Bethel^ Dieu de Jacob. — Le Veau (Tor et son expiation
1. Bethel^ Dieu de Jacob. — L'institution du Royaume d'Israël par Jéroboam I n'amena, contrairement au récit tendancieux de l'A. T., aucune révolution religieuse. Il est très probable que le nouveau roi ne fit que sanctionner la coutume locale notamment quand il adopta, pour les sanctuaires de Bethel et de Dan, l'image d'un jeune taureau comme représentation de Yahvé. Stade a très judicieusement montré qu'en célébrant au huitième mois la fête des
1) Nabuchodonosor doit avoir emporté l'arche en 597. Cela résulte d'Ezéchiel, VIII, 12 : « Yahvé a abandonné le pays, » dit-on à Jérusalem, la sixième année de l'exil. Jérémie, III, 16, le confirme, car il dit au sujet de l'arche : ' On n'en remarquera plus l'absence, on n'en fera plus d'autre. » L'ensemble Jérémie, III, 1 — iV, 2, se rapporte au règne de Josias et a fait partie du rouleau de 604, sauf précisément, III, 6-18, qui est une insertion postérieure- Sur la sécurité que donnait la présence de la divinité; cf. Michée, III, 11.
2) Josué, XXII, 9-34.
tabernacles, Jéroboam maintenait l'ancien usage ; plus tard la fête fut reportée au septième mois K II faut donc abandonner complètement l'hypothèse d'un emprunt aux cultes égyptiens en ce qui concerne le culte du taureau dans le Royaume du Nord 2.
Les papyrus judéo-araméens d'Éléphantine ont fourni un nom divin Bethel dont l'identification avec Yahvé est admise par une partie tout au moins de la colonie juive d'Éléphantine, puisque tous deux reçoivent la môme parèdre 'Anat^. D'autre part, la révélation de ce nom divin Bethel^, dans un milieu israélite voué d'une manière fervente au culte de Yahvé, permet de démontrer que le Dieu particulièrement adoré dans le Royaume du Nord portait précisément ce nom de Bethel dans les anciens textes bibliques. Gomme Zimmern Fa montrée Beth-el, « maison de Dieu », est à la fois un des appelatifs de la pierre sacrée, du bétyle, et un nom divin, tout à fait comme ashera désigne à la fois le poteau sacré et la déesse que ce dernier incorpore, ou encore, suivant la brillante conjecture de M. Glermont-Ganneau comme Zeus Madbachos n'est autre qu'un Zeus Bomos, le dieuauteF. Mais ces appellations sont secondaires, et de même
1) I Rois, XII, 26-33; XIII, 33-34. On sait que I Rois, VIII, 2, lie la consécration du temple de Salomon à la fête des tabernacles et indique que celle-ci se tenait le ?• mois. Mais comme, d'après I Rois, VI, 38, le temple fut terminé le 8* mois et qu'il est invraisemblable que Salomon ait attendu onze mois pour l'inaugurer, on en déduit que la mention de I Rois, VIII, 2, a «'t«'^ mise tardivement en concordance avec la coutume nouvelle de célébrer la fête des tabernacles au 7* mois et que, primitivement, le texte portail ici li> 8* mois ; cf. Benzinger, Die Rucher der Kônige, p. 57.
2) Cette hypothèse était en faveur chez les anciens exégèies; voir la réfutation par Baudissin, RealencycL, de Ilauck, IX, p. 705 et suiv.
3) 'Anat-Yahou dans Pap. Sachau, 32 et 'Anat-Bethel dans Pap. Sachau, 18 (daté de 419 av. J.-C). quelle que soit la façon dont on envisage ces binômes. Voir E. Sachau, Aramûische Papyrus und Ostraka aus EUphantine.
4) Ce nom divin entre non seulement dans des complexes divins ('Anat- BetHel, Ashm-Bethel, Haram-Bethel). mais aussi dans des noms propres Be- Ihelnathan, Bethel'aqab, Bethelilaqim ; cf. Revue de l'IIist. des Religions, liUtî. I, p. 330 et suiv.
5) Zimmcrn, Die KeHinschriften und das Aile Testament, 3* édit.,p.437 et ^uiv.
6) Clermonl-Ganneau, /?(rcuc«f d'archéol. orient., t. IV, p. 164. A notre avin, il ne s'agit pas, à proprement parler, d'un dieu-bétyle, d'une déesse-poteau ou d'un dieu-autel, mais de vocables qui cachent, par crainte superstitieuse, le