‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 23 sur 173 · La part du prêtre · texte numérisé non relu

La part du prêtre

Lévit., VII, 8. La peau de la viclime revient au prêtre qui offre l'holocauste d'un particulier.

Le rituel est muet sur la raison qui soustrait la peau de la rictime à l'usage profane et la fait remettre au sanctuaire. Certes, elle constituait une rémunération appréciable puisque nous verrons qu'à Carthage, dans les sanctuaires où ils ne recevaient pas la peau, les prêtres percevaient à la place une taxe en argent. 11 est à présumer, cependant, qu'on attribuait à la peau de l'animal sacrifié une valeur religieuse toute particulière puisque c'est sur la peau que l'on avait pratiqué la semikha. Nous connaissons l'usage de la peau des animaux sacrifiés chez les peuples voisins. En Egypte, on obtenait la renaissance du défunt en le faisant passer au travers de la peau d'un animal sacrifié S et chacun a présent à l'esprit le rite de Hiérapolis décrit par Lucien 2. En somme, c'est en vertu d'une substitution que le fidèle, laissant la peau de la victime au temple, en revenait sain et sauf, libéré de ses péchés. Cette croyance sur laquelle reposait le sacrifice, explique l'expression de Job, II, 4 : « peau pour peau », que les commentateurs se sont évertués à éclaircir^. Aucun n'a pensé à la rapprocher des pratiques sacrificielles dont elle tire sa signification, comme le contexte l'indique nettement.

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