Pour placer Tannean qui sert à le conduire
Si un instant je pouvab placer mon front sous la plante de son pied,
Je ne tournerais plus mon yisage vers la terre. Si elle me disait : c Ce pied est un esclave dans ma cour, f Je placerais ce pied sur la neuvième sphère céleste. Oh ! ne dénoue pas ces tresses à Todeur de jasmin ; Ne fais pas honte aux parfums de la Chine. Oh ! Rafi-Eddin, avec candeur et sincérité, fais de la pou s* ' sière qu'elle foule le chemin de ton front.
RAFi-Eooiir,
ATJTRE.
le Quel est le plus épars de tes cheveux ou de mes sens? Quel
est l'ohjet le plus petit, ta bouche ou le fragment de mon
cœur brisé?
Est-ce la nuit qui est la plus noire, ou ma pensée, ou le
point qui orne ta joue? quel est le plus droit, de ta taille, ;; d'un cyprès, ou de mes paroles d*amour? |g' Qui va chercher les cœurs? ton approche ou mes vers qui
épanouissent Tàme? quel est le plus pénible, de tes refus ou
de mes plaintes qui brûlent?
^' Chahpoitb Abbabi.
le
Mais assez d'antithèses, voici un ghazel d'une vraie beauté, d'une beauté arabe :
[tti
ts, Ceux qui volent à la recherche de la Caaba % quand ils ont ^ enfin atteint le but de leurs fatigues,
de
Voient une maison de pierre, haute, révérée, au milieu d^une vallée sans culture ;
4. Maison apportée da ciel parles anges, et où Abraham professa
lui la doctrine d'an Dieu unique. Une autre tradition raconte que e'eot le
Ueo où se rencontrèrent Adam et Eve après une longue séparation sur
la terre. Ce temple fut dès la pins hante antiquité le point da péleri-
nage des Arabes que les musuhnans continuent d^obsenrer.
188 LES ORIEOTALES.
Us y entrent, a£n d'y voir Dieu; ils le cherchent longtemps et ne le voient point.
Quand avec tristesse ils ont parcouru la maison, ils entendent une voix au-dessus de leurs tôtes :
« O adorateurs d'une maison ! pourquoi adorer de la pierre et de la boue? Adorez l'autre maison, celle que cherchent les élus! i
Djeial Eddin Roumi.
Ce poëte est célèbre dans TOrient. 11 était très-avancé dans le mysticisme des soufis, dont les hauts degrés sont un état de quiétude complète, à^ anéantissement : c'est le mot dont ils se servent.
Ferideddin Attar, dans son poème mystique le Xa/?^^'^^ </<'^Oi>^a/^x, définit d'une façon remarquable cet état d'anéantissement ou de pauvreté^ comme ils disent encore :
L'essence de cette région est l'oubli; c'est la surdité, le mutisme, l'évanouissement.
Un seul soleil efface à tes yeux cent mille ombres.
L'océan universel, s'il s'agite, conunent les figures tracées sur les eaux resteront-elles en place?
Les deux mondes, le présent et l'avenir, sont des images que présente cette mer ; celui qui dit : « Ce n'est rien, » est dans une bonne voie.
Quiconque est plongé dans l'océan du cœur a trouvé le repos dans cet anéantissement.
Le cœur, plein de repos dans cet océan, le cœur n'y trouve autre chose que le ne-pas-être*
(Notes du Pend'Namèh de Ferideddin Attar^ publié par M. S. de Sacy.)
Voici six beaux vers de Ferdoussi^ le célèbre auteîir de Chalinamèb {Livre des Rois).
Quand la poussière se leva à l'approche de l'année, Les joues de dos illustres soldats devinrent pâles;
LES ORIEJSTALES. 18»
Alors je levai cette hache de lekchm*,
Et d*un coup je fis un passage à mon année.
Mon coursier poussait des cris comme un éléphant furien*. ;
La plaine était agitée comme les flots du Nil.
Jones a publié ce fragment en anglais. Togrul beii Arslan^ le dernier des Seljoukides ^ répéta ces vers à haute Yoîx dans la bataille où il périt.
Le commencement du poëme de So/irab^ dans Fer*donssi, ne nous semble pas moins remarquable :
J'ai appris d^un mobed'que Rustem se leva dès le matin.
Son esprit était chagrin ; il se prépara à la chasse ; il ceignit sa masse, et remplit son carquois de flèches.
U sortit; il sauta sur Rakch', et fit partir ce cheval à forme d*éléphant.
Il tournait la tête vers la frontière da Touràn, comme un lion furieux qui a vu le chasseur.
Quand il fut arrivé aux homes du Touràn, il vit le désert plein d'ânes sauvages.
Le donneur de couronnes (Rustem) rougit comme la rose ; il fit un mouvement et lança Rakch.
Avec les flèches, et la masse et le filet, il jeta à terre des troupes de gibier.
Nous terminons ces extraits par un pantouin ou chant malais, d'une délicieuse originalité :
PASTOUM MALAIS.
Les papillons Jouent à Tentour sur leurs ailes;
Ils volent vers la mer, près de la chaîne des rochers.
1 . Surnom de Sam^Jils de Neriman ; Sam était le père de Bustem , I c'est ce béroti qni se bat armé de la bâche de son père.