‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 183 sur 222 · SAINT LAURENT · texte numérisé non relu

SAINT LAURENT

Rétablissons dans leur intégrité les dernières paroles de ce saint, que l’on cite toujours d’une façon incomplète :

— Vous pouvez, dit-il à ses bourreaux, faire tourner mon corps ; il est assez rôti de ce côté-là.

11 ajouta ensuite :

— Ma chair est présentement assez rôtie : vous pouvez en manger *.

Un autre saint, dont le nom nous échappe, et qui mourait tout prosaïquement de maladie, entamait la prière : « Nunc dimittis servum tuum, Domine... »

Comme il s’arrêtait, son confesseur l’engageant à achever :

— J’achèverai là-haut, répondit-il.

l’abbé de saint-pierre.

On lui demandait comment il envisageait salin.

-* Comme un voyagé à la campagne, répondit le bon abbé.

« L’abbé de Saint-Pierre, en mourant, dit le marquis d’Argenson, a rempli ses devoirs de chrétien, ayant sa

1 Cookscabo ; a Vies d«s Saints ».

famille et scs valets autour de lui. Mais voici un trait singulier : ayant fini ce devoir, il lit rappeler le curé et lui dit qu’il n'avait à se reprocher que cette dernière action ; qu’il n’avait jamais trahi la vérité qu’en cette occasion, en feignant une certitude qu’il n’avait pas, par vile complaisance pour sa maison ; qu’il voulait être confesseur de la vérité toute sa vie, etc. En un mot, il se confessa de s’étre confessé... ’

« Il ne parlait dans ses derniers jours que par monosyllabes; il disait « Fin. » On croyait qu’il demandait à manger, mais il répétait : « Finis. » On lui disait qu’il en reviendrait’; il répondait: «Ressource, non; espérance oui. 1 »

SANG-FROin.

Un Spartiate, terrassé par un ennemi, se voyait sur le point de recevoir le coup mortel par derrière :

— Frappe-moi par devant, lui dit-il. afin que je ne fasse pas rougir mes amis.

t - Mé moires, » édition Jannel, t. v, pp Îl#-Î17.

* l'n soldat espagnol, prêt à faire naufrage, se mit à manger un morceau de pain en disant :

— Mènes ter romer un poquito para beer tanlo. (Il faut manger un peu pourboire tant).

Aldérèle, à la tète' des conquérants du Mexique, fit charger de fers et mettre sur des charbons ardents le malheureux empereur Guatimozin et son favori, qui s’étaient refusé à indiquer où étaient cachés les trésors de l’empire. Le ministre finit par laisser échapper un cri que la douleur lui arrachait.

— Et moi, lui dit Guatimozin, en le regardant d'un air calme, suis-je donc sur des roses ?

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