‹ Les organismes vivants de l'atmosphèreChapitre 6 sur 43 · OEUFS AÉRIENS DES INFUSOIRES · texte numérisé non relu

OEUFS AÉRIENS DES INFUSOIRES

individualité pendant des mois et des années, de plus que les algues et les champignons cultivés dans Teau à l'état de pureté ne donnent jamais d'inl'usoires et ne se transforment pas en cryptogames. La théorie de révolution des espèces me semble devoir tirer peu de profit de ce genre d'expériences conduites avec toute la rigueur nécessaire.

Voici comment l'on arrive sans difficulté à construire les aquariums d'eau de pluie dont je viens de parler. Un tube à boule soufflée i, disposé comme le représente \di Jig, i3, reçoit d'abord quelques fragments de tiges de plantes, encore vertes;

Fig. i3.

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Aquarium d'eau de pluie.

puis, au-dessus de l'étranglement e, on place une bourre de coton de verre, La pointe a scellée, l'appareil est porté deux heures à la température de i6o® ; l'eau de pluie récoltée dans la capsule de platine P, rougie au préalable, on aspire par la branche libre du tube l'eau de pluie qui se rend alors dans la boule b en pénétrant par la pointe a flambée, avant d'avoir été brisée avec une pince également flambée. Cela fait, cette pointe est fondue, et l'on obtient ainsi un échantillon d'eau météorique qu'on peut conserver, autant qu'on le juge convenable, à l'abri de toute poussière. Les tiges de plantes introduites dans

3o CHAPITRE I.

la boule avant la stérilisation de Tappareil fournissent, bien qu'à demi calcinées, une infusion où les végétations cryptogamiques et les infusoires se plaisent et où les bactéries ne se développent jamais en assez grand nombre pour étouffer les animalcules qu'on se propose de cultiver et d'étudier.

I. Des procédé; employés pour récoller les poussièresatmospliÉriquc;. Aéroscopest de Pouchel, de Middo^, de Cuiminghoin, de Scbœnaucr et ïung. Nouvcsuil sëroscopEs de Mon(»ouris. — It. De lu nulure des corpuscules organisés de l'almosplière. AmiiloD et pollens a tmospli toriques. Spores des moisissures el algues vertes. — Itl. Du nombre des spores aériennes. — IV. Spores crjrptogamiques de l'air des égouts. De l'atmoBpbére des habilatious, des liûpilnux. Des semcpces mêlées aux sédiments aériens déposés à la surrace des objets.

I. — Des procédés employés pour récolter les poussières de l'air.

La méLhode la plus simple, mais aussi la plus défectueuse, direcueillir les poussiiTes uttiiospliériqucs consiste à exposer û l'air extérieur une plaque de verre enduite d'un liquide gluant peu siccatif. Habituellenienl les grains de sable, les substance.: terreuses, soulevées par les coups de vent, les feuilles mortes, les débris d'herbe, les insectes, viennent bientôt se fixer sur la lamelle et ajouter aux vt^rîtables poussières atmosphériques de.s éléments grossiers que l'air n'emporte jamais très loin dans sa course. D'autre part, un calcul élémentaire permet de démontrer qu'une plaque de verre enduite de glycérine sur une surface de 4"' doit, par un vent de vitesse moyenne, rester exposée en plein vent pendant trois mois pour se charger de l.i majeure partie des corpuscules répandus dans i"" d'air. Si um: semblable expérience dure seulement quelques jours, le chiffre des organismes recueillis est très faible et, sans que j'y insiste davantage, on comprend également que les semences volumineuses sont récoltées relativement en plus grand nombre que les spores de petit diamètre.

3a CHAPITRE II.

Une autre méthode moins directe d'amener les poussières de| l'air sous le microscope consiste à recueillir, dans des vases pn-f rifiés de tout germe, les eaux météoriques, la neige et la vapeura d'eau atmosphérique condensée par des mélanges réfrigéranla ou des appareils à glace à la surface extérieure d'un ballon à verre parfaitement flambé avant l'expérience, puis à examioei attentivement à de (orts grossissements les corpuscules diver»! ■lue le liquide ainsi obtenu tient en suspension ou laisse déposer par décantation au fond du vase. On peut objecter à c mode d'investigation la fatigue excessive qu'il entraîne et la dif-l liculté que l'on éprouve à saisir dans un volume de véhiculai toujours considérable les espèces incapables de s'y développera

Plusieurs auteurs ont pensé qu'en dirigeant à travers l'atinth sphère un jet de vapeur ou d'eau pulvérisée fortement chaufrésl au préalable, on parvenait à ramasser les germes de l'air. Sam doute cela est exact, mais l'eau de ce brouillard artificiel, con^j densée sur des soucoupes purgées de toute impureté, est i si grande quantité, eu égard au nombre des germes saisis, quefl leur recherche au microscope reste encore fort longue el foitfl laborieuse.

