‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 4 sur 43 · SUR LES TRAVAUX DE · texte numérisé non relu

SUR LES TRAVAUX DE

■ncliisions des recherches du D' Cui

Voici en substance les ninghfini :

i" Les infusoires, leurs germes ou leurs œufs sont presque cnlièrement absents de l'air de Calcutta et de son voisinage.

2° Les spores el les autres cellules végétales s'y trouvent en quantité considérable ; leur nombre est indépendanl de la vitesse et de la direction du vent.

3" L'humidité (moistiire) ne diminue pas la quantité des poussières organisées de l'atmosphère.

4" Il ne saurait être établi de connexïté (connection) cotre le nombre, la nature de ces cellules et les décès causés par le choléra, la dyssenterie, la dengue, etc.

5" Les particules bacléroïdcs, qu'il est difficile de voir dans les poussières de l'air extérieur, sont au contraire très fréquentes dans l'air humide des égouts, où on les trouve mélangées aux spores de Pénicillium, d'Aspergillus , mais dépouillées des nombreuses productions que l'on rencontre à l'air libre.

6° L'eau de pluie abandonnée à elle-même montre des végétations cryplogamiques, des cercomonadcs, des amibes, qui semblent provenir des zoospores nés des filaments mycéliens émis par les spores vulgaires.

y" L'addition à des liquides altérables de poussières sèches, même exposées aux chaleurs tropicales, donne rapidement des bactéries et des champignons, quoique les germes de ces productions soient très rarement trouvés dans les poussières sèches. Il paraît dès lors très probable que les monades et les bactéries ont une même origine; mais il reste incertain si leur développement est dû à l'hétérogénèse, à la présence de germes renfermés dans des cellules mères, ou enfin si ces êtres ne sont pas le dernier terme de développement des cryptogames vulgaires.

Dans la dernière partie de ses conclusions, le D' Cunningham touche à la fols à des questions parfaitement résolues qu'il révoque en doute, et à des questions obscures qui partagent encore les esprits les plus distingués. Dans le courant de cet Ouvrage nous aurons à revenir sur ce sujet.

■ 4 APERÇU BISTOIttQUB

Bien avant le D** Cunningham, M. Ch. Robin sVtait élevé I contre les auteurs «jui voyaient partout des œufs d'infusoires ; 1 comme bien d'autres observateurs, ce savant professeur découvrit dans l'air des spores de cryptogames, mais il insista biea d tort, suivant moi. sur le peu de fréquence de ces cellules.

K Quant aux micropbytes, avance M. Cti. Robin {'), dont soti- i vent en effet le microscope montre quelques spores diverses de \ volume et de structure, rien n'est plus facile que de les distinguer, soit des ovaires et des ovules des iniusoires, soit de ces derniers enkystés ou non; rien n'est plus facile de Toir | que les espèces de cryptogames auxquelles elles appartiennent ne dépassent pas une dizaine environ dans chaque expérience, et qu'on n'en compte pas une centaine d'espèces en comparant toutes les expériences faites. »

Celle excessive facilité qui présiderait â la découverte d'un œuf de monade ou de rhizopode, isolé et perilu, comme c'est l'habitude, au sein de looooo spores de champignon de toutes formes, paraîtra à tous les micrographes beaucoup plus tl]éorique que réelle. Sans doute il est aisé de distinguer, par exemple, un œuf de yîof(/er d'une semence d'fl/iernn/'jo, un œuf de Tardigrade d'un pollen ou d'un cadavre de cyclope encore muni de sou œil rouge et de sa carapace, mais la difficulté de- ! vient autre, je le répète, quand il s'agit de différencier <Ye y/i« un œuf d'amibien maltraité par la sécheresse d'une spore déformée par le temps. Quant à faire agir sur ces germes douteux d'infusoire les réactifs chimiques propres à les caractérî- J scr en les dissolvant, ce tour de main dépasse les limites de | l'habilelc du micrographc : 91} fois sur lou, le prétendu ovule échappe aux yeux, se perd, et le spécimen de poussière est , irrémédiablement compromis.

