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que rapporte la chronique comme une simple indication tendant à démontrer que, même à ces époques al)solument barbares, les moines bénédictins savaient aimer les arts et cherchaient à s'entourer de belles choses.
Jean V, en 1002, après avoir construit la première église au Sacro Speco,.fît revivre ces nobles traditions. Il appela des peintres, leur livra les parois des voûtes, et bientôt, de grandes figures d'anges et de saints se détachèrent sur un fond Ideu d'azur, rappelant ainsi les mosaïques byzantines des anciennes basiliques, œuvres d'artistes grecs, ou tout au moins de peintres italiens travaillant d'après les mêmes principes.
C'était répo({ue où Didier, abbé du Mont-(iassin, lamenait de Grèce les maîtres (pii devaient construire et décorer la grande église de son monastère et créer des écoles. La distance qui sépare Subiaco du mont Gassin n'est pas considérable; les deux établissements appartenaient au même ordre, tous deux étaient alors placés sous la direction d'hommes éminents, en relations amicales et fré(juentes avec Ilildebrand, l'illustre cardinal ; on peut donc suj)poser, avec beaucoup de vraisemblance, que Di<lier ait envoyé quel(|ues-uns de ses peintres travailler au Sacro Sj)eco.
Le Chronicon Sublacensis, traducteur fidèle de l'admiration qu'avaient suscitée ces peintures, s'exprime ainsi à leur égard : « Les voûtes de l'église furent alors décorées de [)ein(ures dans lestpielles la nuiin d'artistes excellents
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sut comhiiier avec une rare perfection les couleurs les })lus vives. Là, les regards sont frappés de la vivacité du coloris, de la disposition harmonieuse et de la convenance ])arfaite des figures, de sorte (jue les s[)ectateurs charmés ne })euvent détacher les yeux de ces tableaux. »
L'éloge peut aujoui'<rhui nous paraître excessif, mais il faut faire la })art de l'enthousiasme qu'excitait encore au xiv" siècle, chez un religieux de Saint-Benoît il est vrai, ces anciennes peintures (pi'il était de tradition d'admirer naïvement, sans songer à les comparer à leurs voisines.
(^ette première décoration terminée en 1077, à Toccasioii d'une visite (pie lit, en cette même année au Sdcro specn, Timpératrice Agnès d'Aquitaine, veuve de l'empereur Henri III, n'a pas entièrement disparu; les grandes ligures regardent toujours du haut de leur voûte d'azur le visiteur étonné, mais que de fois elles ont été repeintes, restaurées, dénaturées pour prendre le caractère de la peinture d'une autre épocjue; aussi, leur origine est à peu près méconnaissable. Cependant, certains morceaux, certains sujets, peuvent encore, bien (pie généralement en assez mauvais état, nous donner une idée de ce (pie devait être l'ensemble de la décoration. Parmi ceux-ci, le plus important et le mieux conservé représente une Madone vue de face, tenant, également de face, le divin Jésus deliout sur ses genoux; à sa gauche est saint Luc, à droite un autre saint
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dont le nom est effecé et (|ue l'on distingue à peine. Malgré de nombreuses dégradations, les tètes nimbées de la Mère, de l'Enfant, et de l'évangéliste sont encore parfaitement nettes: c'est raide, c'est solennel, inanimé, disproportionné si l'on veut, les contours sont cernés de gros traits noirs, mais il y a un réel souvenir de la beauté antique dans ces visages d'un ovale régulier aux grands yeux bien ouverts, au nez droit, à la bouche petite et bien dessinée; ils offrent une expression mar({uée de douceur et de tendresse, et, cette recherche témoigne })lutè)t des efforts faits par un artiste tendant déjà à s'écarter de la convention hiérati([ue du pur byzanlinisme que d'une servilité ignorante ou de la maladresse d'un grossier copiste.
Il faut arrivera la grande restauration exécutée par les ordres de l'abbé Jean VI, au commencement du xnT siècle, pour rencontrer une suite de peintures offrant un intérêt véritablement sérieux. On trouve cependant quelques tableaux isolés, assez bien conservés, paraissant apparlenir à une épofjue antérieure; on les reconnaît à leur allure barbare, bien que les tètes possèdent un sentiment de vie très manjué et une pei'sonnalité nettement détinie; mais c'est là leur seul mérite.
Les fresques qui décorent l'église abbatiale peuvent se diviser en deux séries: à la partie supérieure des murs se trouvent placées les scènes relatives aux (lilférenls épisodes de la vie de .lésus-Christ, de})uis sa
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Naissance, jusqu'iison Crucifiement; la [)artie inférieure est occupée par quelcpies reproductions de la légende de saint Benoît. Mieux encore que celle-ci, l'église souterraine a été spécialement consacrée à représenter la gloritication du fondateur de l'ordre; cependant, au milieu d'une grande (piantité de peintures faites pour ra})peler le souvenir du patriarche, une chapelle a été spécialement dédiée à saint Grégoire le Grand, à celui qui i)rotégea de sa haute puissance les premiers développements delà société bénédictine. Dans la voûte de cette chapelle, le pape Grégoire IX, qui lit à Subiaco, en 12!27, un séjour de deux mois, est représenté officiant, les mains étendues sur un autel dra})é qu'il consacre à son illustre et saint homonyme; Grégoire IX, est assisté de deux clercs dont l'un porte un livre, l'autre une croix. La tète couverte d'une petite mitre blanche, le pape est vêtu d'une longue dalmatique brodée et d'une chasuble rouge; les clercs, ou du moins, le seul des deux dont le personnage soit entièrement visible, porte une robe blanche. Ces figures, bien que beaucoup trop grandes, ont du mouvement, le geste est naturel; les visages sont surtout remar(pud)les par la netteté du dessin etparl'expression de la j)hysionomie; ce ne sont phis de simples images, ce sont des têtes d'hommes vivant et agissant, ayant chacune un caractère propre et peintes très j)robablement d'après nature. Pour bien désigner son principal modèle, le peintre a eu soin d'écrire au bas du tableau :