IX - - HVMBERTVS VENERABILIS ABBAS
AEDIFICAVIT HOC EGREGIAE TVRRIS...
et se poursuit, comme nous lavons dit, |»ai' une longue
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nomcnt'lature de villes, de bourgs, de villages et de châteaux.
Le troisième cloître, le plus restreint par ses dimensions, mais le plus remar([uahle ])ar son architecture, est situé près du chevet de l'église, et présente une reproduction, simplitiée il est vrai, des fameux cloîtres de Saint-Jean-de-Latran et de Saint-Paul-hors-les-Murs; il n'enestpas moins surprenant de rencontrertantdeluxc, tant de linesse, tant d'élégance emprisonnés au milieu des sombres bâtiments de cet austère couvent. (Test, en effet, une œuvre surtout gracieuse que ce petit cloître entouré de porti([ues légers, en marbre blanc, avec des bandes de mosaïque à fond d'or |)our en orner les frises et de minces colonnettes accou}>lées deux à deux pour en suj)porter les arcades. L'ordonnance primitive est encore parfaitement indiquée malgré les siècles écoulés : toutes les colonnes devaient être lisses et surmontées de chapiteaux en corbeille à quatre feuilles, ce n'est que j)lus tard, à la suite de dégradations et de restaurations, ([ue certaines de ces doubles colonnettes ont été remplacées [)ar des colonnes uni<pies, tordues en sj)irale ou cannelées et incrustées de mosaïque, avec des chapileaux en forme de consoles à deux faces abondamment mais maladroitement sculptées; aussi ne faut-il pas faire un crime au maître de l'œuvre de ces irrégularités f[ui en détruisent l'hannonie générale. Malheureusement, cette architecture délicate ajtparaît aujourd'hui comme écrasée sous le poids de
hautes constructions élevées postérieurement; de plus, un (les quatre côtés du porti(pie, ayant complètement disparu, a été remplacé par un a})pentis en ])ois })orté sur des poteaux. Au milieu du i)réau, une marj^elle de marbre, accompagnée d'une arniature en ter, [)ermet de puiser l'eau d'une grande citerne voûtée placée sous le dallage.
C'est au célèbre abbé Lando, le neveu d'Innocent 111, (jue le monastère est redevable de cette charmante adjonction; et, c'est à Cosmas ou Cosmatus, le plus renommé des mendjres de l'illusti'e famille de marbriers romains aux(juelson a donné le nom général de (k)smati, (pie Lando s'était adressé pour en assurer l'exécution. L'architecte a, du reste, transmis en belle place son nom à la [)Ostérité. Sur la Irise d'une des la(;ades, on peut lire l'inscription suivante, gravée dans le mai*l)re en grandes lettres romaines :
COSMAS . ET . FILII . lVc . lAC . ALT . ROMANI . CIVES . IN . MARMORIS . ARTE . PERITI . HOC . OPVS . EXPLERVNT . ABIS . T . PE . LANDI.
Cosmo et ses fîls, Lucas cl ,lac(|iios, tous ciloNciis romains, lial)il('s dans Tail du marbre, exéeulereul ce travail au lemps oii Lando était al)l)é.
Cosme et Lucas durent (piitter Subiaco avant l'achèvement des travaux, en laissant à Jac(pies le soin de les terminer seul, car sur l'archivolte d'ime des jtoites-
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arcades du cloître, on trouve cette autre inscription égalenieiit mise en grande évidence :
MAGISTER. lACOBVS. ROMAN . FECIT. HOC.OPVS Mailrc Jacques romain fil cet ouM'agc.
Il n'est plus (piestion, dans cette seconde insci'iption, du nom de Cosme placé entête de la première, Jacques a<^it seul, dégagé de toute tutelle artisti(|ue, et s'intitule maître, Magistcr; l'ensemble de la signature a même une allure tière, ([ui indique un talent recomui, une situation ac(juise et line réputation établie.
