‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 20 sur 173 · L'intégrité de la victime · texte numérisé non relu

L'intégrité de la victime

Léifit., XXII, 17-25. Le mâle de gros ou de petit bétail admis à l'holocauste sera mâle parfait, c'est-à-dire qu'il ne sera ni aveugle, ni estropié ou mutilé, ni couvert d'un ulcère, de gale ou de dartres. Il n'aura pas les testicules froissés, écrasés, rompus ou coupés. S'il présente simplement un membre trop long ou trop court, on pourra le sacrifier dans un sacrifice volontaire, non dans un sacrifice votif. Ces prescriptions valent, que le sacrifiant soit israélite ou étranger^.

1) On nourrit la nephesh: Psaumes, CVII, 9; Prov., X, 3; XXVII, 7. Ce point de vue est très ancien comme l'atteste l'inscription de Panammou.

2) D'où le parallèle de la nephesh et du foie dans Gen., XLIX, 6. Dans Psaumes, LXXIII, 7, les deux âmes sont désignées par leur localisation : graisse et cœur (lire: 'avonamo). A la longue, il n'est pas surprenant qu'une certaine confusion se produise entre les deux âmes.

3) Dans Lament., Il, 11, l'hébreu a encore kabed, mais les LXX lisent kabod. La substitution est fréquente dans les Psaumes, ainsi XVI, 10, où le cœur et le foie, c'est-à-dire les deux âmes, étaient opposées au corps (basar). Joseph Halévy, Bévue sémitique, II, p. 4, a encore proposé de lire kabed dans Psaumes, VII, 6; XXX, 13; LVII, 9; CVIII, 2 et dans Gen., XLIX, 6. La force magique du foie (cf. Tobie, VI, 5 et A. Merx, le Pôle du foie dans la liitéralure des peuples sémitiques dans Florilegium de Vogué) se rattache donc aux notions animistes.

4) Lévit.,'{X, 13.

5) Nous laissons de côté, pour l'instant, ce qui concerne le sacrifice de communion.

86 LliS ORIGINES CANANÉEWNES DU SACRIFICE ISRAELITE

H n'y a pas lieu d'insister sur ces prescriptions dont on retrouve l'équivalent dans tous les cultes ; mais, après avoir vu se dérouler les diverses oi)érations du sacrifice, nous comprenons ces précautions. L'intermédiaire (le prêtre; entre l'homme et la divinité, ou le substitut de l'homme (la victime) doivent être dans un état de santé et d'intégrité favorable à la réussite des manipulations délicates qui vont s'accomplir. Puisque c'est un principe de vie qu'on va mouvoir, il faut que t»ns ]• v , 1, riients (jui y participent, notamment les corps qui le vt'hiculerunt, soient le plus près possible de la [)erfection physique. Les Israélites semblent avoir paifois perdu de vue l'importance de ces règles et avoir cherché à s'y d lolnr; du moins voyonsnous Malachie les leur rappeler et tenter a leur usage une explication terre-iVterre, mois sans réplique * :

Lorsque vous amenez une (bète) aveugle

pour la sacrifier, ce n'est point mal ? Lorsque vous en amenez une éclopée

ou malade, ce n'est point mal?

Présenlez-la donc à votre satrape,

P'agréera-t-il ou te téraoignera-t-il sa faveur ?

On distingue — nous aurons l'occasion d'y revenir \ — l'offrande volontaire pour laquelle on est moins exigeant, de TolTrande votive qui se présente comme une obligation à laquelle on ne peut se soustraire. Baentsch s'étonne qu'il ne soit parlé que de l'holocauste et en déduit que le passage n'appartient pas à la source P (partie fondamentale du Code sacerdotal), sans quoi on n'eût pas manqué de citer également le sacrifice expiatoire*. Le savant exégète en lire argument pour démontrer que le chapitre XXII provient d'une source plus ancienne, colle qu'on appelle le Code de sainteté (II, Heilifjkeifs- (jescl: fl (jiii ciiihra-^c les cliapiti-os \\ 1 1-.\ X \'l. L'argument r.'po-.sur une méprise.

Ln effet, les versets 17-25 du chapitre XXII concernent uniquement, le texte le spécifie, les sacrifices votifs et les sacrifices volontaires, probablement parce que ce sont ceux où l'initiative du fidèle était le plus dilficile à limiter. Mais, d'autre part, un sacrifice sanglant, votif ou volontaire, ne peut s'entendre que d'un holocaute ou d'un sacrifice de communion. Le sacrificeexpiatoirene peut jamais prendre le caractère votif ou volontaire : il n'y avaitdonc pas lieu de le mentionner ici.

1) Malachie, I, K; cf. 13-U.

2) D'après <iuelques mes. grecs. Les massorètes ont lu: « l'agréera-l-il •■. ce qui a le même sens.

3) Voir chap. I, m, 1.

4) Baentécb, Exodus^Leviticut, p. 410.

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