CHAPITRE I. — LES SACRIFICES ISRAELITES
Nous avons vu qu'où était autorisé à offrir dans la minka deux sortes de gâteaux préparés avec de la farine sans levain. Les hallot, pétris à l'huile, et les reqiqim, gâteaux secs trempés dans l'huile ^ Avec ces gâteaux, on garnit la corbeille des azymes qui figure dans le sacrifice de communion du nazir^. Dans celle du sacrifice d'installation dWaron et de ses fils, on ajoute à ces gâteaux du pain non levé ^. Enfin, dans le todah, aux hallot et aux reqiqim, on joint de la farine simplement échaudée dans l'huile*, plus du pain levé ^. La présence de ce dernier surprend, mais il ne faut pas perdre de vue que cette tolérance ne se produit que pour permettre la consommation de la chair de la victime dans le banquet sacré. Ce pain levé n'est pas porté sur l'autel et Amos paraît exagérer quand, visant cette coutume, il s'écrie : « Brûlez vos sacrifices de louanges consistant en pain fernienté ^ ! n Sa formule tendancieuse est une remarquable confirmation de l'antiquité de la coutume. Le pain levé figure aussi comme offrande de prémices dans le sacrifice de communion de la pentecôte ^ ; par contre, il e§t interdit dans la pâque *.
Nous verrons plus loin ^ que ces sacrifices comportaient une libation de vin. Il en est fait mention dans Ps., CXVI, 13, à propos d'un sacrifice iodah et la coupe de vin est dite « coupe du salut ^^ ».
3. — Délais de consommation et conditions de pureté des chairs.
Léç>it.^ VII, 15-18. Dans le sacrifice de louanges (todah), la chair de la victime doit être entièrement consommée le jour mênie^L Si le sacrifice de communion est y ot'if {neder) ou volontaire [nedaha)^ on pourra encore manger de la chair de la victime, s'il en reste, le lendemain de la présentaion.
il ne faut pas oublier que l'esprit du Psalmiste est dominé par le deuil de Jérusalem.
1) Voir ci-dessus, p. 90.
2) Nombres, VI, 15 ; 19.
3) Exode, XXIX, 2; 23; LéviL, VIII, 2G.
4) LéviL, VII, 12, où il faut lire ve-solet mourebeket ba-shamen en biffant hallot beloulot qui manque aux LXX.
5) Uvit., VII, 13: lehem hames.
6) Amos, IV, 5. Voir plus haut, p. 19.
7) LéviL, XXIII, 17.
8) Exode, XXIII, 18; XXXIV, 52 ; Ms/ma, Pesahim, éd. G. Béer, p. 23 et suiv.
9) Ci-après, chap. III, | 1.
10) Cf. Matthieu, XXVI, 27.
11) Confirmé par LéviL, XXII, 29-30.
Au troisième jour, la chair est déclarée impure; il faut la consumer parle feu. Si on en mangeait, le sacrifice ne serait pas agréé et on porterait la peine de cet acte.
L'idée qui m» ni ( m s préceptes n'est pas la crainte que les viandes se corrompent, car dans ce cas le délai fixé serait partout le même, mais la préoccupation d'éviter la profanation. Cela est dit en propres termes dans Lévit., XIX, 5-8, précisément à l'occasion des s;i< i ifices de communion : « Si vous offrez un sacrifice de communion à Vahvé, sacrifiez de façon à être agréés. Mangez-le le jour même et le lendemain ; mais ce qui restera le troisième jour sera dch nil [)ar le feu. Que si on en voulait manger le troisième jour, ce serait réprouvé et le sacrifice ne serait pas agréé. Celui qui en mangera portera la peine de sa faute parce qu'il a profané la sainteté de Yahvé. Cet individu sera retranché de son peuple. » On estime que la personne qui a offert le sacrifice perd peu à peu son caractère de sainteté jusqu'à passer complètement à l'état profane le troisième jour et ne plus pouvoir se nourrir des chairs sacrées. Pour le lodah, on juge que, dès le lendemain, l'état de sainteté du fidèle est devenu insuffisant.
D'après les délais fixés pour consommer les chairs de la victime, on constate que le sacrifice votif et le sacrifice volontaire sont soumis à des obligations moins strictes * que le sacrifice de louanges et cela marque que les deux premiers ont une valeur moindre dans le culte. Le sacrifice de louanges est notamment le sacrifice de communion qui se pratique dans les fêtes 2.
Le délai de consommation du lodah imposait d'abandonner une part des chairs aux indigents. Il semble donc que ce soit un iodah que vise Psaumes, XXII, 26-27 : *
C'est toi dont je célébrerai les louanges dans la grande assemblée, j'accomplirai mes vœux devant ceux qui 'tr < rniirntnt.
Les humbles mangeront et seront rassasiés, les adorateurs de Yahvé le loueront.
Lc\'it., VII, 19-21. La chair des sacrifices de communion ne devra toucher rien d'impur, sinon elle ne pourra être mangée et il faudra la consumer par le feu. Toute personne pure pourra manger de la chair de ces sacrifices. Un indi-
1) Voir aussi LévU., XXI!, 23.
2) Exode, XXIII, 18; XXXIV, 25. La remarque de Mithna, Pesahim, V, 2, qu'on ne doit pas envisager la pAque comme unsacrince de communion, souligne l'analogie des deux sacrince».