dans les régions atmosphériques. Plus tard ce savant inventa l'a^roscope, qui se montre encore aujourd'hui l'instrunieni le plus apte à nous fournir rapidement des spécimens fidèles de poussières aériennes.
- « Les débris provenant du règne animal que j'ai eu occasion d'observer, dit Pouchct {'), sont principalement les suivante: divers petits animaux desséchés et infiniment petits, tels que les helminthes appartenant au genre oxyure et des vibrions de diverses espèces ; j'y ai souvent trouvé des squelettes d'infusoires sinués, surtout des navicules des bacillaires et des diatomées ; des fragments d'antennes de coléoptères; des écailles d'ailes de papillons diurnes et nocturnes, des poils de laine de diverses couleurs provenant de nos vêtements souvent teintés en bleu, en ronge vif et en vert, des poils de lapin, de chauve-souris, des barbes de plume, des fragments de tarses d'insectes, des cellules épithéliales, des fragments de peau d'insectes divers ; deux fois seulement, dans mille observations, j'y ai reconnu un de ces gros œufs d'infusoires, du diamètre de 1 5 millièmes de millimètre, que les naturalistes désignent sous le nom de kystes.
» Les corpuscules qui appartiennent au règne végétal et que
6 IPEEÇt niSTOBIQCK
j'ai oLscr^'és sonL les suivants : des fragments de tissus de diverses plantes, des fibres ligneuses en petit nombre, plus vent des fragments de cellules; fréquemment des poils d'orlies et de \ég<îtaux appartenant à des espèces variées ; des fragments d'aigrettes de synantbért-es, beaucoup de filaments de coton ordinairement bleus et quelquefois teints de diverses couleurs provenant de nos vêtements; quelques fragments d'antennes cl des grains de pollen de malvacée, dVpîlobium et de pin, des spores Avcryptognmex, maisen fort petit numbre. Enfin j'ai fcnconlré, presque partout où mes observations se sont étendue^', une très notable quantité de fécule de blé mêlée ù la poussière, soit récente, soit ancienne ; puis, dans des cas plus rares, on y découvre de la fécule d'orge, de seigle et de pomme de terre. »
Cet inveiitaii-e, dressé par Pouchet, des détritus animaux et végétaux nojés au sein des sédiments atmosphériques mérite de rester classique, car il est encore aujourd'hui l'expression de la vérité la plus exacte. Une seule des affirmations du savant professeur de Rouen n'est plus cependant en accord avec les progrès de la Science; les spores de cryptogames, loin d'être dans l'air en fort petit nombre, y sont au contraire fort répandues.
M. Pasteur releva celte erreur d'observation, dans une discussion restée célèbre, qui passionna beaucoup de savants à l'époque où elle se produisit, souleva des contestations acrimonieuses, mais eutsurtout pour résultat immédiatement utile de provoquer denombreux travaux sur la question des germes atmosphériques.
« II y a constamment dans l'aircommun, dit M. Pasteur(*), un nombre variable de corpuscules dont la forme et la structure annoncent qu'ils sont organisés. Leurs dimensions s'élèvent depuis les plus petits diamètres jusqu'à -— et davantage j de millimètre. Les uns sont parfaitement spbériques, les autres ovoïdes; leurs contours sont plus ou moins nettement accusés.
na aussi d'o]
<pa-
Ueaucoup sont tout à fait translucides
ques avec granulations à l'iatérieur. Ceux qui sont translucides, ,
à contours nets, ressemblent tellement aux spores des moisis- |
sut LES TRATADl
S tires les plus communes que le plus habile micrograjilie rail y voir de diflerence [Jtff- i ) ■ - ■ -
FiB- '.
Spores alniosphi:rU[uca d'après M. Paaleiir.
Il Je crois qu'il y aurail un grand inlérël à multiplier les t'Eudes sur ce sujet el à comparer dans un même lien avec les saisons, dans des lieux diffcTenls, à une même époque, les corpuscules organisés disséminés dans l'atmosphère. 11 semble que les phénomènes de contagion morbide, surtout aux époques où sévissent les maladies épidémiques, gagneraient à des travaux poursuivis dans cetl« direction, »
L'élan une ibis donné, beaucoup d'auteurs s'appliquèrent à déterminer la nature des germes atmosphériques ; de ce nombre nous citerons Duclaii\, Réveil qui étudia plus spécialement les poussièresrépanduesdanslessallesdel'hâpital Saint-Louis, Chalvet, le D' Pigot, Selmi, de Mantoue, el Balestra qui se livrèrent à l'étude des organismes flottant au-dessus des marais, le D'^Eiselt qui constata la présence de globules de pus dans l'air des salles de l'asile des orphelins de Prague en se ser\ant de l'aéroscope Pouchct, et enfin Samuelson dont nous donnons ci-après textuellementles conclusions auxquelles ses nombreuses recherches le conduisirent.
