‹ Les Orientales. Les feuilles d'automneChapitre 49 sur 99 · Herbe qui sert à tannei · texte numérisé non relu

Herbe qui sert à tannei

Elle nous a réveillés, comme dans le désert sablonneux d'Alidj Omaya a tiré du sommeil ceux de la tribu de Madjdel.

Elles s'avancent toutes deux la nuit, de peur que les chameaux fatigués ne les laissent dans Tembarras

J*ai vu, et mes compagnons Tout tu aussi, le feu de Oueddan, snr une éminence. Cétaitun bon feu, un feu bien flambant.

Quand ce feu languit, étouffé par la brume, tout à coup on le Toit se ranimer en couronne de flammes.

J''ai dit à mes compagnons : f Suivez-moi, i» et ils descenâireut de leurs chevaux bons coureurs, sveltes.

Noos nous reposâmes un court instant comme le katha, et 1^8 chamelles rapides aux jambes écartées nous emportèrent.

Il y a encore de Tobscurité dans ces fragments, iniiis il nous semble que la grâce et le sublime percent an travers.

Voici le début d'un poëme composé par Schanfari, {loête de la tribu d'Azed et coureur de profession.

Enfants de ma mère ! montez sur vos cbameaux ; moi, je me dirige vers d'autres gens que vous.

Les choses du voyage sont prêtes, la lune brille, les chameaux sont sanglés et sellés.

Il est sur la terre un lieu ou Ton ne craint point la haine, un refuge contre le mal.

Par ma vie 1 la terre n'est jamais étroite pour Thomme sage qui sait marcher la nuit vers l'objet de ses désirs, ou loin de l'objet de ses craintes.

J'aurai d'autres compagnons que vous ; un loup endurci à la course, un léopard leste; avec eux on ne craint point de voir son secret trahi.

Tous sont braves, repoussent l'insulte, et moi, comme eux, je m'élance sur l'ennemi à la première attaque !

Quel ton de grandeur, de tristesse et de fierté dans ce

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début I Tel est le caractère général de ces poèmes de cent vers au plus, que les Arabes nomment Cassideh,

Un autre poète du divan de Bochteri^ recueil de poésies d^hommes inconnus, fleurs du désert dont il ne reste que le parfum, dit :

Quand je -vis les premiers ennemis paraître à travers les tamarins et les arbres épineux de la yallée,

Je pris mon manteau sans me tourner vers personne; je haïssais Fhomme comme le hait le chameau à qui on vient de percer les narines*.

Des Arabes aux Persans la transition est brusque ; c'est comme une nation de femmes après un peuple d'hommes. Il est curieux de trouver à côté de ce que le génie a de plus simple, de plus mâle, de plus rude, Fesprit, rien que l'esprit, avec tous ses raffinements, toutes ses manières efféminées. La barbarie primitive, la dernière corruption ; l'enfance de l'art et la décrépitude. C'est le commencement et la fin de la poésie qui se toucheot. Au reste, il y a beaucoup d'analogie entre la poésie persane et la poésie italienne. Des deux parts, madrigaux, concettis, fleurs et parfums. Peuples esclaves, poésies court! sanesques. Les Persans sont les Italiens de l'Asie.

GHAZEL.

Si je voyais cette enchanteresse dans mon sommeil, je lui ferais le sacrifice de mon esprit et de ma foi.

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