Il est donc naturel de supposer qu'entre les dates des deux inscri[)tions, plusieurs années s'étaient écoulées. D'après la généalogie de la famille des Gosmati, Lucas serait né en 1^15, Jacques en l!21.*{; pour aider leur père dans ses travaux et lui prêter un concours eflicace, méritant d'être rappelé dans une inscri])tion, ces jeunes gens devaient avoir une vingtaine d'années ; nous admettrons donc (pie la première partie des travaux du cloître, la pins importante, j»uis(ju'elle détermina l'architecture de l'ensemble, tut entreprise vers 1233 et achevée en ])eu d'années; ])lus tard, peut-être dix ans après, la construction de la ({uatrième façade fut confiée à Jacques devenu maître en son art '.
1. ^'nyez Ciiislavc (^-lausse, Lrs Mar/nins /io)»(n')ix ri Ir Muhih'rr pre.fhylèral, cha]i. v, |i. '.iVi. Les (losinati cl rha]). vi, Les Cloîtres de Marbre, p. 419 et 447.
Au reste, r(LUivre des (josuuili n'a été (jiriiii travail (le transformation et d'adaptation ; le petit cloître existait depuis longtemps avant cette éporpie, et l'on peut se rendre com[)te que l'abbé Lando avait plutôt cédé à un engouement irrétléclii, à nue vive admiration peutêtre ])Our ce ([ui s'était t'ait au Latran (pielques années auparavant, cpi'à une juste a[)préciation de ce (ju'aui'ait dû comporter une restauration pure et simple de l'ancien cloître. 11 subsiste, en etïet, dans deux des galeries, des restes parfaitement visibles de l'architecture ])rimitive; ou y voit de larges voûtes d'arête, séparées par de massifs et solides arcs doubleaux retombant sur des consoles, en forme de pyramide renversée, situées à peu de distancedu sol. Cette construction, forte et massive, peut l'emonter à la tin du \i*' siècle ou au commencement du xu'. De ])lus, le sol de ces larges galeries, bien (|ue de niveau avec certaines pièces du monastère, se trouve situé beaucoup plus bas que le soi du préau, et le mui' qui soutient les colonnettes du })ortique, mur élevé à hauteur d'ap[)ui du côté extérieur, descend à plus de deux mètres du côté de la galerie. Cette dis])osition aussi (bsgracieuse (ju'anormale indique évidemment (pi'au moment de la transformation opérée j)ar Cosmatus il a fallu faire de grands travaux de terrassement pour exhausser le niveau du terre-plein.
Quehpies traces des anciennes peintures subsistent encore aux voûtes de ces primitives galeries, mais l'enduit sur lequel elles avaient été a[)pli(piées est forte-
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ment dégradé, eu ([iiel([iies endroits même il est com- |)lètement tombé; aussi, en dehoi's d'une image de la Vierge, ayant le caractère des œuvres du xv' siècle, est-il bien difticile de discerner quebjue chose et de déterminer un sujet au milieu de tons confus et de ibrmes indécises.
L'abbaye de Sainte-Scholasli(|ue se recommande à la curiosité des lettrés parles richesses encore existaides de sa ])il)]i()thè([ue et par les li'ésors de ses archives, bien qu'un regrettable incendie en ail, il y a (juehjues années, diminué l'importance.
