‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 200 sur 222 · TYCHO-BRAHÉ · texte numérisé non relu

TYCHO-BRAHÉ

Persécuté dans sa patrie et privé de ses pensions, il se retira en Hollande et ensuite à Prague, où il fut dédommagé par Rodolphe II de toutes les traverses qu’il avait

I Buii rue DR Boismoxt, a Du Su ici Je, » p. 434.

endurées. Mais il ne jouit pas longtemps de cette bonne fortune; il était d’ailleurs gravement affecté d’une maladie de vessie. Se trouvant dans le carrosse de l’empereur et n’osant, malgré une impérieuse nécessité, demandera descendre, ou l’en relira mourant; ce qui donna lieu à l'épitaphe suivante :

Ci-gll qui, possédant les plus hautes sciences,

Fut victime des bienséances,

Et dont le vrai portrait se fait en un seul mot •

•< Il vécut comme un sage et mourut comme un sol. »

JEAN UNDERWOOD.

Le G mai 1733, on enterrait à Wittesca Jean Underwood de Necsington. — La fosse comblée, les six amis, qui composaient tout le convoi, chantèrent la dernière strophe de la XX 0 ode du II e livre d’Horace :

Absint inani funcre uæniæ...

Les cloches étaient restées silencieuses. — Nul parent n’avait pris part à la cérémonie. Le défunt, qui avait voulu faire lui-même les invitations, n’avait prié que six amis. D’après ses ordres, on l’avait mis tout habillé dans une bière peinte eu vert, et on plaça, sous sa tète, « l'Horace » de Sanadon; à ses pieds, le « Milton » de Richard Bentley; dans sa main droite, une petite bible grecque,

avec une inscription en lettres d’or, terminée par les initiales J. U.; dans la main gauche, une mignonne édition « d’Horace », avec cette inscription : «ilusis amicus », J. U.; enfin, sous le coccix, « l’Horace » de Bentley. Décidément, feu Undenvood raffolait d’Horace.

Sa sœur avait fait préparer un souper exquis pour les six amis qui chantèrent au dessert la XXXI 8 ode du

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Quid dedicatum poscit Apollinem Vates?...

Ils avaient été priés de ne pas s’habiller de noir, de se montrer radieux et de ne se quitter qu'après une ample rasade.

LVstTBIEB MALGRÉ LUI.

« Un fameux usurier, dit le P. Drexelius dans son « Vestibule de l’Éternité », étant proche de la mort, lit appeler un notaire et des témoins, et dicta ce qui suit :

« J’ordonne que mon corps soit rendu à la terre d’où il « a été tiré; je donne mon âme au diable... »

« Ses amis, qui se tenaient près de lui, frissonnèrent d’horreur en entendant d’aussi exécrables paroles et tancèrent le mourant. Mais celui-ci renouvela le même vœu t à plusieurs reprises :

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« Mon âme, s’écriait-il, soit donnée aux démons, d’au- « tant que j’ai acquis plusieurs choses injustement et par « dol. Jedonne pareillement au diable Pâme de ma femme « et celle de mes enfants, qui m'ont induit à tant d’usure « pour payer leur bonne chère et leurs beaux habits. « Item, » je donne au diable l’âme de mon confesseur qui ■> m'a entretenu en mes usures par son silence et sacon- « nivence. »

« Il eut à peine achevé ces mots, ajoute le P. llrexelius, qu’il vomit son âme misérable. — Infâme ! tu auras les héritiers que tu as nommés et les funérailles que tu as méritées. «

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