BRANTOME
« Je veux, dit-il dans son testament, et en charge expressément mes héritiers, de faire imprimer mes livres, que j’ai faits et composés de mon esprit et invention et avec grande peine et travaux, écrits de ma main, et transcrits et mis au net de celle de Malhaud, mon secrétaire à gages, lesquels on trouvera en cinq volumes couverts de velours, tout noir, vert, bleu, et en un grand volume, qui est celui des « Dames % couvert de vélin, et doré par-dessus, qui est celui de « Rodomontades », qu’on trouvera tous dans une de mes malles de clisse, curieusement gardés, qui sont très-bien corrigés avec une grande peine et un long temps; lesquelles j’eusse plus tôt achevés et mieux rendus parfaits sans mes fâcheuses affaires domestiques, et sans mes maladies. L’on y verra de belles choses, comme « Contes, Histoires, Discours et Beaux-Mots, » qu’on ne dédaignera, s’il me semble, lire, si on y a mis une fois la vue; et, pour les faire imprimer mieux à ma fantaisie, j’en donne la charge, dont je l’en prie, à Madame la comtesse de Durtal, ma chère nièce, ou autre, si elle ne le vent, et pour ce j’ordonne et veux qu’on prenne sur ma totale hérédité l’argent qu’en pourra valoir l'impression, et ce, avant que