ATTENTE
£speraba, despenid».
Monte, écureuil, monte au grand chêne « Sur la branche des cieux prochaine, Qui plie et tremble comme un jonc.
Cigogne, aux vieilles tours fidèle.
Oh 1 vole ! et monte à tire-d*aile De réglise à la citadelle.
Du haut clocher au grand donjon .
Vieux aigle, monfe de ton aire A la montagne centenaire Que blanchit Thiver étemel , £t toi qu'en ta couche inquiète Jamais l'aube ne vit muette, Monte, monte, vive alouette, Vive alouette, monte au ciel !
Et maintenant, du haut de Tarbre, Des flèches de la tour de marbre.
Du grand monU 4« ciel enflammé,
A rhorizoD, parmi la brame.
Voyez-vous flotter une plume« Et courir un cheval qui fumc« Et revenir mon bien-^imé ?
Juin 4828.
LAZZARA.
Et cette femme était fort belle. RoUf chap. XI, T. 2.
Comme elle court I voyez : — par les poudreux sentiers, Far les gazons tout pleins de touffes d'églantiers,
Par les blés où le pavot brille, Par les chemins perdus, par ks chemins frayés, Par les monts, par les bois, par les plaines, voyez
Comme elle court, la jeune iille I
Elle est grande, elle est svelte, et quand, d*un pas joyeux. Sa corbeille de fleurs sur la tête, à nos yeu;x
Elle apparaît vive et folâtre, A. voir sur son beau front s^arrondir ses bras blancs, On croirait voir de loin, dans nos temples crouLints,
Une amphore aux anses d'albâtre.
Elle est jeune et rieuse, et chante sa chanson, Et, pieds nus, près du lac, de buisson en buisson.
Poursuit les vertes demoiselles.
Elle lève sa robe et passe le? ruisseaux.
Elle va, court, s'arrête, et vole, et les oiseaux Pour ses pieds donneraient leurs ailes.
Quand, le soir, pour la danse on va se réunir. A rheure où Ton entend lentement revenir
Les grelots du troupeau qui bêle.
Sans chercher quels atours à ses traits conviendront, Klle arrive, et la (leur qu'elle attache à son front
Nous semble toujours la plus belle.
Certes, le vieux Orner, pacha de Négrepont, Pour elle eût tout donné, vaisseaux à triple pont,
Foudroyantes artilleries, Hamois de ses chevaux, toisons de ses brebis, Et son rouge turban de soie, et ses habits
Tout misselants de pierreries ;
Et ses lourds pistolets, ses tromblons évasés.
Et leurs pommeaux d'argent par sa main rude usés.
Et ses sonores espingoles, Et son courbe damas, et, don plus riche encor, La grande peau de tigre où pend son carquois d'or,
Hérissé de flèches mogoles.
Il eût donné sa housse et son large étrier ; Donné tous ses trésors avec le trésorier ;
Donné ses trois cents concubines , Donné ses chiens de chasse aux colliers de vermeil ; Donné ses Albanais, brûlés par le soleil,
Avec leurs longues carabines.
Il eût donné les Francs, les Juifs et leur rabbin ;
Son kiosque rouge et vert, et ses salles de bain
Aux grands pavés de mosaïque ; Sa haute citadelle aux créneaux anguleux ; Et sa maison d'été qui se mire aux flots bleus
D'un golfe de Cyrénaïque.
Tout I jusqu'au cheval blanc qu'il élève au séraiK Dont la sueur à flots argenté le poitrail ;
Jusqu'au frein que l'or damasquine ; Jusqu'à cette Espagnole, envoi du dey d'Alger, Qui soulève, en dansant son fandango léger.
Les plis brodés de sa basquine !
Ce n'est point un pacha, c'est un klephte à l'oeil ncir Qui l'a prise, et qui n'a rien donné pour l'avoir,
Car la pauvreté l'accompagne ; Un klephte a pour tous biens l'air du ciel, l'eau des puith, Un bon fusil bronzé par la fumée, et puift
La liberté sur la montagne.
Mal I8M.
fOO LES OBIEMALISS.