(I i" L'atmosphère de toutes les parties du monde, dit Samuelson (') en terminant son Mémoire, es t plus ou moins chargée
(') S,«tE
l. LVII, p. (
râÇlI HISTOlÎQlIK
de corpuscules appartenant aux trois règnes de la nature : ammal, végétal et minéral ; de particules de silex, de craie, etc., de substances végétales fraîches et ea état de décomposition, de fibrilles ' animales et végétales, de kjstes et de germes d'iafusoires, et probablement, dans des cas plus rares, de vers nématoïdes.
i> 2" Les infusoires consistent pour la plupart en germes de monades, de vibrions, de kolpodcs, de trachéties, de kérones, ^ de vorticelles, etc.
» 3' 1^9 corps organisés se trouvent en quantités variables, selon les conditions de l'atmosphère, plus abondants quand l'at- ' mosphèrc est sèche, et moins quand il y a eu beaucoup de pluie. Ils flottent dans toute l'atmosphère et pénètrent ordinairement partout avec elle. »
En exposant des vases d'eau distillée à la chute des impuretés tenues en suspension dans les salles des bôpitau\, le même auteur (') vit éclore dans ce liquide des bactéries, des amibes et i des zoospores ; de l'eusemblc de ses expériences, il résulta que les œufs le plus répandus dans l'air appartenaient a la classe des rhizopodes et au genre des cercomonades. Dans l'eau de pluie, Samuelson put toujours également découvrir de petits infusoires et quelquefois de gros œufs d'infusoîres cilii'S.
Dans une longue suite de Mémoires présentés à l'Académie . des Sciences, Lemaire (') exposa ses travaux multipliés sur l'air des casernes, des salles des malades, des amphi tliéâtres de dis- I section, etc. Une faible quantité d'air puisé non loin de la tête ^ d'un teigneux fut trouvée chargée des spores du champignon qui produit cette affection rebelle du cuir chevelu ; les eaux de condensation que ce même observateur obtint en divers lieux, | au voisinage des marais de la Sologne, au Jardin des Plantes à I Paris, au fort de Romainville, lui démontrèrent l'existence dans l'air d'une grande variété de microphytes et de microzoaires.
Si les observateurs de tout pays dont les noms viennent d'être
(') SiBDELsoK, Faper read be/ore the British Atiocialion, iSGi. (') Lmuike, Comptes rendus d«i téancei de i'Acade'mie det Science*, J 1. LVII, p, 57-58i-6ai; l. LL\, p, 3i:-î8o.
im L89 TIATAUX ;
B VICROGHAPHIB. tf
ffirniations sur quelques poÎDls
cités ODt parfois varié dan
peu importants du sujet qui nous occupe, il laul avouer qu'ils ont tous él^ amenés à reconnaître l'existence dans l'air despores cryptogamiques nettement visibles au microscope. Ce fait ne paraissait plus niable, quand MM. Joly et Musset vinrent jeter une note discordante dans ce concert d'aifirmations unanimes. — a L'eslriîme rareté, ont dit ces auteurs ( ' ), sinon l'absence complète de germes atmosphériques, nous est démontrée par une expérience très simple qui consiste à observer jour par jour une plaque de verre enduite sur l'une de ses faces d'une couchilégère d'huile d'olive. » Le simple bon sens, comme l'observation la plus grossière, démontre que la croyance à Vabsence complète de germes de roicropbytes dans l'air doit être rangée dans la eaiégorie des idées absurdes, quand on voit tous les jours des graines de plantes phanérogames, mille fois plus volumineuses, aller germer, emportées par les vents, à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu d'origine; le résultat inattendu des travaux de ces deux savants, bien connus dans la Science pour des recherches d'une valeur incontestable, surprïtles panspermistes, sans toutefois les émouvoir beaucoup.
En 1866, le D''Salisbury (") soumit à de nombreuses investi-
gations
piqu
5 l'air circulant au-dessus des marais de l'Ohîo et du Mississipi ; cet air lui montra une cellule fort petite, '^paraissant appartenir au genre palmella, à laquelle il attribua le pouvoir de créer les fièvres intermitlenles. Celle cellule, plus abondamment répandue dans l'atmosphère la nuit que le jour, parvenait souvent à une hiiuteur de 1 00 pieds ; on prévenait sa diffusion en couvrant le sol de chaux vive. Un séjour de quinze minutes dans les districts malsains où ces algues se multipliaient sans entraves donnait la fièvre. Enfin, loin de tout marécage, les individus soumis à l'inhalation de ces mêmes algues se sentaient pris d'accès fébriles. 11 est malheureusement
(') JoLt Gt MUïiXT, Comptes ii-iidiis des a t. LV, p. /,90.
<*} S.ii.i=Bl:nï, American journal 0/ Scit
ie des Science, '11; i8li6.
APrafU fllSTOUQUI
acquis depuis cette époque que la cause des fièvrrs intermittentes reste encore à découvrir.
Sous les auspices du D' Angus Sniilli('), Dancer se livra à l'analyse microscopique de l'air de Manchester ; il v trouva, sous le volume d'un litre, plus de isooo cellules cryptoganiiques , chiffre évideramenl fort exagéré qui montre combien on doit être sévère dans le choix des procédés de numération des microbes aériens.
