La famille du prêtre 'Eli et les Sadoqites
L4nstallalion du culte de Yahvé à Jérusalem reste obscure bien que notre documentation à ce sujet soit abondante ; c'est qu'elle se compose principalement de récits légendaires. Les passages historiques sont fortement remaniés. Dès avant l'époque où fut rédigé le Gode sacerdotal ^ on voulut rompre les liens que le culte intronisé par David à Jérusalem conservait avec les anciens cultes locaux de Yahvé, tels que ceux de Silo, de Nob et de Gabaon. (Jie point de vue doit nous guider dans l'utilisation des renseignements que le livre de Samuel et celui des Rois fournissent sur la famille du prêtre 'Éli et sur la manière dont les -Sadoqites, après l'avoir supplantée, réussirent à la rejeter dans l'ombre. Gette étude a sa place dans ce chapitre par le fait que la légende, accréditée par les Sadoqites pour jeter la suspicion sur cette famille de prêtres, met enjeu les rites sacrificiels. Nous verrons, en effet, que l'indignité que l'on reproche aux descendants d"Eli est fondée sur l'inobservance des règles concernant les sacrifices. Ge qui nous paraît un détail dans ce récit, était alors l'essentiel, du moins aux yeux de la classe sacerdotale ; c'est sur lui que repose la prophétie divine annonçant à *Eli la disgrâce prochaine de sa famille. Alors que la faveur de Salomon suffit à expliquer la fortune de Sadoq, nos textes la fondent sur cette prophétie. Plus tard, on fabriquera une généalogie dont l'objet sera de rendre très lointaine la parenté de Sadoq avec 'Éli. Cette parenté était donc réelle ?
Pour partir d'un point fixe et mettre immédiatement en lumière la tendance des remaniements que nos textes ont subis, nous citerons dans sa forme restituée un passage
1) baudissin, Cesch. des alUest. Priesterthums, p. li)7 et suiv.,a reniarqin" que l'expression « (ils d'Aaron •• du Code sacerdotal était plus large que celle de • fils de $adoq » chez Ezéchiel, pour désigner le collège des prêtres.