J'arrive aux recherches exécutées à l'Observatoire de Mont- j souris par M. Scbœnauer (<). Le premier acte de mon habile I

(') Cp.tliiiii, Traité du mkntteopc, p.Saa (1871), ci Trailu du iiiici-atcope, I' édition, p. 87»: 1877.

{*} StawsAi'CR, Annuaire de Montiùurii pour l'an i87-;.

SUR LES TRàYÀUX DE MICROGRAPHIE.

prédécesseur fut d'abandonner les méthodes aéroscopiques des D" Maddox et Cunnîngham pour revenir aux aéroscopes à aspiration, dont remploi mérite certainement d'être appliqué partout où cela est possible. En projetant sur une goutte de glycérine une centaine de litres d'air puisés à l'extérieur aux difl'érentcs

Fi g. 3.

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Corpuscules résineux (2) ; amidon (12); spores hypothétiques de bactéries (9) ; spores cryptogamiques, recueillis en 1875 par M. Schœnauer. Grossissement : 1000 diamètres.

époques de l'année, M. Schœnauer récolta toujours une faible quantité de poussières au sein desquelles il distingua des pollens des grains d'amidon et d'autres corpuscules organisés dont je suis heureux de reproduire les dessins consciencieusement exécutés sous le fort grossissement de 1000 diamètres, amplification qui leur enlève peut-être un peu de leur élégance, mais les montre certainement avec une plus grande vérité de détails.

l6 APERÇU BISTORIQL'E

M. Schœnauer n'aborda pas l'élude statistique des germ

1 / ^ «"(aV^I

Spores hypolhéliques de bacléries (i): spnrea de cryptogames, recueillies en iS;5 par M. SchœDsuer. Grossissetncnl : looo diamètrei.

de l'air : il préféra s'attacher à l'étude des bactéries almosplU

SUR LES TRAYÀCX DE MICROGRAPHIE. J*^

riques avec le secours d'une méthode fort pénible à appliquer,

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Fig. 6.

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Amidon (i, 7, iZ, i5); pollen (la); spores cryptogamiqueS) recueillis en 1876 par M. Schœnauer. Grossissement : 1000 diamètres.

Fig. 7.

Spores cryptogamiqaes recueillies en 1876 par M. Schœnauer.

Grossissement : 1000 diamètres.

désignée sous le nom de Procédé des rosées artificielles, qu'il

APnÇtJ HIBTC

poussa, je dois le dire, à un hanl degré de perrecLion et lui fil rendre Ions les services qu'on en devait attendre, c'est-à-diro lies données ni allie urousenicnl incertaines cl souvent ( tables.

Fig. M.

Vers la môme époque, M. G. Tissandier ( ' ) entreprit desl reclierches microscopiques de même nature , qu'il a consigoéesl dans son onvrage sav les l'oussières de l'air. De son c6ti,r M. Emile Yung (*) analysa l'atmosphère de la Suisse, les pou»rl ïiérea répandues dans la neige des Alpes; ces travaux, exéciitt^B

(') G. TiuuDJ (') t;«iti Yc«

i. IV, p. i^i.

B, Les pouatiérei de l'air, 1877.

A'tliives dei Sciencet physiqiu

SUR LES TRÀYÀUX DE MICROGRAPHIE. I9

avec talent, seront toujours consultésavec profit par les micrographes désireux de se faire une idée exacte des progrès rapides accomplis dans l'art de saisir avec habileté les microbes aériens.

Je n'ai plus qu'à signaler mes propres recherches sur les spores aériennes des cryptogames. Je serai bref, persuadé qu'il s'attache plus de curiosité que d'importance à cette étude, limitée à une classe de végétaux microscopiques dont le rôle le plus apparent est de nous débarrasser avec promptitude d'une foule de substances mortes qui ne tarderaient pas à encombrer la surface du sol, si ces végétaux parasites venaient à en disparaître.

