‹ Les originaux de la dernière heureChapitre 7 sur 222 · APICIUS · texte numérisé non relu

APICIUS

Le fin gourmet, après avoir mangé el bu pour dix-huit millions de mets et de vins exquis, résolut d’employer à un dernier repas les deux millions qui lui restaient. Il réunit le ban et l’arrière-ban de scs amis et de ses parasites habituels, puis les ayant gorgés èt s’étant saturé lui-méme des poissons les plus chers, du gibier le plus recherché et des fruits les plus savoureux d’Europe, d’Asie et d’Afrique, — il s’empoisonna bravement.

ARCÉSILAS.

C’était un philosophe de la suite de Polémon. Après de longs voyages en Grèce et en Perse, il vint se fixer à Athènes et y fonda la deuxième Académie, dont le dogme principal était « l’acatalepsie, » sorte de scepticisme qui consiste à nier que rien de certain puisse être perçu par les sens.

Arcésilas dit, en mourant, à ses disciples éplorés et étonnés de la sérénité de sou visage;

— De tous les maux, la mort est le seul dont la présence n’ait jamais chagriné personne et qui ne chagrine qu’en son absence.

l’abétin.

« Diverses traditions -circulent sur la mort de l’Arétin. Les uns prétendent qu’éclatant de rire au récit des tours et des aventures de ses s ieurs, courtisanes à Venise, il tomba à la renverse de sa chaise et se tua; d’autres le font mourir dans son lit et racontent qu’ayant reçu l'extrême-onction, il dit, en riant, au curé de sa paroisse :

— Guardatc mi da’ topi, or che son unlo. (Préservezmoi des rats, maintenant que je suis oint ) *. »

Vauquelin de la Fresnaye lui fit cette épitaphe :

L’Arétin repose en ce lieu,

Oui de tout médit, fors de Dieu ; Car l'Arélin ne médisait Que de cela qu’il connaissait :

Dieu ne connaissant en nul point, L’Arétin n'en médisait point.

1 Lalannk, « Curiosité* biographiques ».

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