Dès le xiv' siècle la communauté se recrutait, en partie du moins, par des moines venus d'Alleuiagne; c'est peutêtre à cette circonstance (pi'il convient d'attribuer la fraternelle hospitalité (pie recurent à rabl)aye, en 1404, les célèbres imprimeurs Conrad Schweinheym et Arnold Panuartz, tous deux élèves de Gutemberg. Ils séjournèrent plusieurs années à Subiaco avant de venir, sur la demande du pape Paul II, installer leur imprimerie à Rouie, au palais Massimi. L'al)bayebénédictine eut donc riionneur de voir naîlre dans ses uiurs le [)remier livre paru en Italie. Le 30 octoi)re 141)"), les imj)rimeurs allemands terminaient les Institutions de Lactdncc, magnitique volume à la tin duquel les ti*op modestes artisans n'ont pas même indiqué leurs noms. La Cité de Dieu de saint Augustin suivit de près les Institutions; ce livre, également imprimé à Subiaco, porte la date 1407. Le couvent de Sainte-Scholasti([ue possède
encore ces deux piTcieux souvenirs. Parmi les iiiamiscrits les plus intéressants, il faut citer en première ligne les anciennes chroni([ues de l'abbaye : le fameux Regestum qui remonte à Tannée 1130 et le Chronicon Sublaceiisc, com])ilation taite j)ar un moine anonyme vers i'MH). On remarque aussi une bible sur vélin ornée de magniliques miniatures et nombre de précieux ouvrages datant des \' , M et xui" siècles.
Les archives ne le cèdent en rien comme importance et intérêt à la bibliothècpie ; les pièces originales sout nombreuses, leur valeur historique est considérable; bulles pontificales, contrats de donations territoriales, actes de toute sorte, forment un immense chartrier dans lequel on ])eut puiser à pleine main, si l'on a la patience et l'érudition nécessaire.
Naguère encore, la superbe abbaye, habitée par soixante-dix religieux, était une puissance; si elle ne gouvernait plus un vaste territoire, elle représentait du moins, dans le domaine de la pensée, une force consi- (léralde. Aujourd'hui, lors(]u'on parcourt ces grands bâtiments inhabités, ces vastes cloîtres déserts, où (pu'l- <pies moines, gardiens lidèles, veillent seuls sur l'antique sancluaiie, il faut faire effort pour évocpier la vivante animation d'autrefois. Les temps modernes n'ont plus besoin de guides, l'esprit humain ne veut plus reconnaître de règle directrice. A quoi bon ces sociétés monacales vouées à la méditation et au travail, éloignées du monde, soumises à une loi rigide, et
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priant en coimiuin; ces maîtres devenus inutiles, ont été chassés, et les lieux d'où })artaient leurs féconds enseignements demeurent seuls, abandoimés, comme les spliynx du désert témoins muets d'une grande suite de siècles, représentants do liantes civilisations éteintes.
SUBIAGO
AfJIÎAYE DE SAINT -BEN or
SACliO SPF.CO
SOMMA IBK
Le l)ois sacré. — As|)orl pôiiéral du couvoni do Saiiil liciioil. — (lliapelle priinilivo. — l'rcinière éyliso, IIKJ. — l)i|d(')iiH' d'Iiniocciil III, 1202. — Travaux iinpoilaiils de .lean \TI, 1217. — i*i'einièi(î (•oiiununaiilé de Sainl-Renoit. — N'oyage des béiiédicliiis de Sainl-Maiii'. — riéDi-uanisation de Clément XII, 1732.
Uescripliou du eouvent. — Les (rois (".rolles. — Le Sacro Spoco. — L'Ejïlise supérieure. — Sa liauslormalioii. — Porlitpie desCosmali. — (Ihaire à prêcher. — Église inférieure. — Slalue de saint Benoît. — Le jardin des roses. — L'Escalier sainl. — Caractère général du monastère. — Peintures et fresques. — Décoration de l'abljé .l(>an \', 1062. — Décoration do. l'église abbatiale supérieure. — Décoration de l'église inférieure. — Chapelle de saint Grégoire le Grand. — Portrait du pape Grégoire IX. — Portrait de saint h'rançois d'Assise. — Frère Oddo. — La A'ierge triomphante. — Portrait d'Innocent III. — Conxalus. — Peintures des couloirs et des escaliers. — Slaniatico Grcco. — Le JiKjciiienI derniey et le Trin/)/j)he de lu Mo)-f.