‹ Les Orientales. Les feuilles d'automneChapitre 4 sur 99 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

idée, et se soient mis à le traiter sans plus de façon qu'âne hypothèse, le construisant a priori comme une abstraction, le refaisant de toutes pièces, de manière que lui,^poëte, homme de fantaisie et de caprice, mais dussi de conviction et de probité, est devenu sous leur plume un être de raison, d'étrange sorte, qui a dans une main un système pour faire ses livres, et dans l'autre une tactique pour les défendre. Quelques-uns ont été plus loin encore, et, de ses écrits passant à sa personne, l'ont taxé de présomption, d'outrecuidance, d'orgueil, et, que sais-je? ont fait de lui une espèce de jeune Louis XIV, entrant dans les plus graves questions, botté, éperonné et une cravache à la main.

Il ose afiBrmer que ceux qui le voient ainsi le voient mal.

Quant à lui, il n'a nulle illusion sur lui-même. Il sait fort bien que le peu de bruit qui se fait autour de ses livres, ce ne sont pas ces livres qui le font, mais simplement les hautes questions de langue et de littérature qu'on juge à propos d'agiter à leur sujet. Ce bruit vient du dehors, et non du dedans. Ils en sont Toccasion, et non la cause. Les personnes que préoccupent ces graves questions d'art et de poésie ont semblé choisir un monusnt ses ouvrages comme une arène, pour y lutter. ' Mais il n'y a rien là qu'ils doivent à leur mérite propre. Cela ne peut leur donner tout au plus qu'une importance passagère, et encore est-ce beaucoup dire. Le terrain le plus vulgaire gagne un certain lustre à devenir champ de bataille. Austerlitz et Marengo sont de grandf noms et de petits villages.

Février 1839.

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