A ces divers modes d'expérimentation, Gaultier de Claubrj Angus Smith, Dundas Thompson, Beaudrimont el Danci substituèrent le barbotement de l'air dans de l'eau bouîl placée, comme pour les analyses chimiques, dans des fioles llacoDs de Woolf, des tubes enU, des tubes à boules, etc.Cetti manière d'opérer est également loin d'être irréprochable, cal dans les expériences dont la durée dépasse une demï-jaurné< (certains observateurs les ont prolongées pendant un mois], lei spores amenées au contact de l'eau pullulent, el il arrive alora que ce ne sont plus les véritables semences de l'air qu'on a soui les veux, mais les végétations et les fructifications variées auxquelles ces germes ont donne naissance. Dans une expériecce célèbre, elTectuée à Manchester el rapportée avec détail dans l'ouvrage d'Angus Smith {'), M. Danccr trouva 3? millions et J

(') Ajii;i;» Smi», Air and Hain, p. ',87 e

demi de fruclificatlons cryptogamiques dans 114^^", soit i5ooo semences par litre, non compris évideminenl celles que l'eau n'avait pu fixer au passage : jamais l'atmosphère ne présente une telle abondance de graines de mucédioécs, et les affii'malions erronées du mierographe de Manchester ont eu pour origine la cause d'illusion que je viens de signaler.

Pour étudier les germes lels'que l'air les transpoile, il est indispensahle de les fiser sur des substances où ils ne puissent croître et s'altérer. Pour ma pari, je les recueille sur une goutte d'un mélange fait à chaud de deux parties de glycérine pour une partie de glucose solide ; le liquide ainsi obtenu est très sirupeux, très lent ù filtrer au papier; mais il constitue une liqueur conservatrice fort précieuse, n'altérant pas sensiblement, même au bout de plusieurs années, la couleur, la forme des pollens et des semences atmosphériques les plus délicates ; d'un autre côté, sa viscosité, en soustrayant au mouvement brownien les corpuscules les plus ténus^ permet d'obtenir des préparations faciles à photographier.

La glycérine ordinaire est d'un plus mauvais usage, elle s'Iiydrate considérablement pendant les temps de pluie et de brouillards et peut devenir, dans ce cas, un milieu favorable à la multiplication de quelqui

Lors de ses expériences sur les générations

sponi

itanéet

M. Pasteur se servit, pour recueillir les poussières de l'air, de bourres de colon nitrique qui, une fois dissoutes dans un mélange d'alcool cl d'élher, donnaient un collodion laissant déposer, pardécantalion, les sédimenlsatmosphériques arrêtés au passage; après plusieurs lavages successifs cITeclués ù l'eau pure, le dépôt était finalement amené sous le microscope. Pour produire une aspiration lente et continue, M, Pasteur a utilisé la trompe représentée par \ajlff. 14. L'eau d'un réservoir, déversée lentement dans un lube de laiton à trois branches R, s'échoppe sous la forme d'index par un tube de caoutchouc K./, en entraînant dans sa chute de nombreuses colonnes d'air. Le vide produit se transmet par le tube mn au tube de verre Tb placé au travers du châssis d'une fenêtre et muni en ab d'une bourre

de coton soluble destinée à intercepter tous les corpuscules aériens. Ce procédé, que Angus Smith a tenté d'employer, est fort difficile à appliquer aux. recherches statistiques des germes. M. Pasteur le sentait si bien, qu'à Tépoque même où il publia

Fig. 14.

Trompe de M. Pasteur.

ce procédé il cherchait par des essais multipliés à lui en substituer de plus pratiques ; il lui paraissait de tout point préférable de fixer les germes sur des liquides gluants contenus dans des tubes de verre ou sur des bourres faites de silicates alcalins, de sucre, à la manière du coton de verre des souffleurs, el qu'une goutte d'eau eût suffi pour fondre et laisser ensuite tous les germes nettement visibles.

Pouchet rendit plus rapide et plus simple l'analyse qualitative des poussières atmosphériques en inventant l'aéroscope dessiné dans \di fig. i5, formé, comme on le voit, d'un cylindre de verre dans l'axe duquel plonge un tube destiné à projeter un jet d'air sur une plaque de verre recouverte d'une substance vis- <{ueuse, et muni à son armature inférieure d'une tubulure en communication avec un aspirateur. Plusieurs savants français et étrangers se sont servis avec succès de cet instrument; d'autres Pont modifié plus ou moins heureusement; d'autres l'ont transformé en aéroscope à girouette, au grand détriment de leurs travaux..

AËROSCOPES. 3.")

C'est au D' Maddox qu'est dil le premier aéi'oscope suscep-

tible de fonctionner sans l'action du vent, hrtjip. 16 le montre Ici cju'il fut présenté à la Société Rojale de Microscopic, dt-

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