‹ Les origines cananéennes du sacrifice IsraéliteChapitre 37 sur 173 · CHAPITRE I. LES SACRIFICES ISRAELITES iH · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LES SACRIFICES ISRAELITES iH

cription du verset 7 : u lis n'immoleront plus leurs sacrifices (de communion) aux démons, au culte desquels ils se prostituent. » Lévit.^ XVII, 8-9 répète cette prescription en étendant la peine du retranchement aux étrangers séjournant au milieu des Israélites.

5. — Les saintetés d'Israël et leur consommation par les prêtres.

Lévit., VII, 28-34. La personne qui offre le sacrifice de communion donnera à Yahvé une part de ce sacrifice ; cette part consiste dans la graisse et la poitrine de l'animal. Elle les apportera dans ses mains. Le prêtre réduira la graisse en fumée et agitera la poitrine devant Yahvé. La poitrine reviendra à Aaron et à ses fils. Le prêtre qui aura offert le sang et la graisse prélèvera la cuisse droite de la victime ; ce sera sa part. La poitrine et la cuisse droite sont des parts de Yahvé qu'il concède comme redevance perpétuelle à ses prêtres.

On notera que le rite^ qui consiste pour le sacrifiant à apporter lui-même, dans ses mains, la graisse et la poitrine, tire toute sa signification de l'identification entre le sacrifiant et la victime. La poitrine est attribuée au collège des prêtres après balancement [tenoupha) devant Yahvé, c'està-dire sur l'autel. La cuisse droite constitue le prélèvement (teroumd) du prêtre officiant.

La distinction entre le balancement et le prélèvement mérite qu'on s'y arrête. Le rite de la tenoupha consiste dans le balancement par le prêtre devant Yahvé. On dit que « le prêtre agitera tel ou tel objet par balancement devant Yahvé- ». L'agitation ouïe balancement, mettant en mouvement la force divine, renforçait la simple présentation {hiqrib) ; il en résultait une consécration définitive qui

l'épisode de la bataille de Mikmas rappelé ci-dessus, qui tend également à éviter le culte du genias loci et à diriger le sang vers Yahvé.

1) Ce commentaire aurait dû être composé en petit caractère.

2) Exode, XXIX, 24; 26; XXXV, 22; LéviL, VII, 30; VIII, 27; 29; IX, 2] ; X, 15 XIV, 12; 24; XXIII, 11; 12; 20; Nombres, VI, 20; VIII, IL

réservait l'objet balancé à l'usage des prêtres ou au service du temple.

La terouma n'a pas de valeur religieuse par elle-même, ce n'est pas un rite. On désigne par ce vocable tout prélèvement, tout don, tout impôt'. Cependant, quand ce prélèvement était destiné au culte, il pouvait être consacré par le rite de la tenoupha. Le sacerdoce avait intérêt à étendre cette opération aux prélèvements plus ou moins consentis pour leur donner le caractère d'obligation. Il y parvenait en faisant intervenir le jnythe, ainsi pour la] cuisse que le prêtre prélevait dans le sacrifice de communion. Dans ce sacrifice^ la poitrine qui était balancée avec les portions que nous englobons sous le nom général de graisse, constituait la part de Yahvé. N'étant pas brûlée, la poitrine était réservée pour les prêtres. Mais la coutume de\ ;iit < ire d'inviter le prêtre au festin des fidèles et de lui offrir la cuisse droite. Peu à peu, cela devint un prélèvement obligatoire, et dès une époque ancienne, si l'on en juge par l'épisode du repas sacrificiel auquel Samuel invite Saiil avant son avènement au trône ~. Plus tard, lors de la rédaction du Code sacerdotal, on éprouva le besoin de justifier Je prélèvement de la cuisse droite et de lui donner les mêmes titres qu'à l'attribution de la poitrine. On fit alors remonter son institution à Moïse, qui en aurait effectué lui-même le balancement^. De là, dans nos textes, une confusion assez vaine ear elle n'a pas atteint la pratique des rites ^. En effet, la description du sacrifice de communion qui nous est donnée

1) Impôt dû au prince : Ezéthicl, XLV, 13 ; 16; cf. Proverbes, XXIX, 4.

2) I Samuel, X, 22 et suiv. On peut, il est vrai, supposer que le rédacteur a été influencé par les rites de son temps. En tout cas, le processus que nous admettons est logique.

3) Exode, XXIX, 22-28; Uvil., VIII, 26-27; X, L'>. A propos de la « oiis,V.ration d'Aaron et de ses fils comme prêtres.

4) Nombres, XVIII, 11, a subi des corrections <lu fait qu'h basse époque, on ne voulait plus admettre de distinction entre terouma et tenoupha, cl qu'on supposait que tout ce qui revenait au prêtre dans h^ sacrifice de communion était «< balancé u sur l'autel. On ne peut accepter ni le texte massorétique, ni celui des LXX; il faut lire : « Sont encore à toi, le prélèvement de leurs orfrandes [et] toutes les oflrandes balancées des Israi^lilcs... »

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