‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 130 sur 173 · CHAPITRE IV. — MYTHES SACRIFICIELS ISRAELITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — MYTHES SACRIFICIELS ISRAELITES

compagnes, elle alla sur les montagnes pour pleurer sur sa virginité.

39. A la fin des deux mois, elle revint vers son père : le vœu qu'il avait prononcé s'accomplit sur celle qui n'avait pas connu d'homme.

40 *. C'est une coutume en Israël que les filles israélites se réunissent chaque année pour pleurer* la fille de Jephté de Galaad pendant quatre jours.

Il se peut, comme on l'a supposé, que le dernier rédacteur ait abrégé le récit 3, mais, surtout, il à cherché à dénaturer le sens véritable de la coutume, qui se maintenait encore de son temps en Galaad, en la rattachant arbitrairement au souvenir d'un sacrifice humain^. La seule mention d' «aller sur la montagne » suffit à déceler une coutume cananéenne contre laquelle Jérémie, notamment, s'élève en nous apprenant qu'elle subsistait toujours^. Dès lors, par analogie avec les cultes phéniciens, on peut admettre qu'il y avait sur la montagne de Galaad un sanctuaire où se pratiquaient des Adonies. Gela rappelle l'indication de Lucien : Ivéê^iv U xal Iç tov Atêavov EX BuêXou, ôBov rjjxsprjç, Truôofxevoç autoôt i^'/oîlov ipov 'Ai^poBtTr); e{i{i.evai^...

Le rite de deuil de la déesse, répété par les femmes, était général dans toute la Syrie, notamment près des eaux de Dan, à l'ouest de l'Hermon'^, non loin de Galaad. Ézéchiel le mentionne à Jérusalem même ^. Il est naturel d'en rapprocher le rite que nous venons d'étudier d'après le livre des Juges. Les pleurs versés sur la mort d'Adonis ont été changés en pleurs sur la virginité. Quoi de plus naturel que les Israélites de Galaad aient adopté un rite amorrhéen?

1) Commencer ici le verset.

2) LXX: Ôpr.veîv.

3) A vrai dire, nous ne le croyons pas. Les critiques, qui le prétendent, méconnaissent l'art à la fois habile et naïf du narrateur qui s'adressait à un public comprenant à demi-mot.

4) Quoique certains exégètes en aient dit, le récit comporte la mise à mort de la fille de Jephté, comme le note expressément Josèphe, AnL, V, 7t 10 : 6uo<z{ TTjv TîaïÔa (îiXo/aÛTtuaev.

5) Voir ci-dessus, p. 235-236.

6) Lucien, de deasyra, 9,

7) Clermont-Ganneau, Becueil d'archéol. orientale, V, p. 364 et suiv.

8) Ezéchiel, VIII, 14.

Si Ton admet qu'un jour est employé à se rendre en cortège au sanctuaire, ô8ov -rjixépYj;, le temps du rite funèbre correspond à ce que nous savons de la durée des Adonies'.

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