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L'ABBAYE DE SAINTE - SGHOLASTIQUE

La belle route par laquelle ou arrive à Subiaco, traverse la ville basse et se prolonge sur le liane de la montagne par une avenue plantée de hauts platanes pour aboutir, au bout de trois kilomètres, à un pont hardiment jeté au-dessus du ravin. Malgré le désir bien naturel de tout pèlerin d'atteindre promptement le but de son voyage, il est impossible de ne pas s'arrêter sous ces beaux ombrages pour contempler le magnifique spectacle qui s'offre à la vue. De là, en effet, le regard embrasse la grande vallée tout entière, entourée de sa superbe ceinture de montagnes ; de là, Subiaco s'aperçoit dans tout son développement, s'élevant, du côté de la vieille ville, par une pente presque im])raticable, jusqu'au château papal, masse sombre que domine encore la Borgiana, le puissant donjon. La ville moderne est assise sur un terrain mieux aplani, mais disparaît bientôt dans les profondeurs du ravin au milieu de végétations de toute sorte, étageant encore quelques der-

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nières maisons hlaiiclios soutenues |)ai' des niui's en terrasse. Sur un large palier, inar(|uant l'extrémité (le la cité, s'élèvent les immenses bâtiments du grand séminaire, et, tout à côté, l'église collégiale de Saint- André lance dans les aii's ses deux flèches aiguës; tout en bas, l'Anio ])récipite bruyamment ses eaux tumultueuses en faisant tourner usines et moulins.

Quebjue charme ([ue l'on éprouve à se livrer à cette contem])lation, il faut cependant s'en arracher et continuer sa route. Bientôt, sur la gauche, les restes d'une ancienne chapelle marquent l'endroit, où, suivant la la légende, saint Maur,le disciple aimé de saint Benoît, sauva son camarade Placide d'un péril extrême. Cette construction remonte au \m' siècle, et l'on distingue encore parfaitement les nervures ogivales de la voûte. Arrivé près du pont, il faut tourner à gauche et commencer à gravir la montagne ])ai' un chemin i-aide et rocailleux, chemin de ])iétons, ou de bêtes de somme, sommarelU, comme on dit dans le j^ays. A })eu de distance, quehpies restes de murs, construits en appareil réticulé, in(li(pient l'emplacement des anciens bains froids <le la villa de Néron. Tout à coup, au détour du sentier, l'abbaye de Sainte-Scholasti({ue dévelop])e, sur un large ])la(eau, rimportante agglomération de ses bâtiments.

La vue de ce grand ensemble de constructions, isolées au milieu d'une nature triste et sauvage, élevées sui' cette montagne aride, ne laisse pas ([ue d'étonner tout d'abord, cl de frajjjier vivement l'esprit, lorsqu'on songe

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