Samson et le naziréat
Du fait que Samson porte un nom théophore composé avec l'élément shemesh^ « soleil », et de ce qu'il accomplit des prouesses peu communes, W. Vatke'^ et de nombreux savants après lui, ontconclu que l'activité du héros s'expliquait comme un mythe solaire, réplique de celui d'Héraclès- Melqart. Cette opinion tend à être abandonnée, et avec raison selon nous 3. L'explicationtotémique tentée récemment n'est pas plus heureuse^.
Dès 1888, G. A. Wilken avait vu que les récits concernant Samson, même si le personnage a plus ou moins de réalité historique, sont ordonnés autour d'un thème folklorique bien connu-', celui du héros doué d'une âme extérieure particulièrement puissante — que l'auteur biblique appelle « l'esprit de Yahvé » — mystérieusement cachée dans son nom qu'il dissimule ou dans un objet quelconque dont il garde le secret. Pour que le héros perde sa force supérieure à celle des humains, il suffit que son secret lui échappe, ce à quoi
1) Sur cette durée, voir Baudissin, Adonis und Esmoun, p. 408 et suiv., et G. Glotz, Les fêtes d'Adonis sous Ptolémée II, dans Revue des Etudes grecques, 1U20, p. 213 et 221.
2) Valke, Die Religion des Alten Test., I (1835), p. 369 et Suiv.
3) Elle est encore acceptée par H. Slahn, Die Simson Sage, Gôttingen, 1908, «ù l'on trouvera la bibliographie du sujet. Mais il est carat irrislituu' que Budde, qui y avait souscrit dans son commentaire, Das Buch
y renonce dans l'article Samson du Dict. of the Bible de Hasting^. ^... . . . ,-
mologie du nom de Samson, on trouvera de judicieuses observations de Baudissin, dans Realencyclopaedie de Hauck, t. XVIII, p. 614 et suiv.
4) Salomon Reinach, Samson, Conférences du musée Guimet, 1912, p. 99 et suiv. M. Reinach entrevoit, sous la légende anthropomorphisée et judaîsée de Samson, un vieux mythe cananéen du lion divin assimilé plus tard au dieir solaire Ba*al Shemesh,en vertu de la règle: le lueur de lion fut» à Torigine. un lion.
6) G. A. Wilken, De Simsonsage, article réimprimé dans Verspreide Gescf La Haye. 1912, III, p. 561-579.