I. Poussières minérales atmosphériques. Cristaux microscopiques. Globules de fer météorique.— II. Poussières organiques. Amidon. Poils des plantes. Fibres végétales. Dépouilles du règne animal. — III. Cadavres et œufs d'infusoires.

L'observateur qui se livre à l'étude systématique des corpuscules charriés par les courants atmosphériques ne tarde pas à reconnaître la nécessité de grouper en grandes familles naturelles les cellules, spores et débris de toute sorte que les procédés d'expérimentation lui permettent d'amener sous le microscope.

L'air en mouvement offre à considérer une foule de particules inertes de nature terreuse, charbonneuse et ferrugineuse parmi lesquelles les réactifs chimiques décèlent aisément des phosphates, des carbonates, du silex, etc., se présentant le plus souvent sous la forme de blocs irréguliers à arêtes vives et tranchantes dont la grosseur varie depuis le grain de sable visible à Tœil nu jusqu'à la granulation la plus fine. Â en croire les données de Texamen microscopique, il n'existerait pas de limites à la division des corps solides; aussi voit-on le silex, le calcaire, le charbon, se présenter en particules ténues, défiant en petitesse la bactérie la plus infime ; dans ce cas, les angles des corpuscules ne sont plus perçus, leurs contours polygonaux semblent devenir circulaires : bref, les éléments minéraux recueillis dans cet état d'extrême division sont difficiles à différencier des germes des schizophytes (*),

(') Sous les noms de se hizomy cèles ^ schizophytes, microphytes, microbes^ microcoques, bactériens, vibrioniens, saprophytes, etc.. beaucoup d'auteurs

L'analyse microscopique des âédiraenls atmosphériques sel heurte donc dès l'abord contre une barrière malaisée à franchir, au delà de laquelle les données de l'observation directe doivent être considérées comme illusoires. La pratique démontre en effet qu'il est imprudent de se prononcer sur l'origine et la nature d'un corpuscule isolé dont les dimensions ne dépassent pas j^ de millimëlre. En dehors d'une infusion peuplée de microbes, le groupement de globules agencés en sabliers, en carrés, en cubes, en chapelets, peut, il est vrai, nous porter à identifier ces globules avec ces végétations alguaîres nommées micrococcus ; mais cette simple donnée est fort peu rigoureuse et peut être comparée à ce mirage trompeur qui nous porterait à voir un bacille, un bactérium ou un vibrion dans un cristal prismatique ou une librille fort petite. 11 faut donc confesser, et je ne crains pas sur ce point d'être en désaccord avec les microgi'aphes de profession, qu'un germe de schizophjtcs est, dans la majorité des cas, fort difficile à distinguer des poussières minérales et organiques qui l'accompagnent dans l'almo- I sphère. Cet aveu restreindrait singulièrement le champ d'investigation des panspermistes s'il n'existait pas aujourd'hui un 1 mode d'expérimentation permettant de pallier l'insuflisance de nos instruments d'optique et de compter, sans le secours du 1 microscope, les germes aériens des bactéries; je veux parler J d'un procédé fécond en magnUiques résultats : de la culture des ■[ microbes vulgarisée par M. Pasteur. Pour rester fidèle au plan 1 général adopté dans cet Ouvrage, j'insisterai d'abord sur l'ana- 1 lyse des poussières aériennes, commode à pratiquer avec le f secours de faibles grossissements : c'est là sans contredit use étude aisément abordable pour l'observateur qui n'a pas à sa disposition un laboratoire spécialement outillé pour les recherches I délicates sur les intiniment petits.

Jésigoenl pur une «eul ippel^cs ptus vulgaire.

I totalité des espi^cet vésétales infïnearn^

SÉDIMENTS AÉRIENS. ri!^

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