Avant d'exposer avec plus de détails les études persévérantes de quelques auteurs sur le même sujet, il me reste à signaler rapidement les recherches de Lund, du professeur Silvestri, de Calane, qui s'occupa surtout des pluies de poussières météorologiques tombées en Sicile ; les travaux de Lionel Beale, Porfitt, Randsomc, des D" Burdon Sanderson, Sigerson, Parkes, Hewlett, John Slanley, Baynes Reed , Franck, Chaumonl et Devergie, qui, tout bien examiné, apportèrent peu de chose aux faits déjà acquis à la science micrographiquc.
Le premier Mémoire publié, en i8jo, par le D''Maddox (=) fut presque entièrement consacré à la description d'un appareil nouveau destiné à collecter automatiquement les poussières atmosphériques [voir la Jîg. i6, à la p. 35). Les n'sultals qne le D' Maddox obtint d'abord avec le secours de son instrument, nommé aéroconùcope, différèrent peu de ceus qui avaient déjà été publiés; il annonça cependant, dès cette époque, un fait
parfaitement exact, à s
oids des
irticules miné-
rales de l'air était sous la dépendance de la force du vent, du degré de sécheresse et d'humidité du sol. Une année plus lard, ses affirmations sur l'immense variété des germes atmosphériques furent beaucoup plus catégoriques et, dans sa non-
(') Aiicii Saitn, Air and Bain, p. ^87.
(') Minooi, On an apparatiu/or coUecling atmouphei Ihlx mieroKOpicalJournal, t. tll, p. î86).
velle Communicalion à la Société Royale de Microscopie de Londres ('), il appuya ses dires d'une planche où l'on trouve lïdèlement dessinées, d'après nature, les images des pollens les plus fréquents et des spores cryplogamirjues les plus remar-
:epréscnte un écliantillon des cellules organi-
r le D' Maddox.
Spores cl pollens almosphcSriquc Grossissenicnt ; ^ac
Les expériences de ce savant s'élevèrent au nombre de i55; commencées en avril 1871, elles ne prirent fin qu'au mois de novembre de la même année ; Paéroscope fonctionna en moyenne vingt fois par mois et resta exposé à l'action des courants atmosphériques pendant dix à onze heures durant les longs jours de l'été, et seulement pendant neuf à dix heures aux jours plus courts du printemps et de l'automne. Le chiffre total de cellules récoltées par le D' Maddox dans l'une de ses i55 expériences atteignit une fois aSo. Les atmosphères les plus riches en spores lui parurent être celles des mois de juillet et d'août; enfin il ne put saisir aucune relation entre la prédominance de ces spores, la force et la vitesse du vent.
Le D' Douglas Cunningham {') fit paraître, deux années plus
(') HtDDOx, Monthly mïcroscopical Journal, t. V, p. !fi.
(*) DoioLii ComiNQBAH, JUicroicopic araminaliona of air. CulcuUa, iG;^.
àPSI^U HISTOStQCI
tard, à Calcutta, un Mémoire beaucoup plus complel sur les I poussières atmosphériques. Ce travail, précédé d'un historique I auquel j'ai puisé de précieuses indications bibliographiques, f doit être considéré comme le plus parfait qui ail jamais été I publié jusqu'ici sur les germes de l'air. L'esprit niétliodique et I impartial qui régne dans celle œuvre, magnifiquement illustrée | du dessin des semences aériennes trouvées à chaque expérience, témoigne, de la part de son auteur, d'un zèle ardent à découvrir ' la vérité et d'une patience peu commune. Pour être juste, il importe cependant de ne pas oublier que c'esl au D' Maddox que revient le mérite d'avoir inauguré les recherches statistiques j des germes atmosphériques.
Le D' Cunningliam étudia principalement les poussièresl répandues dans l'air libre, dans l'air confiné des égouts et le! germes entraînés par la pluie. Pour recueillir les poussières ré- 1 pandues à l'air libre, ce savant hygiéniste se servit de l'aéro-J scope du D' Maddox simplifié. En récollant alternativement les 1 poussières de l'air au-dessus des toits des prisons de la Présî-; dence et d'Alipore à Calcutta, îl obtint 59 préparations microscopiques, qu'il analysa attentivement en notant rigoureusement 1 les conditions météorologiques qui avaient présidé à ses expé- J riences. Toutes durèrent vingt-qualre heures; commeneées lel a6 février 1872, elles ne furent interrompues qu'au mois d'octobre de la même année. La PI. J représente avec l'cxaclilu la plus scrupuleuse la cinquième des 5g planches publiées p le D'' Cunningham. A quelques rares exceptions, l'atmosphère 1 parisienne possède des spores de structure identique; elle en I montre même beaucoup d'autres, que j'ai vainement cherché ft f découvrir parmi les germes récoltés aux Indes anglaises. Pour I recueillir les microbes de l'air des égouts, le même aéroscope fut J placé dans une galerie unissant les égouts de Calcutta à un foyerl des liaé à entretenir les houillcursd'unemachineti vapeur. Quant I à l'eau depluie,une fois recueillie dans des vases propres et flam-j" bés, elle était soigneusement recouverte etcxaminéeàdes époques J successives, en prélevant à chaque fois, au moyen d'une pipette, la quantité de liquide qu'on voulait soumettre au microscope J