Les pierres sacrées et les monuments de témoignage
La coutume d'ériger des pierres sacrées et de leur offrir un sacrifice est un rite cananéen, adopté par les Israélites. Ce rite a joui d'une grande vogue à haute époque ; mais au temps où nos textes ont été soit rédigés, soit remaniés, on s'est efforcé d'en obscurcir le souvenir et d'en détourner les fidèles. Toutefois, nombre de mythes et de légendes visant cette coutume ont été conservés; nous en traiterons ici parce que, notamment au témoignage d'Osée-', le sacrifice était un rite lié à la masseba.
Le Code sacerdotal interdit formellement d'ériger des masseba : « Vous ne vous ferez pas d'idoles ni d'images sculptées ; vous ne dresserez pas pour votre usage de pierre sacrée [masseba) ^ vous ne placerez pas dans votre pays de pierre figurée [maskit) pour vous prosterner devant elle 6. » Il est même prescrit de détruire celles qui existent : « Bri-
1) Josué, XXIV, 25-26.
2) Il Samuel, XXII.
3) Isaïe, LV, 3; Jérémie, XXXIII, 21.
4) Ci-après, % 12. On peut joindre à cette liste l'alliance des temps mci^sianiques, Jérémie, XXXI, 31-34; XXXII, 40; Ezéchiel, XVI, 60; XXXIV, 25 ; XXXVII, 26; Isaie, LV, 3; LXI, 8.
5) Osée, III, 4. Le sens de ce passage est que, pour rentrer déflnilivemenl en grâce, Israël devra, pendant un temps assez long, abandonner toutes les pratiques cananéennes et rester « sans sacriflce, ni masseba ». L'union de l'autel et de la mas^seba se retrouve dans Osée, X, 1 et 2. En général, à Tautel étaient adjointes la masseba en pierre et Vashera en bois; sur les notions primitives (|ui ont dicté ce choix, voir notre Introduction à l'Histoire des Beligions, p. %-W.
6) Uvit., XXVI, 1.